Monique Proulx, profondément montréalaise

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Vingt ans après Les aurores montréales, Monique Proulx signe Ce qu'il reste de moi, un autre livre sur Montréal, paru en avril chez Boréal.

L'écrivaine et scénariste québécoise a ressenti le besoin d'écrire sur cette «tour de Babel» où se côtoient, sans trop se heurter, toutes sortes de communautés. Un roman dont le sous-titre pourrait être, de son propre aveu, Dieu à Montréal. Et dont le déclencheur est la pionnière de la Nouvelle-France Jeanne Mance, redécouverte avec passion il y a quelques années. En plus d'être invitée d'honneur au Salon, Monique Proulx participe samedi à la table ronde Montréal en histoire, avec Gilles Laporte et Paul-André Linteau.

Votre plus récent livre, Ce qu'il reste de moi, souligne votre passion pour Montréal. Quels romans sur la métropole et son histoire vous ont particulièrement marquée?

Fraîchement transplantée du beau village homogène de Québec au Mile End cosmopolite, je me souviens d'avoir dévoré les chroniques saisissantes du Plateau Mont-Royal de Michel Tremblay, et les aventures délectables du Matou d'Yves Beauchemin, et de m'être dit: «Jamais je ne pourrai écrire sur Montréal. Jamais.»

Y a-t-il d'autres facettes de Montréal que vous aimeriez aborder dans un prochain roman ou des visages de la métropole que vous aimeriez vous-même découvrir?

On ne sait pas ce que recèlent les coffres à trésors ni combien de créatures se cachent dans les tours de Babel. Montréal est un coffre à trésors et une tour de Babel. Tout continue d'y être représenté à échelle réduite, toutes les tendances du monde actuel, ses intolérances, ses levées de fanatisme, ses platitudes, ses beautés. Montréal contient des milliers d'histoires potentielles. On verra bien lesquelles se fraieront un chemin jusqu'à moi, lesquelles me foudroieront assez pour que je les écrive. Je suis un paratonnerre qui attend l'orage.

Avez-vous une anecdote ou un souvenir marquant d'un de vos passages à un salon du livre?

Mon premier Salon du livre, ah, mon premier Salon du livre - comme écrivain. Je suis assise devant ma pile de livres neufs, et personne, PERSONNE, ne se présente devant moi pour m'acheter, me faire signer, me faire exister. À vrai dire, deux femmes s'arrêtent bel et bien devant moi: l'une me demande si je suis Lysiane Gagnon, l'autre me demande où sont les toilettes. Ma première queue au Salon du livre - quelque 10 ans plus tard. Je me prépare à m'asseoir devant ma pile de livres neufs. Je vois un attroupement au détour de l'allée, et une longue file de gens qui serpente, qui semble se diriger quelque part. «Ils sont là pour quoi?», je demande à mon éditeur. «Ils sont là pour toi», il me répond sans rire. La morale: ça n'a pas d'importance. Queue ou pas queue, il y a cette formidable aventure: un univers complet, un livre, vient d'arriver au monde. Que celui qui a la chance de trouver cette bouteille dans la mer l'ouvre et se désaltère.

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Montréal en histoire, table ronde à 16h.

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