Steven Wilson: une sensibilité jazz

Steven Wilson a laissé le groupe Porcupine Tree... (Photo Lasse Hoile, fournie par Kscope Music)

Agrandir

Steven Wilson a laissé le groupe Porcupine Tree il y a cinq ans pour entamer une carrière solo. L'une des raisons de ce départ: son amour du jazz.

Photo Lasse Hoile, fournie par Kscope Music

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Nouvelles et entrevues
Nouvelles et entrevues

Nos articles sur le Festival de jazz de Montréal. »

Sur le même thème

Steven Wilson est souvent perçu comme le porte-étendard actuel du rock progressif, un genre qui a toujours eu la cote au Québec. Pourtant, l'artiste britannique, qui se produit ce soir et demain au Métropolis, s'en défend bien, lui qui confesse même son amour du jazz.

Steven Wilson se sent tout à fait à sa place dans un festival de jazz. Même que c'est un peu à cause du jazz que le chanteur et musicien, qu'on associe à la tradition du rock progressif britannique, a laissé le groupe Porcupine Tree il y a environ cinq ans pour se consacrer à sa carrière solo.

«L'une des raisons pour lesquelles je ne voulais plus faire partie d'un groupe, c'est mon amour du jazz et le fait que je ne pouvais pas explorer cette facette de ma personnalité musicale à l'intérieur de ce groupe particulier», dit Wilson au téléphone.

«Dans mon groupe actuel, poursuit le musicien, il y a Adam Holtzman qui a joué avec Miles [Davis] et, même si le spectacle actuel est un peu moins jazzé et plus rock que le précédent, on improvise chaque soir et les solos sont un peu différents. Le jazz, c'est créer sous l'impulsion du moment, et j'aime cette sensibilité qui se manifeste dans mon groupe.»

Pourtant, Wilson était le leader incontestable de Porcupine Tree.

«Absolument, acquiesce-t-il. J'étais responsable de l'orientation musicale et j'écrivais l'essentiel du matériel. Mais tu as beau être le capitaine du bateau, si les autres gars du groupe n'apprécient pas où tu les mènes, ils peuvent te rendre la vie très déplaisante. C'est pour ça que la plupart des groupes se séparent. Même les Beatles se sont tannés de McCartney.

«Le groupe parfaitement démocratique de quatre ou cinq gars qui prennent ensemble toutes les décisions est une illusion, un fantasme, ajoute-t-il. Queen est peut-être l'une des exceptions à la règle: ils écrivaient tous et avaient tous leur mot à dire.»

Le plus récent disque de Wilson, Hand. Cannot. Erase., s'est mieux vendu que n'importe quel album de Porcupine Tree, et il constate que son public s'est élargi et diversifié.

«Porcupine Tree avait la réputation d'être un genre de band métal-progressif. Je ne sais pas d'où ça venait, mais je me rends compte que sa portée s'en trouvait limitée. Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de femmes, de jeunes et de personnes d'un certain âge à mes concerts. Mon public est très difficile à catégoriser et ça me plaît parce que je n'ai jamais considéré ma musique comme générique. C'est tout simplement ma musique. Mais, évidemment, quand ta musique est difficile à catégoriser, elle n'est pas facile à vendre.»

Vivre en ville

Hand. Cannot. Erase. lui a été inspiré par l'histoire incroyable de Joyce Carol Vincent, une jeune femme dont personne n'avait eu de nouvelles pendant deux ans quand on l'a trouvée morte dans son appartement londonien, entourée de cadeaux de Noël. Wilson y voit une allégorie de la vie dans une grande ville en ce début de XXIe siècle.

«Je vis à Londres depuis 15 ans et je ne connais même pas mes voisins immédiats; je ne sais pas ce qu'ils font dans la vie et il ne me connaissent pas non plus, raconte-t-il. Le fait de vivre au coeur d'une grande ville engendre une espèce de paranoïa, d'isolement, de peur et de confusion. En plus, à l'ère de l'internet, il est très facile d'avoir l'illusion d'être relié à d'autres êtres humains quand, en réalité, c'est tout à fait le contraire. On a des amis Facebook qu'on n'a jamais rencontrés et qu'on ne rencontrera jamais, avec lesquels on n'a rien en commun et dont on ne sait rien.»

La tournée actuelle de Steven Wilson se prolongera au moins jusqu'en mars prochain. Il s'en félicite, même si ça l'éloigne du studio, son habitat naturel.

«J'aime mixer, écrire et réaliser des disques, j'aime être créatif, dit-il. Mais j'ai un band fantastique et un show incroyable avec des films et d'autres éléments visuels ainsi qu'un son quadraphonique. C'est un événement multimédia spectaculaire et le fait d'en faire partie me procure un sentiment incroyable.»

N'empêche, il a écrit de nouvelles chansons en prévision d'un mini-album qui paraîtra pendant le prochain volet de sa tournée.

«Les morceaux que j'écris présentement sont ce que je qualifierais globalement de restes de Hand. Cannot. Erase., dit-il en riant. Des chansons que j'ai commencées et qui, pour une raison ou une autre, ne convenaient pas à l'album, conceptuellement ou musicalement. Quant à ce que je vais faire par la suite, j'ai quelques idées et, oui, ce sera nettement différent de mes quatre albums précédents.»

Au Métropolis samedi et dimanche à 20h30, dans le cadre du FIJM.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer