Les Impatients: vingt-cinq ans d'impatience

Lorraine Palardy et Frédéric Palardy... (Photo fournie par Les Impatients)

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Lorraine Palardy et Frédéric Palardy

Photo fournie par Les Impatients

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Stéphanie Dupuis
La Presse

Depuis 25 ans, l'organisme Les Impatients offre un espace créatif aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. Pour fêter cet anniversaire, Les Impatients présentent l'exposition J'ai le goût de vous parle à leur galerie de la rue Sherbrooke. Entrevue avec le tandem mère-fils qui anime ce projet d'art-thérapie.

« C'est moi qui ai fait celle-là », dit avec fierté François, Impatient depuis 1997, en montrant du doigt une toile accrochée au mur. Le public présent lors du vernissage de l'exposition l'applaudit chaudement. Le regard empreint de reconnaissance, François pousse un petit son aigu, témoignant de sa gratitude.

En 1992, quand Lorraine Palardy a créé Les Impatients dans le sous-sol de sa maison de Pointe-aux-Trembles, jamais elle n'aurait imaginé que son projet deviendrait aussi important.

Alors qu'elle travaillait comme galeriste et était présidente de l'Association des galeries d'art contemporain de Montréal, elle a organisé des ateliers d'art sur 10 jours en partenariat avec l'hôpital Louis-H.-Lafontaine. Cette période écoulée, les infirmières ont remarqué que les patients continuaient à attendre en file devant la porte pour participer à l'atelier alors terminé.

Cette expérience a été suffisante pour déclencher en elle une nouvelle flamme : l'art-thérapie. Lorraine Palardy, qui n'a jamais été touchée par la maladie mentale, a alors créé la Fondation pour l'art thérapeutique et l'art brut du Québec, qui deviendra plus tard Les Impatients.

Pourquoi ce nom? « Parce qu'ils sont impatients de s'en sortir », soutient Lorraine Palardy. À la galerie, les Impatients sont traités comme des personnes et non comme des gens malades.

« Quand un Impatient arrive, on ne sait pas quand il sortira. Aucun temps de guérison n'est prescrit. »

L'organisme a été l'un des premiers à miser sur l'art-thérapie au Québec. Cette forme peu orthodoxe de thérapie constitue une mine d'or d'information émotionnelle, autobiographique et symbolique.

Une affaire de famille

Lorraine ne cache pas sa fierté d'avoir transmis sa passion à son fils, Frédéric Palardy, directeur général de l'organisation depuis quatre ans. Samuel Despars, son petit-fils, met aussi la main à la pâte. Rapidement, on constate que tous les Impatients font partie de la famille.

« Il y a des Impatients que je connais très bien ; je les côtoie tous les jours et la porte de mon bureau est toujours ouverte », affirme Frédéric.

Frédéric Palardy est particulièrement touché de recevoir à l'occasion des enveloppes à son bureau.

« Quand des gens qui ont peu de moyens croient tellement au projet qu'ils nous font un don symbolique de 5 $, ça me rend fier. »

Pour sa part, Lorraine Palardy tire une grande satisfaction de continuer à être un pilier dans le domaine de l'art-thérapie, qui est actuellement l'objet d'un engouement très positif de la part du public et des services sociaux.

Un avenir prospère

L'an prochain, trois nouveaux centres ouvriront leurs portes dans la région de Montréal. « Nous allons grandir tant et aussi longtemps qu'il y aura un besoin », promet le directeur général, sans cacher ses visées internationales.

Aujourd'hui, Les Impatients s'étendent dans plus d'une dizaine de galeries au Québec, de Drummondville à Joliette, en passant par Saint-Lambert et, bien sûr, Montréal. Ils reçoivent toutes les semaines près de 600 visiteurs qui pratiquent diverses formes d'art, de la peinture à la vidéo. Ils travaillent de concert avec des hôpitaux, des musées et des galeries.

« Ce qui fait le succès des Impatients, c'est le soutien de toutes les institutions qui croient au projet », insiste Lorraine Palardy.

L'exposition anniversaire J'ai le goût de vous parler est présentée du 16 mai au 1er octobre à la galerie Les Impatients (100, rue Sherbrooke Est, 4e étage).

J'ai le goût de vous parler est une rétrospective des 25 années des Impatients. Sur les murs, des titres révélateurs - comme Réjean, homme qui a hâte de jouir de la vie ou encore Il pleut dans mon dedans - sont le témoin des oeuvres créées au fil du temps. Lorraine et Frédéric Palardy commentent quelques oeuvres.




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