Rencontre au sommet au Festival de blues de Tremblant

Paul Deslauriers et Anwar Khurshid ont livré, mercredi,... (Photo: fournie par le Festival de blues de Tremblant)

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Paul Deslauriers et Anwar Khurshid ont livré, mercredi, cinq pièces de leur CD Enter the Gate, enregistré l'hiver dernier au Lac-Brome.

Photo: fournie par le Festival de blues de Tremblant

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Daniel Lemay
La Presse

Dans le Québec festivalier, l'offre musicale de cette semaine se partage entre les Plaines et la montagne. Deux palettes très différentes: les mille coloris du Festival d'été de Québec d'un côté et, de l'autre, les textures bleutées du Festival de blues de Tremblant où, mercredi, quelques centaines de chanceux ont été les témoins d'une rencontre exceptionnelle entre deux musiciens qui ne le sont pas moins.

La virtuosité, déjà, impressionne. Mais Anwar Khurshid, sitariste torontois d'origine pakistanaise, et Paul Deslauriers, le guitariste des guitaristes montréalais, ajoutent à leur fascinante technique le coeur, l'engagement émotif total et le résultat se traduit en émotion. Mercredi, dans un petit amphithéâtre abrupt dans le haut du village de Tremblant, ces frères en musique ont laissé la foule pantoise, certains en larmes ou au bord.

À l'enseigne du «world blues», pendant 45 bien courtes minutes, ces artistes ont livré cinq pièces de leur CD Enter the Gate, enregistré l'hiver dernier au Lac-Brome (voir pauldeslauriers.ca). «Première fois, sauf erreur, que la slide guitar et le sitar se rencontrent sur disque», a lancé Deslauriers en évoquant à la blague «Mississippi Anwar» Khurshid que d'aucuns appellent «le maître de la sitar fusion».

«Ce projet est une superposition de rencontres», a expliqué à La Presse le sitariste qui, curieusement, n'a jamais joué à Montréal. «C'est une rencontre entre deux instruments et deux traditions musicales: le blues et la musique classique du pays de mes pères. Il faut certes une convergence des esprits, mais le plus important est la communion des coeurs.»

Communion qui n'atteindrait ce degré d'intensité sans l'apport du bassiste Greg Morency et du batteur Sam Harrisson pour qui le groove est presque une façon de vivre.

Spectacle Motown

Mercredi soir, alors que le haut du Village était sans électricité, Normand Brathwaite et sa famille élargie ont livré en bas, pour leur part, un spectacle Motown d'une très belle tenue. Pas de surprises bien sûr - on connaît cette musique par coeur - mais un rappel: par sa voix et sa présence scénique, Sylvie Desgroseillers peut galvaniser la plus sceptique des foules.

On aura aussi noté la performance du chanteur Alan Prater, ancien tromboniste de Michael Jackson à qui Brathwaite - qui se produisait hier soir au Mondial des cultures de Drummondville - a conseillé de vendre son instrument. «Quand tu chantes comme ça, pas besoin de trombone!»

Martin Goyette, lui, n'a pas besoin de portier dans les boîtes où on le voit de plus en plus avec ses comparses Tytus Zurawski et Jared Atkinson à la guitare et à la contrebasse: le gars de Saint-Henri peut vider le club lui-même, le cas échéant, mais sa voix puissante et son jeu mélodique à l'harmonica lui valent plein d'amis nouveaux. Du blues joyeux et entraînant au max mais qui chante encore? Le Festival de Tremblant devrait afficher au-devant de la scène le nom de l'artiste qui s'y produit. Comme dans les autres grands festivals...

L'affiche de Tremblant déborde par ailleurs de grands noms nord-américains du blues. Nous avons vu, entre autres, un James Cotton à la voix faible mais au souffle encore puissant. Et Mighty Jo Rogers, pianiste, chanteur et auteur d'un mémoire de maîtrise sur «le blues comme musique métaphysique» dont on ne manquera pas de vous reparler.

Le Festival international de blues de Tremblant se poursuit jusqu'à dimanche et la carte promet avec les Powder Blues, King King, Duarte, Gomes et autres Roomful of Blues (voir tremblant.ca).

Grosse affiche québécoise ce soir à la scène de l'église du (vrai) village de Mont-Tremblant: Stephen Barry suivi de Blues Delight de Vincent Beaulne, un groupe qui, le CD Working on it le prouve, n'a rien à envier à ses semblables du continent.




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