Invitée d'honneur: Katherine Pancol

Katherine Pancol... (Photo fournie par Albin Michel)

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Katherine Pancol

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Sylvie Saint-Jacques
La Presse

Née au Maroc, Katherine Pancol a 5 ans quand ses parents rentrent en France et s'installent à Paris. D'abord journaliste, elle a signé son premier roman (Moi d'abord) en 1979. Après une dizaine d'années passées à New York où elle a écrit plusieurs romans et interviewé pour divers médias des personnalités comme Jacques Chirac et Louise Brooks, elle rentre en France en 1991, continue d'écrire. Après Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi en 2010, elle a fait paraître la trilogie Muchachas au cours de la dernière année.

En tant qu'écrivain, est-ce que vous considérez Montréal comme une ville qui nourrit l'inspiration?

Je ne sais pas. Pour bien répondre à cette question, il faudrait que je passe un an, deux ans à Montréal. Je vais souvent au Québec, je m'y suis pas mal baladée. Mais je n'ai pas vraiment d'impression spéciale de Montréal, en comparaison avec le reste du Québec. Pourquoi j'aime bien Montréal? C'est vrai que c'est une ville où j'habiterais, qui est un mélange d'Europe et d'États-Unis, cela me plaît. On y trouve une liberté, une ouverture que j'apprécie. Mais encore, c'est difficile de répondre sincèrement à cette question, autrement que par un fantasme que je projette.

Décrivez votre appartenance à la francophonie.

D'abord, j'écris en français et je suis revenue vivre en France, après 10 ans passés aux États-Unis. J'ai choisi la langue française pour m'exprimer et la France, parce que je me sens beaucoup européenne. Ici, on est entourés de l'Italie, de l'Espagne, l'Allemagne, la Belgique, et le sentiment d'appartenance à l'Europe se fait sentir très fort, tout comme l'importance de la langue française. C'est cette langue qui m'a fabriquée. À New York, j'ai bien essayé d'écrire en anglais, mais je repartais toujours en français, parce que les racines latines m'habitent.

De la culture française, j'aime le métissage. Je suis née au Maroc, j'y suis souvent allée, et je pense que ce pays représente autre chose, un mélange que j'aime dans la culture française et pour lequel je ressens une appartenance. Quand vous regardez des vieux films de Truffaut, le langage et la musique de la rue, de cette époque, on se rend compte comment la France a changé en se métissant. C'est la même chose quand on constate le succès qu'obtiennent en France les films de Xavier Dolan.

Pensez-vous que le français que l'on écrit et que l'on parle à Montréal évolue en s'ouvrant sur le monde?

Quand je suis à Montréal, j'ai l'impression qu'on y retrouve le monde entier. Cela dit, je ne connais pas les nuances de votre langue, je n'ai jamais habité Montréal et je n'aime pas faire des généralités, quand je ne connais pas. Quand je vois des films québécois, je me dis que c'est le français que vous parlez, même si en France, certains films québécois (dont Mommy de Xavier Dolan) passent sous-titrés.

Qu'est-ce qui relie la littérature montréalaise à celle des autres lieux de la francophonie?

Je ne sais pas. Encore là, c'est extrêmement compliqué pour moi de répondre à cela. Je pense qu'un auteur, il écrit, tout simplement. Quand je lis Flannery O'Connor, je ne me dis pas qu'elle a vécu dans le sud des États-Unis. C'est après, quand je fais des recherches, que je me dis tout ça.

Moi, quand je lis un auteur, j'entends sa pensée, je rentre dans son monde. Je pense que l'écriture, c'est universel. On n'écrit pas pour les hommes ou pour les femmes, on écrit, point final. De Balzac, on ne disait pas qu'il écrivait des livres d'homme, mais bien qu'il écrivait pour tout le monde, ce qui lui ressemblait ou le mettait mal à l'aise. La littérature est un pays sans géographie, une musique où tout le monde se mélange. Chaque écrivain écrit une musique, et celle de Proust n'est pas pareille que celle de Céline...

En terminant...

Si je vais à Montréal, c'est par engagement: personne ne m'y a obligée. Montréal est un endroit où j'aime aller, qui est important sur le continent américain. C'est l'un des rares endroits en Amérique où les gens ont gardé leur identité, leur originalité, leur voix. Il y a à Montréal un style, quelque chose d'unique qui n'appartient qu'à vous. Je retrouve cela dans les mails que je reçois sur les sites de lectrices et lecteurs, rédigés dans une voix spéciale, un ton plus direct, plus chaleureux et naturel.

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Katherine Pancol participera à Confidence d'écrivain, vendredi à 16 h, à la Place Confort TD, aux Libraires en coulisses, dimanche à 13 h, au stand 50, ainsi qu'à deux tables rondes à l'Espace Archambault: La bibliothèque des auteurs, samedi à 14 h 30, et Existe-t-il une «écriture féminine»?, dimanche à 15 h 30.

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