Phoebe Greenberg tournée vers demain

La mécène montréalaise Phoebe Greenberg fêtera cet automne... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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La mécène montréalaise Phoebe Greenberg fêtera cet automne les 10 ans de la Fondation DHC\ART qu'elle a créée en 2007 dans le Vieux-Montréal.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

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Après une carrière en théâtre avec sa compagnie Diving Horse Creations, Phoebe Greenberg a créé la Fondation DHC/ART en 2007 afin de diffuser de l'art contemporain à Montréal. Cet automne, après 10 ans d'expositions retentissantes et la création du Centre Phi en 2012, la dynamique mécène montréalaise va marquer l'anniversaire de DHC/ART avec une exposition d'artistes internationaux, un solo de Bill Viola et un ouvrage. La Presse l'a rencontrée dans ses bureaux de la rue Saint-Pierre.

D'où est venue l'idée de la Fondation DHC/ART? 

Quand je vivais à Paris, à la fin des années 80, après avoir eu mon diplôme à l'école de théâtre Jacques Lecoq, j'ai rencontré des artistes contemporains, fréquenté des galeries et la Fondation Cartier, un lieu que j'avais trouvé inspirant. Dans ma tête, l'idée d'une fondation a germé. Quand je suis rentrée à Montréal, mon père [le promoteur immobilier Irving Greenberg] était malade, puis il est décédé. J'ai alors décidé de créer la fondation. 

Montréal avait-il besoin d'un organisme présentant gratuitement des expositions d'art contemporain? 

Montréal était une ville de choix pour un lieu accessible aux idées de l'art contemporain, un endroit qui ne soit ni une galerie ni un musée. Comme il y en a aux États-Unis. C'était risqué, car il n'y avait aucun modèle du genre au Canada, mais j'étais plus jeune et très ambitieuse! [rires] Je suis ravie de voir qu'après 10 ans, DHC/ART est devenu un endroit que les gens fréquentent. 

Depuis son ouverture, le 5 octobre 2007, de grosses pointures de l'art international sont passées par DHC/ART: Sophie Calle, Marc Quinn, Ryoji Ikeda, Christian Marclay, Jake et Dinos Chapman, Wim Delvoye, Ed Atkins...

J'ai été comblée par la qualité de ces artistes. J'ai beaucoup appris pendant 10 ans, notamment avec John Zeppetelli qui a été mon commissaire et ensuite avec Cheryl Sim. On travaille en équipe. 

La programmation de DHC/ART est parfois comparable à celle du Musée d'art contemporain de Montréal. Les deux institutions sont-elles complémentaires? 

Il y a toujours eu un dialogue entre le MAC et nous. Quand j'ai su qu'il y avait un poste de directeur qui s'ouvrait au MAC, j'ai donné mon soutien. Parfois, on fait des choses ensemble. Il y a amplement d'espace pour les deux institutions à Montréal.

À l'occasion de ses 10 ans, DHC/ART va présenter, du 5 octobre au 11 mars, L'offre, une expo qui traite de la notion du don. Avec des oeuvres de Sonny Assu, Phil Collins, Dora Garcia, Simryn Gill, Félix González-Torres, Emily Jacir, Sergej Jensen, Mike Kelley et Lee Mingwei...

C'est une idée de Cheryl [Sim]. Lee Mingwei fera une performance. L'exposition aborde effectivement le thème de l'altruisme.

La fibre humaniste de votre fondation est à l'image de celle de votre père, Irving Greenberg, un homme qui était réputé pour son altruisme...

Mon père était un homme formidable et je pense qu'il y a toujours un aspect social dans ce qu'on fait, dans ce qu'on peut apporter à la vie des gens. Pour moi, c'est par la voie de l'art et de la technologie.

Les célébrations comprennent aussi une publication, DHC/ART Libre, qui fera le bilan des 10 ans, avec des textes de l'auteure Sarah Thornton, du critique Jan Verwoert et d'artistes tels que Simon Starling.

L'ouvrage relatera les expositions qu'on a faites depuis 2007. Il permet de regarder vers l'avenir et d'espérer voir une deuxième édition dans 10 ans ! 

Vous avez des rêves pour DHC/ART? 

Le plus important est de conserver une programmation très pointue et d'être au courant de ce qui se passe. De la même façon, on veut que le Centre Phi soit toujours en mouvement. 

Le Centre Phi fête pour sa part ses cinq ans... avec un succès important, notamment grâce aux activités de réalité virtuelle.

Le côté production est important pour moi. Le Centre Phi permet de regarder vers l'avenir, de faire dialoguer les arts et de produire pour la jeune génération qui consomme énormément de médias actuels. On est maintenant relié par fibre optique au Quartier des spectacles. On va pouvoir diffuser Dead Obies dans nos studios alors qu'ils seront ailleurs! Et je suis partenaire de Félix & Paul Studios. On participe à ces nouvelles façons de raconter des histoires. Je fais des conférences sur le sujet au MIT, à Cambridge ou au FoST (Future of Story Telling), à New York. Pour moi, c'est fascinant de regarder comment la nouvelle génération va consommer de la culture...

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Fondation DHC/ART (451, rue Saint-Jean) et Centre Phi (407, rue Saint-Pierre).




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