Barbara Claus chez Skol: intériorité plus tranquille

Barbara Claus n'aime pas qu'on la prenne en... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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Barbara Claus n'aime pas qu'on la prenne en photo. Toutes les astuces sont bonnes pour cacher son visage !

Photo Alain Roberge, La Presse

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Le centre des arts actuels Skol a invité Barbara Claus à exposer dans ses locaux du Belgo. L'artiste montréalaise a choisi d'y créer une installation éphémère, Petites incarnations (suite), excroissance idéalisée de son atelier qu'elle façonne depuis le 6 mars et jusqu'au 22 avril. Et que l'on visite sans souliers, SVP !

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On entre dans l'atelier reconstitué de Barbara Claus en quittant ses chaussures. On doit aussi ranger son téléphone pour ne pas être porté à prendre des photos...

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Une des cloisons de l'espace Skol rappelle un livre d'artiste que Barbara Claus a créé en utilisant le feu. Sur ce mur, des lignes droites ont été gravées horizontalement et parsemées de brûlures.

Photo Alain Roberge, La Presse

Comme dans une mosquée et dans une demeure dont on respecte l'intégrité, on entre dans l'atelier reconstitué de Barbara Claus en enlevant ses chaussures. On doit également ranger son téléphone pour ne pas être porté à prendre des photos... 

« Je prends le temps de travailler, alors les visiteurs doivent prendre le temps de s'arrêter », prévient l'artiste dont la démarche n'a pas pour vocation d'enseigner quoi que ce soit, mais de faire vivre une émotion au spectateur. 

Barbara Claus invite au rituel et à l'imprégnation. Les pieds collés au sol, le nez captant une odeur de miel, on en arrive assez vite à un repos de l'esprit. Le caractère précaire des choses, l'opposition entre l'éphémère et le permanent, et le sens du sacré tapissent son parcours artistique. 

Ses installations en développement sont sa véritable ritournelle. En 1993, Marie-Michèle Cron, alors critique d'art, disait déjà que Barbara Claus avait transfiguré les lieux avec ses interventions in situ. Un quart de siècle plus tard, c'est toujours le cas. 

« Finalement, on fait toujours la même chose. En fait, je pense qu'on se pose quelques questions dans la vie et on les traîne toute notre vie dans notre travail. J'ai toujours fait des monuments même s'ils ont pris toutes sortes de formes. » 

- Barbara Claus

Le journaliste et le photographe ont dû respecter son choix de ne pas révéler l'intégralité de ses réalisations au lectorat de La Presse+. Barbara Claus veut préserver un peu de la magie de la découverte. Une magie qu'elle souhaite partager avec les visiteurs. Elle vous invite à la rencontrer sur place, notamment en prenant le thé, le samedi 15 avril, entre ces quatre murs qu'elle transforme en un lieu de mémoire temporelle. 

ALU ET CIRE 

Sur le premier mur, à droite en entrant dans la salle, Barbara Claus a fixé des feuilles d'aluminium, imbriquées les unes sur les autres. Au milieu de cet agencement, elle a enchâssé le mot MORTE, ayant sculpté les grandes lettres métalliques dans le mur de plâtre. De façon progressive, la surface à la brillance aveuglante s'enchevêtre avec la cire d'abeille jaune vif dont l'artiste a recouvert le mur contigu. Quand nous sommes passés, Barbara Claus n'avait pas parachevé son idée d'étaler la cire chaude sur presque toute la surface du mur. 

Sur une troisième cloison, Barbara Claus a perforé la surface pour lui conférer un aspect de construction animale, comme le travail alvéolaire des abeilles, une surface sur laquelle elle a fait apparaître le mot RUINE en alternant soigneusement des lignes de couleur argent. Une ruine... en construction. Une ruine plus philosophique que reflétant le monde extérieur. Une ruine sur le sens de la vie. 

Enfin, le quatrième mur de plâtre rappelle un livre d'artiste que Mme Claus a créé en utilisant le feu. Chez Skol, elle a gravé des lignes droites horizontales, des « lignes de feu » parsemées de brûlures au sein même de la structure du mur.

PLUS DE MAÎTRISE

Contrairement à ses oeuvres antérieures, il y a moins de gravité dans le travail de cette artiste arrivée dans la jeune cinquantaine. Longtemps subjuguée par la mort, Barbara Claus a aujourd'hui plus de maturité, plus de maîtrise, moins de tourments. 

« Je n'ai plus rien à prouver, je suis vieille, je suis foutue, je suis obsolète et je suis morte aussi ! », répond-elle, en écho à un corpus précédent. 

Y aurait-il une renaissance chez Barbara Claus ? Peut-être. « Cela demande beaucoup de travail, dit-elle. Le fond de mon questionnement est peut-être plus philosophique qu'avant. Ce que je fais ici est peut-être une réflexion sur ce qui se passe à l'extérieur de l'atelier. » 

Barbara Claus ne veut pas trop plonger dans le conceptuel. Elle aime que ses interventions s'ouvrent à différentes interprétations. Pour nous laisser naviguer à souhait dans son univers sensible. Le démantèlement et le finissage de cette expérience artistique auront lieu l'après-midi du 22 avril. Les visiteurs pourront repartir avec des éléments de ces petites incarnations de la nouvelle intériorité de Barbara Claus. 

Au centre des arts actuels Skol (372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 313, Montréal), jusqu'au 22 avril. Du mardi au samedi, de 12 h à 17 h 30. Le jeudi jusqu'à 20 h.

La virée des galerie, en bref

ERUOMA AWASHISH

Après Reliques et passages, en 2014, la Guilde (ex-Guilde canadienne des métiers d'art) expose de nouveau les oeuvres méditatives de l'Atikamekw Eruoma Awashish. L'expo Onimiskiskaw Nitehik/Des éclairs dans mon coeur évoque le rituel, la filiation et nos identités composites issues de métissages génétique et culturel. Il y est aussi question de la mort de son père et de la naissance de sa fille.

À la Guilde (1460-B, rue Sherbrooke Ouest, Montréal), jusqu'au 29 avril. Du mardi au vendredi, de 10 h à 18 h, le samedi, de 10 h à 17 h.

JEAN-BENOIT POULIOT

La galerie Hugues Charbonneau présente l'expo L'image souple : inclinaisons et déclinaisons. Diverses créations de Jean-Benoit Pouliot sur une approche conceptuelle et réflexive de l'objet tableau. « En cette ère où nous découvrons plus souvent les tableaux sur nos écrans qu'en personne, Jean-Benoit a fait deux grands pas en arrière pour nous rejoindre dans notre espace de perception et réfléchir avec nous à l'expérience que nous faisons du tableau au XXIe siècle », explique le galeriste Hugues Charbonneau.

À la galerie Hugues Charbonneau (372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 308, Montréal), jusqu'au 22 avril. Du mercredi au samedi, de 12 h à 17 h.

DUO ST-CYR

Exposition originale ce printemps à la Maison Trestler de Vaudreuil-Dorion avec la présentation d'oeuvres de deux soeurs artistes, Joanne et Lise St-Cyr, regroupées dans La libellule et le papillon. Leurs huiles, acryliques, aquarelles et sculptures évoquent des univers différents, mais témoignent d'un même imaginaire foisonnant. « C'est une grande première pour nous, dit Lise St-Cyr. Après avoir eu, chacune, notre parcours artistique, c'est la première fois que nous exposons tant de toiles et d'oeuvres ensemble. » Les deux artistes rencontreront le public le dimanche 30 avril, de 13 h à 16 h.

À la Maison Trestler (85, chemin de la Commune, Vaudreuil-Dorion), jusqu'au 4 juin. Mardi au vendredi, de 9 h à 12 h et de 13 h à 17 h, dimanche, de 13 h à 16 h. 




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