Queue cerise: rouge chamarré

Mettant en vedette des comédiens de la relève, Queue... (Photo fournie par le Théâtre d'Aujourd'hui)

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Mettant en vedette des comédiens de la relève, Queue cerise possède la fraîcheur et l'audace de la nouvelle génération théâtrale.

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Mario Cloutier

Queue cerise démontre qu'une collaboration tricotée serré, d'écriture et de mise en scène, permet d'explorer les méandres de l'esprit et de sortir des sentiers battus et débattus du réalisme au théâtre québécois.

Cette première longue pièce d'Amélie Dallaire possède la fraîcheur et l'audace de la nouvelle génération théâtrale. Des jeunes qui, malgré le peu de moyens, abordent dans Queue cerise les rives du rêve et du subconscient. Sans complexe.

Il y a donc peu, ou pas, de repères narratifs dont il faut tenir compte. Des employées de bureau accueillent une nouvelle venue. Celle-ci, naïve, sera analysée, jugée, mais rencontrera un jeune homme, étrange, qui tombera amoureux d'elle.

Mais l'amour n'est pas vraiment l'amour dans ce bureau qui ne possède ni mur ni table de travail, sinon le flou bariolé de rideaux de scène qui passe du rouge au fauve et au rouge à nouveau. Au diapason d'une mise en scène amusée et amusante.

Imaginaire éclaté

Olivier Morin s'en donne à coeur joie en dirigeant cette joyeuse bande de personnages archétypaux : la naïve faisant la découverte de sa sexualité (Ève Duranceau), le Don Juan mi-français mi-Christian Grey (Julien Storini), le patron-psychanalyste névrosé (Olivier Morin), la sotte moins conne qu'elle n'en a l'air (Amélie Dallaire) et la grande pimbêche plus psychotique qu'elle ne veut le montrer (Karine Gonthier-Hyndman).

Le texte d'Amélie Dallaire cherche à échapper à tout cadre logique ou rationnel. 

Associations d'idées, monologues intérieurs pétris de questionnements existentiels, nombreux coq-à-l'âne, digressions surréalistes... Sa pièce fouille les replis et les détours de l'esprit, des personnages comme du nôtre. Tout ce que vous n'avez jamais osé demander sur le sexe, entre autres choses, elle l'écrit.

Il y a bien quelques facilités scatologiques, certaines blagues éculées et des redites dans ce premier essai en longueur, mais ce travail de groupe est prometteur. L'élan inventif est là, preuve d'un imaginaire éclaté, fourmillant d'idées qui méritent d'être approfondies pour de nouvelles aventures dans la folie du rêve.

Bienvenue dans la cinquième dimension !

___________________

Queue cerise

D'Amélie Dallaire

Mise en scène par Olivier Morin

Au Théâtre d'Aujourd'hui jusqu'au 13 février

3 étoiles

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