Cohen sur la plus grande murale de Montréal

Réalisée par Gene Pendon et El Mac sur... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Réalisée par Gene Pendon et El Mac sur un édifice du 1420, rue Crescent, la murale de Leonard Cohen est bien visible depuis le belvédère du Chalet du mont Royal.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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La Ville de Montréal, le mécène Michel de la Chenelière et l'organisme MU se sont associés pour consacrer une immense murale à Leonard Cohen dans le centre-ville. La 100e murale de MU est un hommage à la fois grandiose et délicat au poète et chanteur mort le 7 novembre 2016. La Presse a rencontré les artistes du projet, El Mac et Gene Pendon.

Gene Pendon et El Mac sont les deux... (Photo Robert Skinner, La Presse) - image 1.0

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Gene Pendon et El Mac sont les deux artistes qui créent actuellement, jour et nuit, la murale dédiée à Leonard Cohen réalisée sur la façade de l'édifice du 1420, rue Crescent, à Montréal.

Photo Robert Skinner, La Presse

Icône de Montréal, le poète et chanteur Leonard Cohen veillera désormais sur la métropole de son doux regard mélancolique grâce à une immense murale en cours de création sur la façade nord de l'édifice du 1420, rue Crescent.

Cette façade de 8500 pi2 était convoitée par MU depuis des années. Quand le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein, du Musée des beaux-arts de Montréal, a été inauguré l'an dernier, la directrice de MU, Elizabeth-Ann Doyle, a remarqué que ce mur «sortait du lot» quand on l'apercevait depuis le musée. Étant ce jour-là avec le mécène Michel de la Chenelière, elle lui a demandé de prendre une photo du mur.

«Ce mur, c'est pour Cohen!» 

«Un jour, j'étais dans le bureau du maire Denis Coderre, raconte Michel de la Chenelière. On parlait de murales. Je lui ai montré la photo du mur. Il m'a dit que ce serait extraordinaire de faire quelque chose avec ce mur. Deux semaines plus tard, j'étais à Paris et le maire, à Tel-Aviv. Il m'appelle au téléphone. Il pleurait la mort de Cohen, qu'il venait d'apprendre. Il m'a dit: "Le mur que tu m'as montré l'autre jour, c'est pour Cohen!"» 

Michel de la Chenelière a pris ce projet en main. De son côté, MU a contacté la famille de Leonard Cohen pour lui demander son consentement puisque la murale entrera dans le cadre de la série Bâtisseurs culturels montréalais, que MU poursuit depuis 2010. Dans ce contexte ont été créées des murales dédiées à Paul-Émile Borduas, Dany Laferrière, Oscar Peterson, Michel Tremblay, Norman McLaren ou encore Mordecai Richler. 

La famille Cohen a fourni à MU des photos de l'artiste prises par sa fille Lorca. En accord avec le maire, MU a choisi une photo verticale de Leonard Cohen, coiffé de son chapeau et avec un regard très tendre. MU a ensuite fait appel au muraliste montréalais Gene Pendon, qui a déjà signé plusieurs murales à Montréal, dont celles de Dany Laferrière et d'Oscar Peterson.

Gene Pendon avait envie de travailler avec le Californien El Mac pour une première fois. El Mac est l'un des plus grands muralistes portraitistes au monde.

«Je le considère depuis longtemps comme un maître, dit Gene Pendon à La Presse. Il n'a pas peur de puiser avec intensité dans sa technique particulière.» 

Les deux artistes ont défini comment la photo de Lorca Cohen pourrait être reproduite à grande échelle tout en conservant son intensité et sa sensibilité. Ils ont aussi cherché les motifs qui seraient dessinés autour du personnage et ont retenu le logo de Cohen : deux coeurs entrelacés qui évoquent l'étoile de David et l'identité juive du chanteur.

Deux mois de création

Les travaux de préparation du mur ont débuté en août dernier. La façade de l'immeuble (qui appartient à l'entreprise Timbercreek) a été dégraissée et traitée pour optimiser la conservation de l'oeuvre peinte. L'intervention des artistes a commencé après la fête du Travail. El Mac s'est chargé du visage du chanteur, le peignant seulement de nuit.

«C'est une question d'habitude, explique El Mac. La nuit, c'est plus calme. On est moins distrait, plus concentré sur le travail. Pas d'appels téléphoniques et personne ne nous demande des entrevues!» 

Chaque nuit, El Mac dirige ses projecteurs sur une section donnée. «Le lendemain, je prends une photo pour voir si c'est correct vu de loin et si j'ai besoin de faire des changements.» 

«El Mac travaille avec une grande précision, note Elizabeth-Ann Doyle, directrice de MU. Sa technique de pixellisation fait ressortir la lumière. Cette murale est un travail exceptionnel, car les muralistes sont parvenus à transmettre la charge émotive de la photographie.» 

Un hommage respectueux

MU souhaitait en effet rendre un hommage révérencieux à Leonard Cohen, mais aussi à Montréal. La murale ne sera donc pas tape-à-l'oeil. Si on la distinguera nettement depuis le mont Royal, les teintes choisies et la technique en feront une murale délicate bien que spectaculaire.

Si la météo est clémente, l'oeuvre sera inaugurée par le maire durant la «Semaine Cohen», début novembre, quand les activités marquant le premier anniversaire de la mort de l'artiste se mettront en branle, notamment un grand concert et l'ouverture d'une exposition majeure au Musée d'art contemporain.

Si le Musée des beaux-arts de Montréal n'a pas directement participé à ce projet, l'institution s'est impliquée.

«Le musée offre à MU une collaboration exceptionnelle en ayant installé une caméra à effet accéléré, en permanence depuis un mois, sur un toit, dit Michel de la Chenelière. On peut ainsi enregistrer tout le déroulement de la création des deux artistes. Cela constituera, en plus de la murale qui sera la plus grande de Montréal, un document fabuleux sur la naissance de cet hommage mérité à Leonard Cohen.»




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