L'art pour donner confiance

Big Bang Fountain, 2014, Olafur Eliasson, vue de... (Photo Anders Sune Berg, fournie par le MAC)

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Big Bang Fountain, 2014, Olafur Eliasson, vue de l'installation au Moderna Museet, Stockholm, 2015. © 2014 Olafur Eliasson

Photo Anders Sune Berg, fournie par le MAC

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Le Musée d'art contemporain de Montréal présente, jusqu'au 9 octobre, Maison des ombres multiples, première expo solo au Canada du Danois Olafur Eliasson. Cet artiste contemporain de renommée internationale crée, avec l'eau et la lumière, des oeuvres immersives dans l'espoir qu'elles rapprochent les gens et leur donnent confiance en eux.

Olafur Eliasson... (PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE) - image 1.0

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Olafur Eliasson

PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE

Dans le cadre de la 57e Biennale d'art de Venise, Olafur Eliasson a créé, en mai, un événement qui n'est pas passé inaperçu. Dans une grande salle du pavillon principal des Giardini, il a organisé un atelier pour quelques dizaines de migrants qui avaient fui la misère et le drame pour se réfugier en Europe. Dans l'atelier, ils fabriquent des lampes en bois et participent à un programme éducatif, créatif et d'expression corporelle. 

« La semaine dernière, j'étais à Venise et ils ont eu droit à des exercices physiques avec un spécialiste de la danse qui travaille aussi avec l'architecture, expliquait cette semaine à La Presse Olafur Eliasson, lors du vernissage de son exposition au MAC. L'atelier est comme un musée. Le programme c'est le contenant. Le contenu, c'est comment on communique, comment on crée un espace de dialogue où l'art est la langue de communication. » 

Tel est le défi d'Olafur Eliasson dans sa démarche artistique : permettre à des gens qui n'auraient jamais osé s'adresser la parole d'entrer en contact les uns avec les autres.

Connu pour ses installations de grande ampleur, l'artiste quinquagénaire n'aime rien tant que voir les gens bouger, interagir et communiquer entre eux.

C'est pourquoi ses créations immersives ne sont pas seulement des oeuvres esthétiquement belles et ingénieuses.

Leur mécanisme a aussi pour but d'éveiller nos perceptions, de nous interroger, de nous surprendre, de révéler des phénomènes naturels. Et de créer de la confiance. Pour, dit-il, que les gens qui se confrontent à l'art prennent confiance en eux afin de propager dans la société ce bonheur d'avoir confiance en soi et cette impulsion qui invite à agir. Pour soi-même et pour les autres.

SPECTATEUR COPRODUCTEUR

Dans l'expo Maison des ombres multiples, le visiteur devient ainsi acteur volontaire de plusieurs oeuvres. « Le spectateur n'est pas un consommateur, mais un coproducteur de mon travail, dit Olafur Eliasson. Un coauteur de l'oeuvre. » 

L'oeuvre éponyme et centrale de l'expo aura bien du succès au cours de l'été. À n'en pas douter, chacun en rapportera des images qui inonderont les réseaux sociaux, à commencer par l'auteur de ces lignes ! Dans la Maison des ombres multiples, le visiteur peut se promener, poser ou danser devant un écran blanc et voir son ombre se déplacer tout en se décomposant en halos provoqués par des projections de lumière qui proviennent de lampes halogènes blanche, orange, rouge, bleue et verte. Du plus bel effet... 

« Votre ombre que vous apercevez sur le mur est une preuve irréfutable de votre présence dans l'espace, dit Olafur Eliasson. C'est une conséquence de votre existence à cet endroit. Maintenant, si vous choisissez de suivre cette ombre, des phénomènes inattendus commencent à se produire. »

« Vous devenez activé par votre propre ombre, de telle sorte qu'elle n'est plus une conséquence de votre présence dans l'espace, mais que vous devenez la conséquence de sa présence. » 

- Olafur Eliasson

Eliasson est fasciné par la lumière, dont il se sert comme un matériau sculptural. On peut l'apprécier avec Your Space Embracer (2004) que le MAC vient d'acquérir, où un rai de lumière qui frappe un anneau suspendu au milieu d'une pièce crée une fine ombre circulaire qui joue, en tournant, avec la forme géométrique des murs.

C'est également le cas avec l'installation Big Bang Fountain, où l'image d'une petite fontaine d'eau émergeant d'une stèle est fixée, l'espace d'un dixième de seconde, par la lumière d'une lampe stroboscopique. 

Mais on en a surtout l'illustration avec l'oeuvre Beauty, de 1993, présentée dans une salle sombre couverte d'un plancher perméable. Un rideau d'eau de deux mètres de large tombe sur le sol. Comme il est croisé par des projections de lumière, il semble flotter et se transforme en un voile gracieux de fines gouttelettes parcourues par un arc-en-ciel. Esthétiquement très beau. Rafraîchissant, puisque le visiteur peut le traverser sans trop se mouiller. Et ludique, car les enfants ne manqueront pas d'en faire une aire de jeu. 

S'amuser avec les miroirs, les lumières, la transparence des cloisons. Jouer, activer un phénomène avec son corps, partager le bonheur simple de découvrir des illusions d'optique et oser rencontrer son prochain, voilà la signature d'Eliasson, pour lequel « les machines comme les musées sont des générateurs de confiance ». 

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Au Musée d'art contemporain de Montréal (185, rue Sainte-Catherine Ouest), jusqu'au 9 octobre




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