Jean Désy: le médecin humaniste

Médecin dans le Grand Nord, poète, essayiste, auteur prolifique et professeur... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Médecin dans le Grand Nord, poète, essayiste, auteur prolifique et professeur de littérature, Jean Désy se démarque par un profond humanisme qui teinte à la fois ses écrits et ses enseignements. L'amoureux de Camus et de Dostoïevski est invité d'honneur au Salon.

Quelle anecdote mémorable vous revient spontanément à l'esprit à propos de vos visites au Salon du livre de Montréal?

Cette année, au Salon du livre de Québec, pour la première fois mon éditeur a manqué de livres. C'est arrivé à la première journée, pour L'accoucheur en cuissardes. J'ai envoyé quelques lectrices acheter des livres chez l'un de mes éditeurs, Mémoire d'encrier. J'apporte toujours mes invendus et il y en a un certain nombre, étant donné que j'ai publié 35-36 livres... Je les laisse traîner par terre devant la petite table où je suis assis. C'est sympathique, les gens poussent des cris en passant près de marcher sur les livres. J'aime donner des cadeaux.

Quel est le personnage littéraire de médecin notable le plus marquant à votre avis?

Le plus grand à mon compte est le Dr Rieux de La peste, de Camus. Je donne un cours de littérature à l'université depuis 12 ans, où 30% des inscrits sont étudiants en médecine, et je mets toujours La peste au programme. Camus s'est identifié au personnage. J'aime beaucoup la réflexion philosophique de Camus sur l'absurde. Le simple fait de voir des gens qui vont mourir met le médecin en contact avec l'absurde de la mort, l'absurdité existentielle. Camus met en place la fonction humaniste ou irrationnelle du soignant, par rapport à la fonction plus logique et précise dans l'art de soigner. De plus, il n'y a pas de faute technique dans La peste. Un médecin ne l'aurait pas écrit mieux.

D'où vous vient votre intérêt pour la littérature?

J'ai commencé à vouloir écrire après mon cours de médecine, quand j'ai fait face à l'absurdité de la souffrance et de la mort. J'avais découvert Dostoïevski grâce à un vieux prof au cégep, qui m'avait introduit à Crime et châtiment. Ensuite, j'ai tout lu de Dostoïevski. C'est comme poète et essayiste que je trouve ma place la plus confortable dans ce monde-ci. Mon premier livre relatait un pèlerinage à Blanc-Sablon en motoneige, que j'ai fait un ou deux ans après la naissance de mon fils.

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