Dans la forêt de ma mémoire... place des Festivals

L'Orchestre national de jazz de Montréal en spectacle... (PHOTO VICTOR DIAZ-LAMICH, FOURNIE PAR LE FIJM)

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L'Orchestre national de jazz de Montréal en spectacle hier à la place des Festivals.

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Depuis deux ans, l'Orchestre national de jazz de Montréal consacre ses ressources humaines et créatives à la diffusion du répertoire pour grand ensemble. Mercredi soir, place des Festivals, la formation était au service de la jazzwoman Marianne Trudel et de son oeuvre la plus considérable jusqu'à ce jour: Dans la forêt de ma mémoire.

Au printemps 2014, L'Astral accueillait la création et l'enregistrement de cette suite en sept mouvements, que d'aucuns qualifient d'offrande majeure dans le contexte de notre communauté jazzistique. Depuis quelques années, la pianiste avait entrepris un travail d'écriture pour big band, ce qui l'a menée ensuite à la composition de cette oeuvre pérenne, brillante et d'autant plus inspirée. À n'en point douter, Marianne Trudel pourra la présenter sa vie durant sur l'entière planète jazz.

Et puisque l'album Dans la forêt de ma mémoire été lancé récemment sous étiquette Atma, l'occasion était belle pour que l'ONJM en rejoue la matière sur la plus grande scène du festival montréalais.

Anne Schaefer, qui chante magnifiquement dans l'enregistrement, était remplacée mercredi par notre Karen Young qui s'est fort bien acquittée de sa tâche. Comme dans le concept originel, la plus qu'excellente trompettiste Ingrid Jensen était la principale soliste, en alternance avec d'autres pointures locales, on pense notamment aux saxophonistes Jean-Pierre Zanella et André Leroux.

Malgré une température anormalement frisquette, le ciel était enfin dégagé entre 23h et minuit... et il y avait quand même une foule pour assister à l'exécution quasi impeccable de cette suite, dont l'esthétique jazz s'inscrit dans les hybridations classiques et contemporaines pour big band, on pense aux travaux initiés par feu Gil Evans, Maria Schneider et leurs successeurs telle notre Christine Jensen, excellente compositrice qui assurait hier la direction de l'ONJM.

Deux heures chez Vijay Iyer

Un peu plus tôt au Monument National, le pianiste américain Vijay Iyer a mis l'accent sur la matière de son récent album sous étiquette ECM, Break Stuff, un des meilleurs albums de jazz parus en 2015. Pièces très majoritairement originales et quelques relectures à ce programme pour le moins substantiel, dont Work de Thelonious Monk, Little Pocket Size Demons de Henry Threadgill ou encore Human Nature de Michael Jackson servie au rappel.

On l'a déjà souligné, on ne passe pas deux heures devant Vijay Iyer pour y voir un supravirtuose à l'oeuvre. On s'y présente pour se laisser aspirer dans un monde musical dont la technique est au service de l'inspiration et des idées qui en constituent l'édifice. On y contemple alors tout un pan du piano jazz d'aujourd'hui et de demain, puisque Vijay Iyer en est un des plus grands concepteurs. Les composants harmoniques, mélodiques, rythmiques et timbraux qui y sont déployés témoignent à la fois d'une pensée visionnaire et d'un ancrage dans la tradition. Ainsi, il se trouve assez de références connues dans ce corpus pour ensuite en admettre la part plus avant-gardiste, forcément plus difficile à métaboliser.

Mercredi, le trio du pianiste de Vijay Iyer n'a souffert que d'une chose: la sonorisation. Comment, au fait, ne pas être en mesure de calibrer convenablement trois instruments acoustiques? Ainsi, le fabuleux batteur Tyshawn Soray enterrait trop souvent le jeu de ses collègues, surtout la contrebasse. Confusion à la table de mixage? Il y avait assez d'intelligibilité pour saisir l'excellence de cette musique jouée mais... inutile d'ajouter qu'un meilleur équilibre des forces sonores en présence l'aurait propulsée encore plus haut.

Carbou, Binney, Wood

En début de soirée, le guitariste montréalais (d'origine française) Thomas Carbou a carrément amélioré sur scène la matière de son nouvel album, Other Colors of Hekaté (étiquette Ad Litteram), enregistré avec le saxophoniste (alto) David Binney et le batteur Jim Black. Hier, ce dernier était remplacé par le très compétent Nate Wood qu'on a déjà entendu chez Kneebody et Tigran Hamasyan. Moins convenu  que sur disque, ce répertoire world-jazz et aussi folk-jazz acquiert de nouvelles qualités devant public, surtout en énergie et en démonstration de virtuosité. On a même eu droit à la jazzification d'une chanson de Noir Désir, À ton étoile... un titre tout à fait indiqué pour un concert à L'Astral!

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