Collection Luc Larochelle: la photo multiforme

Vue de l'exposition Dialogues. La collection de photographies... (Photo fournie par le Musée des beaux-arts de Sherbrooke)

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Vue de l'exposition Dialogues. La collection de photographies Luc LaRochelle présentée au Musée des beaux-arts de Sherbrooke jusqu'au 15 octobre.

Photo fournie par le Musée des beaux-arts de Sherbrooke

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Alors que la 15e biennale de l'image bat son plein à Montréal avec Momenta, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke présente, jusqu'au 15 octobre, Dialogues. La collection de photographies Luc LaRochelle. Soixante images réalisées entre 1885 et 2016 par de grandes signatures de la photo et qui illustrent la variété et la puissance du médium.

Collectionneur et mécène, Luc LaRochelle a donné près de 1000 oeuvres au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, dont 200 photographies du XIXe et du XXe siècle. Le musée estrien s'est ainsi doté d'une collection qui survole de belle façon l'histoire de la photographie. De ce trésor, la commissaire Catherine Duperron a tiré une sélection qui tend à démontrer, une fois de plus, la grande éloquence de la photographie, « document et oeuvre d'art à la fois », dit-elle. 

Dialogues. La collection de photographies Luc LaRochelle est scindée selon trois thèmes : les portraits, les paysages et l'opposition banalité/théâtralité. 

La section des portraits révèle l'engouement, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, pour les mises en scène élaborées en studio. Des portraits de gens ordinaires et de personnalités. Richard Strauss, par exemple, photographié par Edward Steichen en 1902. Une photo sombre dans un décor sobre qui évoque le goût de ce pictorialiste américain pour les clairs-obscurs romantiques. 

Luc LaRochelle a aussi donné au musée un portrait de la future reine Élisabeth II, assise bien droite sur le bord d'un canapé, photographie de Cecil Beaton datant de 1939. Ainsi qu'une photo saisissante du saxophoniste de jazz Coleman Hawkins (1904-1969) pris torse nu avec son instrument par Lee Friedlander en 1956. 

Sur le thème du jazz et du blues, les amateurs apprécieront également la photo de Billie Holiday prise en août 1957, deux ans avant sa mort, par Bob Parent. La chanteuse américaine est au micro, lors du New York Jazz Fest. À noter aussi le beau portrait, Power, d'une femme autochtone, réalisé par la photographe amérindienne KC Adams (diplômée de Concordia), en 2015.

BANALITÉ/THÉÂTRALITÉ 

L'image contemporaine est évoquée par des photos du quotidien, datant de 1960 à nos jours, qui témoignent d'une sorte d'esthétique de l'ordinaire incitant à aller au-delà des apparences, comme le suggère le commissaire Ami Barak à Momenta. 

Jouer entre réalité et fiction, c'est en plein l'univers de l'artiste franco-allemand Thomas Demand. On l'avait constaté avec sa photo Vault (2012) que le directeur du Musée d'art contemporain de Montréal, John Zeppetelli, avait retenue pour son expo Nouveautés et autres obsessions, il y a deux ans. On en est témoin de nouveau à Sherbrooke avec sa photographie Bullion (2003) : de faux lingots d'or entassés les uns sur les autres. 

Sinon, cet espace contemporain comprend Sans titre (torse et main), photo sensuelle réalisée en 1988 par Geneviève Cadieux, et J'allais enfin voir son visage, signée Raymonde April. Photo de 1975 qu'on pourrait qualifier de cinématographique : une personne prise de dos dans un appartement regarde la ville, de nuit, par une fenêtre. 

Avec Violin (2000), une photo dérangeante des frères Carlos et Jason Sanchez, on est dans la puissance de l'évocation. Dans une chambre aux rideaux fermés, un jeune garçon joue du violon assis sur un lit. Devant lui, un jeune homme lit le journal, appuyé contre le mur. La ceinture de son pantalon est défaite... 

PAYSAGES 

La dernière section de l'expo est consacrée aux paysages. On y trouve des traitements variés, notamment de vieilles photos « touristiques », comme une vue de Menton en 1880 par le photographe français Jean Gilletta ou une de l'hôtel Springs de Banff croqué en 1890 par William Notman. 

Certains paysages sont mystérieux, comme cette nature boisée au crépuscule, Non titrée, 1994, de Jocelyne Alloucherie. Ils rappellent aussi que l'environnement est souvent façonné par l'homme à l'image de son inconscience, comme le montre la photo de terrils de la région de l'amiante, au Québec, prise en 1993 et titrée Vimy Ridge, en référence à la bataille de la crête de Vimy, en France, qui fit des milliers de morts en 1917. 

Dans le style documentation des effets de l'industrialisation, Edward Burtynsky n'est plus à présenter. L'exposition offre un aperçu de la réalité froide et brutale de l'industrie navale chinoise avec sa photo Shipyard # 7. Qili Port, Zhejiang Province, China, de 2005. 

Enfin, pour évoquer la recherche d'effets, l'expo a retenu Stop Motion (River) 1, impression jet d'encre du Torontois Ed Pien. Un montage photo en noir et blanc, très pictural, dont les flous rappellent la prédilection de Pien pour les trames textiles. Et, bien sûr, un travail de Michael Flomen, expert en la matière. Avec deux éléments de sa série Higher Ground : deux décors abstraits évoquant la neige, le froid et la pluie grâce à des jeux d'ombre et de lumière qui illustrent, là encore, l'immense champ d'action artistique de la photographie. 

Dialogues. La collection de photographies Luc LaRochelle, au Musée des beaux-arts de Sherbrooke (241, rue Dufferin, Sherbrooke), jusqu'au 15 octobre.




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