ICI veut ramener la voix ethnique

Sam Norouzi, vice-président de la boîte de production... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Sam Norouzi, vice-président de la boîte de production Mi-Cam, espère que le CRTC lui permettra de récupérer la license ethnique dont veut se départir Rogers, pour créer une nouvelle chaîne de télévision ethnique à Montréal.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

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Avec un peu de chance, les immigrés ne seront bientôt plus les enfants pauvres de la télé québécoise. Si le CRTC l'autorise, une nouvelle chaîne ethnique pourrait bientôt voir le jour à Montréal. Son nom? ICI. Comme dans International Channel-Canal International... Mais que vient faire Rogers dans cette histoire?

«On veut que ça marche. Mais ça ne dépend plus de nous.»

Sam Norouzi se croise les doigts. La semaine dernière, il a défendu devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Canada (CRTC) son projet pour une nouvelle chaîne de télé ethnique à Montréal. Et il n'attend qu'un feu vert pour lancer la machine.

Vice-président de la boîte de production Mi-Cam, M. Norouzi souhaite remplir le mandat que la moribonde CJNT (Metro 14) honore péniblement depuis son rachat par Channel Zero en 2010. «On veut ramener la voix ethnique à Montréal», lance-t-il. Ce serait une bonne nouvelle. Car Montréal a cruellement besoin d'une chaîne de télévision pour desservir ses communautés immigrantes. Comme le dit si bien George Saad, animateur bien connu dans la communauté égyptienne, qui a fortement milité pour cette station: «Nous payons nos impôts comme tout le monde. Nous avons le droit d'avoir de la télé nous aussi!»

Exploitée à partir des studios de Mi-Cam, dans le quartier Ahuntsic, la nouvelle station serait baptisée ICI (International Channel-Canal International) et diffuserait au 47 du câble. Sa programmation se ferait en 15 langues pour 18 communautés différentes et serait à 100% ethnique. Loin de la formule CJNT, qui finançait sa programmation multiculturelle avec des émissions populaires américaines diffusées aux heures de grande écoute.

Selon Sam Norouzi, ce concept hybride n'a pas donné de grands résultats. «Il y a une déconnexion qui s'est faite entre les communautés et les émissions.»

ICI aura, entre autres, la dure tâche de s'inventer une nouvelle image, qui fera oublier CJNT et les préjugés associés d'ordinaire à la télé ethnique, ajoute M. Norouzi. «On a du rebranding à faire.»

Bizarrement, il n'exclut pas de réintégrer des animateurs et producteurs-vedettes qui étaient jadis chez CJNT, tels que George Saad de la télé égyptienne, Henri Ngaka de l'émission africaine ou Ruth Koo Lam pour la télé chinoise. Il promet toutefois qu'ICI n'aura plus l'air d'une simple station communautaire.

«Ce ne sera pas le look studio et des shows de chaises. Je vais encourager mes producteurs à aller sur le terrain. Je veux faire des émissions que les gens ont envie de regarder», affirme Sam, qui dirige Mi-Cam avec son père Mohammed Norouzi, ancien pilier de la TEQ (télévision ethnique du Québec) arrivé d'Iran à la fin des années 70.

Et le rapport avec Rogers...

Il reste à voir comment tout cela se goupillera. Car le projet de Mi-Cam dépend en grande partie d'une autre demande déposée au CRTC par la société Rogers.

Pour être bref, Rogers souhaite acheter CJNT à Channel Zero pour 10,3 millions dans le but de la transformer en chaîne 100% anglophone, ce qui lui permettrait d'étendre son réseau CityTV jusqu'à Montréal. Le problème, c'est que CJNT est toujours prisonnière de sa licence ethnique, qui l'oblige à diffuser au moins 15heures de production multilingue locale par semaine.

En récupérant cette licence pour sa propre station, ICI assurerait le CRTC que le mandat ethnique est couvert et le projet de Rogers s'en trouverait facilité.

Si le plan fonctionne, Rogers s'est engagée à donner 10% du prix de l'achat à ICI, pour mettre la station sur les rails, en plus de lui vendre, à prix d'ami, des émissions produites par OMNI, sa chaîne ethnique canadienne. Channel Zero, de son côté, prêterait 1 million de dollars à ICI pour absorber ses coûts de lancement.

Que se passera-t-il si le CRTC refuse le plan en béton de Rogers et ICI? Sam Nozouri préfère manifestement ne pas y penser. «Ils peuvent dire oui à nous et non à Rogers, comme ils peuvent dire oui aux deux. On reste optimistes. Cela dit, avec le CRTC, il n'y a jamais rien de garanti.»

Parlez-en aux gens de Bell et d'Astral.

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