Maxwell: chanteur de charme? Un euphémisme!

Maxwell, accompagné par six musiciens et choristes, vêtu... (Photo: Olivier Jean, La Presse)

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Maxwell, accompagné par six musiciens et choristes, vêtu d'un complet chic, a fait lever le public présent à la salle Wilfrid-Pelletier à coups de «Je t'aime» et autres efforts de séduction francophone, hier soir.

Photo: Olivier Jean, La Presse

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Pour l'ultime soirée de programmation en salle du FIJM, l'Afro-Américain Maxwell débarquait enfin à Montréal, marché souvent trop mince pour y attirer les superstars de la neo soul. Ce qu'on constatait une fois de plus hier; le fameux chanteur n'a pas fait salle comble, même si la salle Wilfrid-Pelletier était garnie aux trois quarts d'un public mixte des plus fervents... et d'une gent féminine tout simplement survoltée.

Pour étirer la sauce, on nous a présenté une première partie ajoutée à la dernière minute, épisode plutôt anémique: originaire de Washington D.C., ce Nick Hakim a un besoin criant de fortifiants, enfin s'il veut mener à bien sa soul soliloque dans un tel contexte. Mais bon, meilleure chance la prochaine fois.

Pluie de «Je t'aime»

À 20h40, le superchanteur démarre avec Sumthin' Sumthin, tiré de l'album qui l'a lancé en 1996: Maxwell's Urban Hang Suite. Accompagné par six musiciens et choristes, vêtu d'un complet chic, le chanteur a fait lever le public de terre à coups de «Je t'aime» et autres efforts de séduction francophone; et hop, tout le monde a dansé et chanté Get To Know Ya, tiré de l'opus Now (2001). Ses envolées de contre-ténor préfigurent Bad Habits, grand cru de soul culture qu'on apprécie depuis la sortie de BLACKsummers'night (2009).

Sur un rythme latin, le saxophone ténor et le chant de la choriste ornent Cold, solidement interprétée par Gerald Maxwell Rivera de son vrai nom. Il est 21h et on se dit déjà que ce chanteur a l'autorité des grands showmen. Qui plus est, il sait s'entourer d'excellents musiciens qui lui concoctent des orchestrations nettement au-dessus de la moyenne pop. On ne s'étonnera pas que le pianiste Robert Glasper ait déjà été son directeur musical.

Autre preuve de bon goût, une reprise aérienne de Kate Bush s'ensuit, Woman's Work est enchaîné par la slow soul de la chanson Lifetime. On a ensuite droit à un épisode de chants torrides que notre mâle alpha dédie «à toutes les femmes sexy, magnifiques et hydratées», avant de lancer Fire We Make, duo virtuel avec Alicia Keys sur grand écran, sans compter la sensuelle - pour ne pas dire sexuelle - Stop The World sertie d'une rallonge improvisée du texte et d'un solo de Hammond B3 en prime. Oh la la...

Odeur de sexe

Il incarne ensuite un personnage de Brooklyn ayant fait la rencontre d'une femme de Montréal qui ne parle que le français, une ballade jazzy avec corps de femme en suspension dans l'eau.

«I can smell the pussy sweat from here», lance Maxwell sans retenue aucune. Sûr de ses moyens, le monsieur! Quelques minutes plus tard, il est descendu au parterre, plusieurs femmes ont accoureu pour l'encercler. En crescendo, il a entonné Fistful of Tears, Til The Cops Come Knockin' et Ascension (Don't Ever Wonder), le tout coiffé au rappel par Pretty Wings.

Dans le cas qui nous occupe, l'expression chanteur de charme est un euphémisme.




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