Galerie blanc: lucioles d'art dans le Village

Au crépuscule, les boîtiers accueillant les photographies de... (Photo Raphaël Thibodeau, fournie par la Société de développement commercial du Village)

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Au crépuscule, les boîtiers accueillant les photographies de Galerie blanc s'éclairent, révélant avec faste les couleurs des créations des trois artistes de cette exposition.

Photo Raphaël Thibodeau, fournie par la Société de développement commercial du Village

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Dans le cadre d'Aires libres 2017, la piétonnisation culturelle de la rue Sainte-Catherine Est, la Société de développement commercial du Village a produit un concept original de galerie à ciel ouvert intitulé Galerie blanc. Avec de grandes photographies d'artistes d'Ukraine, des États-Unis et du Québec... qui produisent de la lumière à la nuit tombée. Une présentation qui sera dorénavant permanente.

Si vous passez dans le Village gai, juste après la rue Amherst, à l'angle des rues Wolfe et Sainte-Catherine Est, vous ne pouvez pas manquer Galerie blanc. Avec ses grands panneaux crayeux installés sur la petite place, cette galerie d'art en plein air donne un beau cachet au quartier... nuit et jour. Oui, nuit et jour! 

Dès que le soleil dit bonjour à la lune ou que le ciel est un peu plus nuageux, les grandes photos exposées (43 po x 34 po) sont mises en lumière avec un système de rétroéclairage et des ampoules DEL peu énergivores.

On doit ce concept à Alexandre Berthiaume et à sa firme Futil Design et le commissariat artistique de Galerie blanc à Nicolas Denicourt. Pour sa première édition (de nouveaux artistes seront exposés au printemps prochain), Denicourt a choisi de diffuser des artistes qui portent un regard sur les liens entre l'humain et la nature, soit Synchrodogs, Benoit Paillé et Delaney Allen. Il a ajouté dans l'espace une sculpture de Valérie Blass, Rope dope grope nope pope, sa toute première oeuvre d'art public, déjà présentée en 2014 dans le cadre d'Aires libres.

Synchrodogs 

Derrière Synchrodogs se cachent deux jeunes et renommés artistes ukrainiens, Tania Shcheglova et Roman Noven, dont on a pu apprécier le style à Art souterrain l'an dernier. Associés depuis 2008, ces deux photographes mettent en scène leurs rêves excentriques ! Des songes au cours desquels des femmes habillent de leurs corps nus de vastes paysages naturels... aux accents surnaturels. 

Galerie blanc expose 16 grandes photographies de Synchrodogs provenant de leurs corpus Rêverie sleep et Supernatural. La première montre une femme nue étendue sur une plage de sable gris, le corps enduit de peinture arc-en-ciel, personnifiant un drapeau LGBT. Plus loin, une autre femme recouverte d'un feuillage pose au milieu d'un espace désertique.

Femme au milieu d'un champ de lave, le corps vêtu d'une combinaison beige tapissée de fruits multicolores. Femme nue inclinée vers le sol et se fondant dans la géologie locale aux plissements gracieux. Femme assise sur un promontoire herbeux et implorant de ses mains tendues une grande cascade d'eau. 

Toutes ces photos ont la saveur d'un surréalisme futuriste tout en étant le résultat bien réel d'une mise en scène soignée, savamment orchestrée. Et de nuit, ces images sont d'autant plus spectaculaires...

Avec ses grands panneaux crayeux installés sur la... (Photo Martin Tremblay, La Presse) - image 2.0

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Avec ses grands panneaux crayeux installés sur la petite place, la galerie d'art en plein air Galerie blanc donne un beau cachet au Village gai... nuit et jour.

Photo Martin Tremblay, La Presse

Delaney Allen

Les 14 photos de l'Américain Delaney Allen sont dans un registre plus personnel, même si, là aussi, la théâtralité prime. Self Portrait no 4 a tout d'une abstraction même si l'on devine parmi les pixels lumineux légèrement flous la forme d'un être humain. Un autre «autoportrait», Figure 1.5, est tout aussi déroutant. Le personnage ne livre à la vue que sa bouche et ses yeux qui dépassent d'un tissu recouvrant son corps. 

Dans le même esprit, Figure 1.16 représente une femme au visage caché derrière un tissu tandis qu'elle expose généreusement sa poitrine délicate. Des créations esthétiques et étranges sur l'exploration de soi. Pourquoi pas. 

Benoit Paillé 

Enfin, le troisième photographe exposé est québécois. Benoit Paillé est originaire de Trois-Rivières et profite de ses voyages pour documenter les lieux et ceux qui y vivent. Ses images sont saisissantes. L'artiste opte pour des plans frappants et des couleurs souvent exacerbées par l'utilisation de filtres. C'est le cas de sa photo Feu de broussaille en bord de route - México, où la fumée prend d'autant plus de force et de mystère que Paillé l'a rendue du même vert que la végétation environnante. Ou encore de Mylène M. - México, une composition complexe où les rouges donnent une atmosphère suffocante à la prise de vue. 

Nous avons toutefois préféré les images où le potentiel du sujet se suffit à lui-même et ne nécessite pas de coup de pouce artificiel. Par exemple Or B, Rainbow Gathering, Guatemala, photo impressionnante d'un jeune homme barbu assis sur un rocher. Nu, éclaboussé de sable, il a le regard pénétrant et l'allure christique. Sa posture rappelle aussi Jeune homme nu assis au bord de la mer, d'Hippolyte Flandrin. 

Mike - Corozal, Belize demeure la réalisation la plus réussie de l'artiste trifluvien. Il s'agit d'un portrait d'un homme noir au torse nu couvert de sueur, coiffé d'une casquette des Raiders et tirant sur sa cigarette. Prise sous un arbre luxuriant, selon un angle très dynamique, la photographie impressionne avec ses contrastes efficaces entre le vert des feuillages, le noir de la peau de Mike et le bleu du ciel... 

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Galerie blanc, à l'angle des rues Wolfe et Sainte-Catherine Est, à Montréal. Entrée libre en tout temps.




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