Julia Holter et les Wada: ménage à trois

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Internationalement, la Californienne Julia Holter a connu un important succès critique pour son quatrième album, Have You in My Wilderness (étiquette Domino), dont elle a présenté la matière à la Maison des Arts de Laval en mars dernier. Ses trois albums précédents avaient aussi été primés pour les formes hybrides entre électroacoustique, ambient, musiques de chambre et pop indie.

De retour à Montréal, cette fois au festival Suoni Per Il Popolo, la compositrice et interprète se produit dans un tout autre contexte: elle se joindra aux artistes Yoshi et Tashi Wada, compositeurs d'avant-garde, créateurs d'instruments, architectes sonores.

Avant leur départ de Los Angeles vers Montréal, nous avons joint Julia Holter et Tashi Wada pour un avant-goût de leur résidence montréalaise. Le concept de ce concert, expliquent nos interviewés, s'inspire d'abord d'une relation artistique père-fils.

«Mon père et moi, indique Tashi Wada, travaillons ensemble sur scène depuis près de sept ans. Il arrive que des instrumentistes interprètes se greffent à notre travail. Cette fois, il s'agit d'une collaboration sur toute la ligne, car Julia y propose des éléments conceptuels, au-delà de l'interprétation.»

L'architecture du projet s'inspire néanmoins d'une esthétique élaborée initialement par Yoshi Wada, esthétique à laquelle souscrit sont fils Tashi.

«Mon père, rappelle Tashi, a étudié plusieurs styles musicaux: musiques indiennes, macédoniennes, musiques de cornemuses et autres genres musicaux, sans compter l'invention d'instruments. Ainsi, nous disposons de plusieurs instruments et styles dans lesquels nous puisons. Cette réunion de notre tandem avec Julia a été mise en oeuvre par le festival Suoni Per Il Popolo, nous avons tous trouvé l'idée excitante. Julia et moi avons déjà travaillé ensemble, mais pas dans le contexte d'un concert complet. C'est pour nous une chance de tenter l'affaire.»

Stratégie musicale

Puisque Yoshi Wada vit à New York et que Tashi et Julia se trouvent à Los Angeles, le squelette du concept présenté à Montréal a été élaboré à distance. Une fois sur place, les musiciens mettront de la viande autour de l'os au cours des journées de travail précédant le concert de demain.

«Nous sommes partis de partitions ouvertes à l'intérieur desquelles il y aura de la latitude. Mon père a beaucoup étudié la musique, mais pas la notation classique alors que Julia et moi l'avons fait. Nous arrivons avec notre bagage de progressions mélodico-harmoniques pendant que mon père s'en tient à sa propre notation», souligne Tashi.

«Nous avons chacun notre manière d'écrire notre stratégie musicale dans ce contexte, poursuit Julia. Notre rencontre artistique se produit à travers nos manières propres de concevoir la composition et l'interprétation. Stylistiquement, il n'y a rien de très précis sauf nos influences prédominantes; par exemple, j'ai abordé brièvement la musique classique indienne [hindustani] à plusieurs reprises, je pourrais l'évoquer dans ce projet sans l'aborder directement.»

Comme c'est généralement le cas des artistes venus préparer un concert pendant un festival, plusieurs choses se précisent en cours de répétition.

«Nous apportons des claviers, cornemuses, cloches, sirènes, ordinateurs, instruments électroniques, logiciels, sirènes... Nous avons l'espoir d'entreprendre un vrai cycle de travail à trois, dont le point de départ est le festival montréalais Suoni Per Il Popolo.» - Tashi Wada

Serons-nous alors loin, très loin de la matière qui a rendu célèbre Julia Holter ces dernières années?

«C'est effectivement très différent de mon dernier album, mais ce n'est pas étranger à ma démarche, répond la principale intéressée. Cette partie de mon travail me semble tout à fait naturelle, je n'y vois aucun changement soudain. Dans le contexte de mes propres projets, je suis arrivée à créer des formes proches de la chanson avec la présence d'un percussionniste et d'un bassiste; cela m'a spontanément rapprochée de formes plus pop... ce qui n'annonce pas nécessairement la direction à venir.»

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Aujourd'hui, 20 h, à la Sala Rossa, précédé de Mette Rasmussen et Tashi Dorji.

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