Tanya Tagaq: transe canadienne... la route du Grand Nord

Tanya Tagaq... (PHOTO Martin Chamberland, LA PRESSE)

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Tanya Tagaq

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Ce qui aurait été jugé étrange et inaccessible il y a quelques années mobilise désormais un public qui déborde clairement celui enclin aux propositions d'avant-garde. Tanya Tagaq réussit cet exploit car elle incarnée, charnelle, sensuelle, animale, proche de la transe, en plus d'explorer brillamment ce rapport entre traditions ancestrales et art contemporain.

Jesse Zubot, violon, pédales d'effets, électronique, Bernard Falaise, guitare, pédales d'effet, Jean Martin, batterie, choeur sous la direction de Christine Ducan, ont repris avec l'artiste inuite la matière incandescente de Retribution, album paru l'automne dernier.

Le Club Soda était plein à craquer pour y accueillir cette performance au sous-texte très engagé. Hormis la précarité de la condition féminine au sein des Premières Nations, sont ici évoqués la dégradation de l'environnement, le mépris des autochtones et autres gâchis dont les humains doivent payer le prix.  

Avions-nous noté en 2016 que le jeu instrumental de l'opus Retribution y était moins directement associé au jazz contemporain et à l'avant-rock qu'aux étapes précédentes, incluant des sensibilités métal, électro, hardcore, drone ou même hip-hop.

Sur scène, Tanya Tagaq a adapté cette matière pour un quartette de musique improvisée et pour un choeur de chant improvisé. La courbe ascendante vers la violence sonore y fut remarquable, et caractérisée par une interaction optimale avec les musiciens et  une meilleure intégration des choristes menées par Christine Duncan - si l'on compare l'expérience de vendredi à celle vécue au Festival international de musique actuelle de Victoriaville en mai 2016.

Encore une fois, Tanya Tagaq a fréquenté rage, douleur, peine, jouissance ou apaisement, travers ses jeux de gorge, vocalises d'un autre type, cris tonitruants, susurrements, babillements ou version chamanique de Rape Me (Nirvana), judicieusement choisie dans le contexte des agressions violentes subies par les femmes autochtones. 

Cette transe post-moderne fut catalysée par une musique et un chant choral redoutablement exécutés.

Parfois mélodiques, parfois atonaux, parfois bruitistes, parfois texturaux... toujours dans le mille.




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