Biennale de Venise: le Canada bien visible en Italie

Palais gothique du XVe siècle situé non loin... (Photo Giulio Squillacciotti, fournie par la Biennale de Venise)

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Palais gothique du XVe siècle situé non loin de la place San Marco, Ca' Giustinian est le quartier général historique de la Biennale de Venise.

Photo Giulio Squillacciotti, fournie par la Biennale de Venise

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Venise est aujourd'hui la capitale du monde culturel avec l'ouverture de sa 57e Biennale d'art. En cette époque de tensions internationales, l'édition 2017 fait la promotion d'un art capable de «réinventer le monde». Le Canada est très représenté cette année. Officiellement, par Geoffrey Farmer, mais aussi par Jeremy Shaw, Hajra Waheed, de façon posthume par Kananginak Pootoogook et même par le laboratoire NT2 de l'UQAM...

Le thème

Présentée du 13 mai au 26 novembre, la 57e Biennale de Venise a été baptisée Arte Viva Arte par la conservatrice générale du patrimoine au Centre Pompidou de Paris, Christine Macel, à qui l'on a confié le commissariat de l'édition 2017. La grande fête de l'art contemporain célèbre cette année la vitalité des artistes dans la société et leur pouvoir de «réinventer le monde».

«J'ai voulu injecter une dynamique qui ouvre, plutôt que de nous plonger dans la réalité quotidienne, dit Christine Macel. L'humanisme est actuellement en danger et l'art est capable d'inventer un néo-humanisme.» L'art est un acte de résistance, disait Gilles Deleuze. Cette biennale est donc un événement en mouvement qui insuffle des perspectives plutôt que de faire des constats, assure Christine Macel.

La Biennale présente des expositions dans neuf pavillons qui développent des thèmes tels que les pratiques des artistes, l'esprit communautaire, l'écologie, la spiritualité, la féminité ou encore la temporalité. «Ce ne sont pas vraiment des sections ou des classifications, mais plutôt des familles, dit la commissaire parisienne. L'idée est d'organiser un parcours qui trace une ligne de l'intérieur vers l'extérieur de l'individu.»

Les particularités

Un accent particulier est mis cette année sur les liens entre les artistes et le public avec des rencontres régulières lors de «Tables ouvertes». Les 120 artistes invités provenant de 51 pays vont montrer leurs pratiques par le truchement d'une vidéo présentée au public. 

«Ces vidéos sont archivées, dit Christine Macel. Les visiteurs pourront ainsi approfondir sur chaque artiste. J'ai invité les artistes des 85 participations nationales à également présenter leur pratique personnelle.»

Cette 57e édition promet d'être rafraîchissante: 85 % des artistes choisis n'y ont jamais présenté d'oeuvres. Il y a donc un vent de jeunesse internationale au bord de la lagune. Mais aussi des valeurs sûres comme l'Albanais Anri Sala, l'Américaine Kiki Smith, le Brésilien Ernesto Neto ou encore le Danois Olafur Eliasson dont on verra les oeuvres au MAC cet été. 

À noter que l'Américaine Carolee Schneemann, connue pour ses performances féministes et son travail sur le corps en tant que matériau d'art, a reçu, ce matin à Venise, le Lion d'or 2017 récompensant l'ensemble de sa carrière.

Vue aérienne de l'Arsenale où a lieu une... (Photo Andrea Avezzù, fournie par la Biennale de Venise) - image 2.0

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Vue aérienne de l'Arsenale où a lieu une partie des activités de la Biennale de Venise.

Photo Andrea Avezzù, fournie par la Biennale de Venise

Les Canadiens

Trois Canadiens ont été invités par Christine Macel, trois artistes dont elle apprécie le travail. Originaire de Vancouver et lauréat du prix Sobey 2016, Jeremy Shaw, qui travaille à Berlin, expose dans le Pavillon dionysiaque consacré à la féminité et à la sensualité. La Montréalaise Hajra Waheed est dans le Pavillon des joies et des peurs, et l'Inuit de Cape Dorset Kananginak Pootoogook a droit à un hommage posthume dans le Pavillon de la Terre avec une dizaine de dessins au crayon de couleur.

D'autres Canadiens seront aussi présents à Venise. Lauréate du prix Hnatyshyn en 2012, Lani Maestro exposera dans le pavillon de son pays d'origine, les Philippines. Le Luxembourgeois de naissance Mike Bourscheid, qui vit à Vancouver, représente également son pays natal.

Et le laboratoire NT2 de l'UQAM, qui fait des recherches sur les oeuvres hypermédiatiques, participera au HyperPavilion, consacré aux technologies. Avec cinq artistes qui créeront dans le cadre de l'expo Uchronia | What if?, sous le thème de l'uchronie (la réécriture fictive de l'histoire) et des futurs alternatifs: les Canadiens Pippin Barr et Skawennati, les Américains Roderick Coover, Scott Rettberg, João Enxuto et Erica Love, et les Français Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon.

Les hommages

Plusieurs artistes internationaux décédés sont célébrés cette année, comme le Néerlandais Bas Jan Ader, l'Autrichien Franz West, l'Italienne Maria Lai, l'avant-gardiste chilien Juan Downey, le plasticien français Raymond Hains, le conceptuel croate Mladen Stilinovic ou encore l'Émirien Hassan Sharif. Parallèlement, la Biennale de Venise est l'occasion pour les pays étrangers de présenter leurs artistes: 85 pays le font cette année, dont 30 dans leurs propres pavillons.

Parmi les 30 pays qui ont un pavillon national pour exposer leurs artistes, quatre participent à la Biennale pour la première fois cette année : Antigua-et-Barbuda, l'archipel des Kiribati, le Nigeria et le Kazakhstan.

Le pavillon du Canada

Le Canada est officiellement représenté par l'artiste multimédia et conceptuel de Vancouver Geoffrey Farmer qui propose Une issue à travers ce miroir, une installation à la fois personnelle, nationale et universelle. Un travail inspiré par sa famille, par la poésie, par le Canada et par le pavillon canadien à Venise dont la construction, en 1958, résultait d'une volonté d'Ottawa et de Rome de faire la paix, après des années de guerre. 

Après avoir exposé à Londres (Tate Modern), Paris (Louvre) et en Allemagne (Documenta), Geoffrey Farmer obtient une sorte de consécration professionnelle avec cette participation vénitienne.

Accueillant les oeuvres de l'artiste qui représente le Canada, le pavillon canadien se trouve dans le parc des Giardini, entre ceux de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne. Construit pour 25 000 $ après une conception de l'architecte Enrico Peressutti de l'agence milanaise BBPR, le pavillon et son environnement paysager font actuellement l'objet de travaux de restauration, pour la somme de 3 millions.

Les autres pavillons

Parmi les autres pavillons nationaux prometteurs, à noter le pavillon français avec une installation immersive et musicale de création en direct signée Xavier Veilhan, le pavillon allemand avec Anne Imhof (dont on a vu la performance Angst à la Biennale de Montréal l'automne dernier), le pavillon britannique avec Phyllida Barlow, le pavillon polonais avec Sharon Lockhart, le pavillon australien avec Tracey Moffatt, le pavillon brésilien (Cinthia Marcelle), le pavillon espagnol avec Jordi Colomer, le pavillon roumain qui présentera Geta Bratescu (91 ans) qui en est à sa troisième participation à Venise, et le pavillon américain avec un Mark Bradford bien décidé à faire part du fait que s'il représente son pays, il ne partage pas les vues de son président fraîchement élu...

Parmi les événements en parallèle à la Biennale de Venise, l'exposition de Damien Hirst au Palazzo Grassi, déjà abondamment commentée, sera très courue cet été. Mais il y a d'autres événements phares comme une expo consacrée à Carol Rama et une vingtaine d'événements collatéraux, dont l'expo Philip Guston, la renaissance de la Golden Tower de James Lee Byars, Michelangelo Pistoletto qui occupe la basilique de San Giorgio Maggiore et l'expo The Home of My Eyes de la toujours pertinente Iranienne Shirin Neshat au Museo Correr. Un programme chargé.




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