The Bad Plus Joshua Redman: quatre joueurs de premier trio

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«Nous nous considérons comme des compositeurs, et nous tentons de nous approprier les reprises en les inscrivant dans notre propre son, sans vouloir en faire du jazz», explique le contrebassiste Reid Anderson, ici photographié à droite de ses collègues Dave King et Ethan Iverson.

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Au terme de brèves périodes de grande inspiration, peu de groupes, artistes ou musiciens restent frais dans leur approche générale. Deux, trois, quatre albums et... on a fait le tour du jardin. Ce n'est pas le cas du trio acoustique The Bad Plus ni celui du saxophoniste Joshua Redman, qui restent attrayants depuis leurs débuts.

D'autant plus excitants qu'ils magnétisent les jazzophiles en joignant leurs forces sur cet excellent album qui vient de paraître chez Nonesuch, carrément intitulé The Bad Plus Joshua Redman, et dont on aura ce soir la relecture sur scène.

Contrebassiste de ce trio atypique qui a fait école pour son approche sans soliste prééminent et pour son jeu collectif magnifié, Reid Anderson explique d'abord la pérennité de son fameux trio originaire de Minneapolis (et relocalisé aux deux tiers à New York):

«Vous savez, nous n'avons pas lutté très fort pour rester pertinents. Que nous soyons trois compositeurs à part entière a sûrement aidé, car nous n'avons pas eu à forcer un créateur principal à fournir toute la matière à jouer.»

Reid Anderson,
contrebassiste
Le saxophoniste Joshua Redman... (PHOTO JAY BLAKESBERG, FOURNIE PAR SPECTRA) - image 3.0

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Le saxophoniste Joshua Redman

PHOTO JAY BLAKESBERG, FOURNIE PAR SPECTRA

« Nous avons chacun des personnalités très différentes, des opinions tranchées et des centres d'intérêt distincts, ce qui n'a pas empêché les fondements de The Bad Plus de rester les mêmes depuis les débuts. Bien au contraire, nous n'avons pas senti le besoin de les bouleverser. Encore aujourd'hui, nous avons le sentiment que la ressource est considérable », poursuit-il.

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Aussi reconnu pour l'éclectisme étonnant de ses reprises, de Stravinski à Aphex Twin en passant par Black Sabbath, The Bad Plus propose d'abord un corpus original servi par ces relectures. « Nous nous considérons comme des compositeurs, et nous tentons de nous approprier les reprises en les inscrivant dans notre propre son, sans vouloir en faire du jazz. En ce sens, ces versions sont complémentaires à nos propres pièces », précise Reid Anderson, avant de faire la genèse de cette rencontre entre lui, le pianiste Ethan Iverson, le batteur Dave King et le quatrième joueur de premier trio qu'est Joshua Redman (pour faire dans la métaphore hockeyesque):  « Au Blue Note de New York, nous avions partagé la scène pendant quelques soirs. On nous avait suggéré d'avoir un invité spécial. Nous avions alors pensé à Joshua. De part et d'autre, nous avions tous apprécié cette première expérience, ce qui nous a menés à donner d'autres concerts par la suite. Vu la connexion évidente entre nous, nous avons voulu pousser l'affaire plus loin, c'est-à-dire intégrer davantage la personnalité musicale de notre invité et ainsi enregistrer un album. »

D'entrée de jeu, faire en sorte que The Bad Plus et Joshua Redman ne fassent qu'un n'était pas particulièrement évident, Reid Anderson en convient: « Le son de The Bad Plus est très défini. Nous nous réjouissons que Josh s'y soit senti à l'aise. D'une certaine façon, je dois dire, il n'a pas à être absolument Joshua Redman tel qu'on le connaît. Et c'est idem pour nous qui travaillons au service d'un son collectif. Avec The Bad Plus, en fait, personne n'a besoin d'être leader, cette pression n'existe pas. Les compositions de chacun s'inscrivent dans une esthétique de groupe. Avec la participation de Joshua Redman, ce son reste cohérent. D'ailleurs, nous avons plus de matériel à proposer que les pièces de l'album, c'est dire le succès de l'affaire. »

Joshua Redman, quatrième joueur du trio

Joint également pour causer, Joshua Redman raconte son intégration au sein de The Bad Plus:  « J'entre davantage dans leur monde qu'ils n'entrent dans le mien, convient-il, parce que cet univers musical est plus circonscrit. Depuis une quinzaine d'années, il y a cette union sacrée entre trois musiciens au sein de The Bad Plus. »

«De mon côté, j'ai mené mes propres expériences, à titre de leader ou de sideman. Je continue à les mener en marge de cette association. Or, lorsque je me retrouve avec ces gars, je sens que nous formons une entité distincte. Je n'y suis pas le soliste au saxophone. On peut parler d'un véritable composé, à tel point que j'estime ne pouvoir jouer certaines musiques qu'avec The Bad Plus.»

Joshua Redman,
saxophoniste

L'idée que Redman se fait du leadership au sein d'un ensemble de jazz, avance-t-il néanmoins, n'est pas profondément différente de l'approche préconisée par The Bad Plus: « En tant que leader, je vise à ce que mon personnel participe au maximum. Je tiens à dynamiser l'expérience collective. Bien sûr, j'assume ce leadership, mais je revendique une approche où chacun exprime son plein potentiel. C'est pourquoi, d'ailleurs, je me sens bien au sein de The Bad Plus. J'essaie d'honorer ce son si spécifique en y greffant le mien. Et si j'ai un talent de musicien, c'est surtout celui de pouvoir me connecter avec les autres. »

Chose certaine, cela s'entend sur les neuf pièces de The Bad Plus Joshua Redman. Quatre joueurs de premier trio...

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Au Théâtre Maisonneuve, dimanche, 20 h, précédé de Kneebody

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