Caroline Monnet: eau secours

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Caroline Monnet trouvait très important de s'arrêter à Montréal pour parler de l'accès à l'eau dans les communautés autochtones.

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Mario Cloutier

Le projet des Possibles de LA SERRE - arts vivants a 11 mois. Dans l'avant-dernier événement public gratuit, l'artiste multidisciplinaire Caroline Monnet nous fait réfléchir à l'absence d'accès à l'eau dans plus de 150 communautés autochtones du pays.

Entre une résidence à Paris pour écrire son premier long métrage de fiction et une autre à Banff pour une exposition importante dans cette ville albertaine, sans compter une visite express à New York, Caroline Monnet trouvait très important de s'arrêter à Montréal pour parler de l'accès à l'eau dans les communautés autochtones.

«Il y a des enfants qui naissent et qui ne boivent jamais d'eau du robinet ni ne peuvent prendre de bain dans les communautés autochtones, rappelle-t-elle. C'est une réalité qui est abominable en 2017 dans un pays industrialisé comme le nôtre. Va-t-on attendre que ça arrive dans des communautés non autochtones pour trouver des solutions?»

Artiste engagée, elle a donc créé une installation, Défendu de se baigner, qui comprend des projections et des sculptures dans le parc qu'on dit «sans nom» à l'angle des rues Clark et de l'Arcade.

«J'ai fabriqué des sculptures de glace avec des vêtements encastrés dedans. J'ai tourné à l'intérieur des églises de Montréal et c'est ce qui sera projeté sous le viaduc [Van Horne].»

«J'essaie de reconstituer une cathédrale dans ce milieu très urbain avec des graffitis. Je voulais jouer avec l'idée du sacré et du recueillement pour réfléchir à la question de l'eau.»

Il y aura du feu, du thé chaud et de la banique pour les spectateurs. Des bouteilles d'eau seront vendues au prix courant dans le Nord, soit le double de ce qu'on retrouve en ville, et les profits seront versés à un organisme qui lutte pour les droits des communautés autochtones.

«C'est un rassemblement. En me faisant mandater pour faire quelque chose sur l'écologie et l'eau, j'ai pu expérimenter et essayer de nouvelles choses. J'étais plus spontanée dans la création, tout en poursuivant des collaborations déjà entamées. J'ai aussi conçu une trame sonore pour l'événement avec un musicien.»

Art durable

L'auteure Emmanuelle Walter (Soeurs volées - Enquête sur un féminicide au Canada) sera présente pour documenter l'installation multimédia. Son manifeste des Possibles, cocréé avec Joël Morin Ben Abdallah et Akufen, sera présenté lors du 12e Possible, en décembre, à la Grande Bibliothèque. Le projet a provoqué des rencontres entre l'art et le citoyen dans une perspective de développement durable.

«M'identifier comme femme autochtone aujourd'hui, c'est un acte politique, conclut Caroline Monnet. C'est ma responsabilité pour contribuer à changer les perceptions. Je pourrais revendiquer aussi mon identité française, mais ça ne servirait pas à grand-chose. Ce que je fais comme autochtone se situe au-dessus de moi. L'identité est une source d'inspiration inépuisable. Il y a la revendication, mais j'essaie aussi d'être dans la célébration et la réconciliation.»

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L'installation Défendu de se baigner est présentée ce soir à partir de 18 h au parc sans nom (angle Clark et de l'Arcade), dans le Mile End.




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