Osheaga: Nick Cave et les histoires d'épouvante d'un maître conteur

Cave est un artiste de scène au magnétisme... (PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Cave est un artiste de scène au magnétisme rare, mais on avait hâte de le voir se frotter à un jeune public festivalier

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Le parterre d'Osheaga était dégarni après le départ de J. Cole quand Nick Cave et ses Bad Seeds se sont pointés sur la scène de la Montagne. Mais il restait suffisamment de monde, des braves que le maître conteur d'origine australienne a pu convertir à son théâtre musical.

Cave est un artiste de scène au magnétisme rare, mais on avait hâte de le voir se frotter à un jeune public festivalier devant lequel des grandes pointures aux tempes grises se sont déjà cassé la gueule. Il a fait comme il ferait n'importe où, en ajoutant juste ce qu'il faut d'effets dramatiques, de distorsion et de bruit pour planter le décor de ses histoires d'épouvante.

D'entrée, From Her To Eternity a rappelé à tout le monde que le zigoto à la drôle de tête qu'on voyait sur les écrans, en noir et blanc, évidemment, était aussi féru de cinéma que de littérature. Cave jouait littéralement avec le public des premières rangées, comme il allait le faire pendant une heure, criant et chantant de sa voix qui déraille tel un David Byrne paranoïaque, la rage en sus.

On a aussi pensé à Lou Reed, car si Cave a trouvé en Leonard Cohen un père spirituel, il a également hérité de mononcle Lou cette façon de raconter des histoires comme s'il s'agissait de reportages dont il ne nous épargne aucun détail. On pense aussi à Jim Morrison, de qui il a hérité la voix qui en impose, mais c'est d'abord et avant tout la manière Nick Cave qu'il a peaufinée depuis 30 ans. Depuis, notamment, la peu rassurante Tupelo, que le pédagogue en lui a présentée comme une chanson sur Elvis, « un chanteur d'il y a très longtemps, avant même Skrillex ».

Nick Cave a enfilé ses chansons peuplées de personnages inquiétants: Robert Johnson et Lucifer, un chat momifié et Miley Cyrus en Hannah Montana rien que dans Higgs Boson Blues. Autour de lui, les magnifiques - et bien nommés - Bad Seeds provoquaient des explosions et des orages musicaux qui magnifiaient les accès de rage du chanteur-acteur. Au coeur de la tempête, le violoniste et guitariste fou Warren Ellis qui, samedi encore, a étonné jusqu'à son ami Cave par les sons qu'il a tirés de ses instruments.

Ce spectacle s'est terminé d'une drôle de façon. Cave tendait la main à une spectatrice devant lui quand, tout à coup, les haut-parleurs se sont tus. S'agissait-il d'un problème technique, ou voulait-on lui signifier que Jack White avait hâte de monter sur la scène voisine?

Curieusement, cette fin peu orthodoxe allait de pair avec le spectacle hors du commun dont nous avions été témoins.




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