Un FIMAV moins coincé

On ne pouvait espérer mieux avec la finale... (PHOTO MARTIN MORISSETTE, FIMAV)

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On ne pouvait espérer mieux avec la finale signée Duchess Says. Figure dominante d'un ensemble rock pour le moins aguerri Annie-Claude Deschênes nous a fait boire ce cocktail explosif de punk, new-wave, électro-kitsch.

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(VICTORIAVILLE) Conclu aux petites heures du matin de lundi, moins empesé que par les années précédentes, le 30e Festival international de musique actuelle de Victoriaville a évité l'anticlimax et le déclin de son auditoire à la suite de sa mémorable journée de concerts consacrés à John Zorn en 2013.

Sa direction artistique a plutôt réussi à faire oublier son affluence de moins de 5000 spectateurs «payants», affluence à peu près identique à celle de l'année précédente. Le festival des Bois-Francs a pu ainsi maintenir (estimation du FIMAV dimanche soir) sa renommée auprès de sa clientèle fidèle, en plus de s'ouvrir un tantinet à un public rock qui ne s'y était pas pointé jusqu'alors.

Coordonnée par le musicien Éric D'Orion, des installations sonores «dans l'espace public» ont attiré, affirme-t-on, une dizaine de milliers de personnes de la région. On a, par exemple, pu interagir avec une Boîte à musique, conçue par les artistes montréalais Christian Calon, Chantal Dumas et Mario Gauthier: des 33 tours posés sur de vieilles platines y déclenchaient des musiques diffusées au FIMAV ces 30 dernières années. À quelques pas, des enceintes miniatures surgissaient de terre et diffusaient des sons sur un sol vibrant: Underground, carrément, signé Philippe-Aubert Gauthier.

Le conteur et chanteur Michel Faubert.... (PHOTO MARTIN MORISSETTE, FIMAV) - image 2.0

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Le conteur et chanteur Michel Faubert.

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Dans les salles, les derniers concerts du festival ont fait des heureux et en ont laissé d'autres sur leur appétit.  Honorant son ouverture d'esprit comme il le fait depuis les années 80, le conteur et chanteur Michel Faubert a exercé sa médecine traditionnelle avec un ensemble assez typique de la «musique actuelle» telle qu'on la préconise à Victo: guitare indomptable de Bernard Falaise, batterie toujours créative de Pierre Tanguay, saxophones sauvages et influx électroniques de Pierre Labbé, leader et compositeur de ce concept intitulé Parlures et parjures.

The Gravity Band... (PHOTO MARTIN MORISSETTE, FIMAV) - image 3.0

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The Gravity Band

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Quant à l'ambitieux Gravity Band, dont l'objet était de relire un album composé par le Britannique Fred Frith, enregistré en 1979 et sorti en 1980, les avis sont partagés. Il s'en trouve ayant aimé cette appropriation de la matière consacrée à des musiques de danse autres que celles prévalant en Occident à l'époque - particulièrement celles des Balkans. Clarinettes (Aaron Novik) saxo alto (Kasey Knudsen), claviers (Dominique Leone), guitares électriques (Fred Frith et Ava Mendoza), basses (Lisa Mezzacappa), percussion (William Winant), échantillonneur (Jonathan Leidecker), violon (Kaethe Hostetter) ont ainsi proposé un jeu rigoureux mais sans le lâcher-prise essentiel aux grands concerts. D'où cette perception de minceur et d'académisme estudiantin (plusieurs musiciens ayant été les élèves de Fred Frith), exprimée par nombre de mélomanes au sortir du Colisée des Bois-Francs.

Par les années passées, on a souvent déploré une certaine austérité au FIMAV, particulièrement en fin de soirée. Difficile d'y respirer par le nez au terme de journées chargées de propositions exigeantes pour le coco. On peut dire cette fois que la direction artistique du petit festival a corrigé le tir sur le coup de minuit. Les concerts de minuit, somme toute, furent des expériences plus sensorielles que cérébrales, on inclut aussi la prestation très lourde de samedi; Keiji Haino (guitares, voix et autres sparages), Stephen O'Malley (basse) et Oren Ambarchi (batterie), sorte de prolongement rock de la soirée drone/bruitiste de la veille avec Richard Pinhas et ses collègues japonais.

Quant à la finale signée Duchess Says, on ne pouvait espérer mieux. Figure dominante d'un ensemble rock pour le moins aguerri Annie-Claude Deschênes nous a fait boire ce cocktail explosif de punk, new-wave, électro-kitsch. Du coup, cette front woman d'exception a refait la démonstration de son charisme exceptionnel. Folie furieuse, défoulement total, grooves abrasifs, sourires sur toutes les lèvres au final. Inutile d'ajouter que la chanteuse, certes la plus contagieuse sur ce territoire, a mis tout le monde dans son t-shirt. Délirium idéal pour décoincer le FIMAV!




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