Total Pizzarelli

John Pizzarelli a joué 12 fois au Festival... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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John Pizzarelli a joué 12 fois au Festival de jazz de Montréal (ici à Wilfrid-Pelletier en 2006), toujours avec la même passion pour la musique et le même humour: un n'empêche pas l'autre.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

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Daniel Lemay
La Presse

«Je suppose que c'est correct de jouer du Duke Ellington dans un festival de jazz...» John Pizzarelli a commencé par le «plus», jeudi soir au Monument-National où, en quatuor, il donnait le concert McCartney and More dans lequel il reprend des grandes chansons de Paul McCartney.

Et plus... Un plus où, outre Duke, le guitariste et chanteur interprète des classiques tels Harvest Moon de Neil Young ou Drunk on the Moon de Tom Waits, «un de mes favoris», dira-t-il en faisant référence au contenu éthylique de l'oeuvre du pianiste à la voix de whisky.

L'autre «plus», justement, c'est que John Pizzarelli est d'une immense drôlerie. Ici, il présente longuement ses deux nouveaux musiciens - le pianiste australien Konrad Paszudzki et le batteur Kevin Kanner, qui ne semble pas s'amuser beaucoup - puis ajoute, en murmurant, «et mon frère à la basse...» S'agit bien sûr de Martin Pizzarelli, un taupin à côté de qui la contrebasse semble bien petite.

Et John continue en français, cette langue dont il a appris les rudiments au high school, au New Jersey. «Bonsoir je m'appelle John Pizzarelli. Où est Martin? Il est au zoo... Pourquoi, dans les cours de français, les gens vont toujours au zoo? Je ne sais pas mais je suis content que, vous, vous veniez à mon spectacle...»

Après la rigolade, bien sûr, il y a la musique où les sidemen suivent leur leader pas à pas jusque dans les scats à vitesse grand V que Pizzarelli, les yeux fermés, chante à l'unisson avec les notes de sa guitare. Les sportifs parleraient probablement de «coordination voco-manuelle». La foule apprécie, qui applaudit à tout rompre quand l'artiste relâche finalement la tension et donne la place à son pianiste.

L'histoire principale, jeudi, portait sur la rencontre en 2012 entre John Pizzarelli, son père Bucky, Diana Krall et ses musiciens que Paul McCartney a réunis pour l'enregistrement de Kisses in the Bottom, un CD de 18 chansons du Great American Songbook (I'm gonna sit right down and write myself a letter, etc.) et de McCartmey lui-même, dont My Valentine que Pizzarelli a jouée jeudi.

Et le guitariste de raconter comment son propre CD des Beatles (John Pizzarelli Meets the Beatles, 1998) avait été bien accueilli au Canada, «mais pas tant que ça aux États-Unis, le pays où j'habite...» Qu'à cela ne tienne! Semble que Paul McCartney ne lise pas le New York Magazine...  «L'an passé, j'ai reçu une lettre de Sir Paul qui me proposait de faire un disque de jazz avec ses chansons, les hits comme les moins connues... Ah-gagah... Pourquoi moi?» Probablement parce que John Pizzarelli a ce don de conserver l'essence, le caractère des chansons tout en se les appropriant de façon entière et totale: la signature, reconnaissable entre toutes, n'enlève rien aux crédits. La foule est à ses pieds mais l'artiste reste l'Italien sympathique que les Québécois adorent.

Et voici And I love her, de son disque Beatles. Puis Coming up et My love où Pizzarelli aborde les hautes notes finales avec la plus grande prudence. Et With a little luck, une autre assez connue de Paul McCartney dont le nom aurait «aidé» quand est venu le temps de produire ce CD que John Pizzarelli lancera cet automne.

Si la tendance se maintient, on le reverra au Festival de 2017, 25 ans après sa première visite (au Club Soda de l'avenue du Parc) dont il se souvient très bien. Sinon quelqu'un demandera «Où est John?» Et un autre qui se souviendra de son français de high school répondra: «John est au zoo...»

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