John Roney: recréer le mythique Köln Concert

John Roney a accepté le défi de recréer... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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John Roney a accepté le défi de recréer le mythique album The Köln Concert sur scène, mais il n'en fera pas une relecture exacte pour autant.

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Enregistré le 24 janvier 1975 à l'Opéra de Cologne, entièrement improvisé devant public, le Köln Concert de Keith Jarrett, lancé sous étiquette ECM, devint l'un des plus grands vendeurs de l'histoire du jazz : plus de 3,5 millions de jazzophiles s'étaient procuré cet album double. On imagine les millions de clics supplémentaires sur le web, 42 ans plus tard !

The Köln Concert, de Keith Jarrett... (image fournie par ecm) - image 1.0

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The Köln Concert, de Keith Jarrett

image fournie par ecm

Et pourquoi pas rejouer ce Köln Concert, s'il fut si concluant ? 

Conçue ici et maintenant avec la bénédiction des esprits de la musique, cette matière n'était ni planifiée ni écrite mais tellement belle qu'elle conserve aujourd'hui les qualités d'une oeuvre composée.

Sous la contrainte, Jarrett avait dû soutirer le maximum d'un piano de répétition à la suite d'un malentendu sur l'installation d'un véritable piano de concert. Fatigué et mal en point, il avait d'abord refusé de jouer pour finalement se laisser convaincre d'honorer son engagement devant 1400 spectateurs venus l'entendre à 23 h 30. Après avoir longtemps résisté à ce qu'on en fasse la relecture, le pianiste américain autorisa la transcription du Köln Concert en 1990.

« C'est le premier solo d'improvisation pianistique qui a conquis un public de masse. Cet enregistrement a ensuite libéré tant de pianistes de jazz, qui se sont sentis autorisés à s'exprimer de cette façon plutôt que d'improviser autour de standards », explique le pianiste montréalais John Roney, à qui le directeur artistique du Centre d'arts Orford a demandé d'en reprendre la matière il y a deux ans.

« J'avais mis une semaine pour accéder à la demande de Jean-François Rivest, une offre qui me semblait très chargée. J'avais finalement joué The Köln Concert à Orford, puis à Montréal au Théâtre Paradoxe. »

- John Roney

Rappelons à John Roney que Keith Jarrett n'était pas le premier pianiste de jazz à se produire seul devant public ou en studio. On connaissait déjà des enregistrements de Chick Corea, Paul Bley ou Cecil Taylor, n'est-ce pas ?

« À mon sens, les improvisations libres au piano n'étaient pas toutes intéressantes du début à la fin, alors que The Köln Concert devint un classique. On juge cette impro telle une oeuvre à part entière, répond-il. J'ai d'ailleurs le sentiment que plusieurs figures pianistiques de cette exécution en préconisent la dernière partie, comme si Jarrett cherchait l'issue d'une pièce en en explorant plusieurs variations avant d'en trouver la forme finale. En tout cas, ça s'écoute très bien du début à la fin. C'est sensible, c'est aussi groovy. »

UNE REPRISE DANS L'ESPRIT DU JAZZ

Âgé de 40 ans, John Roney a découvert The Köln Concert alors qu'il étudiait à l'école secondaire. « Pour beaucoup de mélomanes et de musiciens, cet album a été écouté et apprécié à l'adolescence », fait-il observer. On ne peut que lui donner raison !

Inutile d'ajouter que le jazzman montréalais connaît parfaitement cet enregistrement mythique. Et... utile d'ajouter qu'il ne compte pas en faire la relecture exacte.

« Certains musiciens ont repris Kind of Blue sans aucune variation. Je trouve ça discutable du point de vue d'un jazzman. Pour moi, il s'agit plutôt de reprendre le Köln Concert dans l'esprit du jazz. Bien sûr, j'essaie d'honorer le contenu de cet album et les idées qui y sont surgies spontanément. J'en exécute la matière à hauteur d'environ 80 %, j'en reprends les mélodies bien entendu. D'ailleurs, certains disent que la première mélodie de l'album était un dérivé de la sonnerie de la salle pour annoncer l'entracte ! Ce que Jarrett a nié, mais ça fait quand même partie de la légende. »

Plus spécifiquement, John Roney dit reprendre les thèmes principaux du Köln Concert, les mêmes progressions harmoniques, les rythmes de chacun des « mouvements », y ajoutant son grain de sel.

« J'allonge certaines improvisations, ce qui donne au final un concert un peu plus long que l'improvisation originelle. Je souhaite que ça reste dynamique et que le public sente que j'improvise aussi. Qu'il ne s'agit pas d'une copie trop parfaite, trop lisse. Je me permets de m'amuser. »

Ainsi va le jazz, ainsi le conçoit le jazzman.

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À la Cinquième Salle de la Place des Arts, dimanche, 19 h




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