MEG Montréal: Julia, ses personnages et ses duos

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Rebeka Warrior et Julia Lanoë furent jadis des jumelles identiques. L'une formait avec Mitch Silver le tandem synthpunk-électroclash Sexy Sushi, l'autre planait dans le duo éthéré Mansfield.TYA, de concert avec la violoniste Carla Pallone.

«Deux personnages totalement différents», résume Julia Lanoë, jointe peu avant l'escale montréalaise de Mansfield.TYA, qui vient défendre les chansons de l'album Corpo Inferno, quatrième du groupe si l'on exclut une compilation de remix.

Julia et Rebeka étaient si différentes qu'elles avaient réussi à faire croire qu'elles étaient des soeurs jumelles... alors qu'elles n'étaient en vérité qu'une seule femme!

«Avec Sexy Sushi, je porte des perruques, des lunettes, des vêtements qui n'ont rien à voir avec ce que je porte lorsque je chante avec Mansfield.TYA», explique Rebeka... pardon Julia. Il faut quand même s'y faire!

Notre interviewée est encore fière d'avoir lancé le public et les médias sur cette fausse piste.

«Ça a marché pendant quatre ou cinq ans. Plusieurs m'ont crue, certains m'ont crue à moitié ou ne m'ont pas crue du tout. Peu importe, ils jouaient le jeu. C'était un peu flou et tout le monde s'en contentait.»

Le canular a fini par s'éroder, Rebeka et Julia poursuivent leurs carrières respectives.

«J'ai toujours fait les deux, j'ai connu mes partenaires Mitch et Carla en même temps, les deux projets ont commencé il y a un peu plus de 10 ans. Les deux ont bien marché et je n'ai voulu arrêter ni l'un ni l'autre. J'aime les deux personnalités avec qui je me trouve... et c'est peut-être meilleur pour mon équilibre mental (rires).»

Classique, baroque, médiéval

Mansfield.TYA a déjà quatre albums à son actif, le style de Julia et Carla a connu cette évolution: 

«Au tout début, l'approche était plus rock, plus coldwave, mais il y avait cette dimension: Carla est aussi interprète classique et baroque. Jouer du violon dans un tel projet n'était pas gagné d'avance. À son contact, j'ai écouté beaucoup de musique classique et baroque, ça a déteint sur la composition et le texte, qui porte des références à la période médiévale. Bestiaires, champs, plaines, batailles... une époque qui cohabite bien avec la nôtre.»

Sous étiquette Vicious Circle, l'album Corpo Inferno est sorti en France l'an dernier, il arrive au Québec cette semaine, un autre album de remix a été rendu public depuis la sortie de cet opus studio. Julia Lanoë voit deux phases dans le corpus de Mansfield.TYA.

«Les deux premiers albums sont un peu plus rêches et plus acoustiques. Les deux autres sont plus électroniques, plus froids. Nyx, le troisième, était fondé sur le thème de la nuit. Corpo Inferno est plus hétéroclite, on n'y parle pas que de l'amour et de la mort, on tourne quand même autour de ce qui est essentiel. Même si ces chansons sont plutôt sérieuses, j'aime bien quand on y ajoute de l'ironie et de l'humour.»

À Paris, les musiciennes ont un petit studio. Elles y passent beaucoup de temps à coller les époques et les lutheries qui y sont sous-tendues.

«On cherche on tâtonne, on essaie plusieurs instruments, de vieux synthés analogiques. Je travaille aussi sur les applications informatiques. Sur scène, ça se passe en temps réel : Carla joue du violon, différents claviers et d'autres instruments ; je chante davantage et joue un peu de guitare, je m'éclate aussi avec l'ordi.»

On aura pigé que la «fenêtre de tir» n'est vraiment pas celle de Sexy Sushi, un groupe dégoulinant d'irrévérence, ô combien spectaculaire et qui a déjà mis le feu à Montréal.

«On n'a pas toujours besoin de faire le show, pense Julia. Sur scène, Mansfield.TYA coupe tout ce qui peut nous paraître superflu, c'est plutôt sobre. La musique commande ça. Le minimalisme n'est pas voulu, il est inhérent à notre contexte de création. On parle beaucoup dans la vie, remarquez : Carla et moi sommes des bavardes, mais nous nous exprimons plus prudemment lorsqu'il est question de musique.»

Au fait, Julia Lanoë, jumelle virtuelle de Rebeka Warrior, aurait-elle un lien de parenté lointain avec June Mansfield, l'épouse de l'écrivain Henry Miller, et leur copine Anaïs Nin?

«June Mansfield était la muse des deux autres... et ne faisait pas grand-chose, en fait. Ça nous a plu de prendre le nom d'une muse ratée. Quant à TYA, c'est... une erreur! C'est arrivé comme un cheveu sur la soupe, on l'a gardé. Ça ne veut rien dire.»

Autre illusion brisée... Qu'en sera-t-il ce soir?

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À la Sala Rossa, ce soir, 21 h.

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