Le photographe David Hamilton se serait suicidé

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David Hamilton s'est rendu célèbre dans les années 1970 pour ses photos floues qui ont suscité l'admiration, mais aussi de jeunes filles dénudées, sources de controverses.

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Sophie DEVILLER, Pauline TALAGRAND
Agence France-Presse
Paris

La piste du suicide était «privilégiée» par la police française après la découverte à son domicile parisien du corps du photographe britannique David Hamilton, récemment accusé de viols ou d'agressions sexuelles par plusieurs femmes.

«Aucun élément à ce stade ne nous oriente vers autre chose qu'un suicide. Il a été retrouvé mort à son domicile un sac sur la tête», a précisé une source proche de l'enquête à l'AFP.

Des analyses toxicologiques doivent être menées, des médicaments ayant été retrouvés dans la salle de bains du photographe, qui aurait ingurgité de l'alcool, selon une autre source proche de l'enquête.

C'est un voisin qui avait alerté les secours vendredi soir après avoir vu que la porte d'entrée du petit appartement du photographe était entrouverte. Les pompiers l'ont alors trouvé en arrêt cardio-respiratoire.

Installé à Paris à 20 ans, s'inspirant de la peinture impressionniste, David Hamilton s'est rendu célèbre dans les années 1970 pour ses photos floues qui ont suscité l'admiration - certains créant même l'expression de «flou hamiltonien» - mais aussi de jeunes filles dénudées, sources de controverses.

«Les féministes m'ont toujours laissé tranquille. Et mon travail n'a rien à voir avec la vulgarité de notre époque actuelle», avait-il répondu à ses détracteurs dans un entretien au magazine Gala en mai 2015.

Ses albums photographiques se sont vendus à près de deux millions d'exemplaires.

Flavie Flament... (AFP) - image 2.0

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Flavie Flament

AFP

«Dévastée»

Le nom du photographe avait ressurgi ces dernières semaines après des mises en cause de plusieurs femmes, dont l'animatrice française de radio et télévision Flavie Flament, pour des viols dans leur jeunesse, notamment après des séances photos.

David Hamilton avait démenti ces accusations et affirmé mardi son intention de porter plainte pour diffamation.

«Aujourd'hui, je ne fais l'objet d'aucune poursuite. Nous sommes au-delà de ma présomption d'innocence. Je suis innocent et dois être considéré comme tel», avait-il affirmé dans un communiqué transmis à l'AFP.

Aucune plainte n'a depuis été déposée au parquet de Paris, selon une source proche de l'enquête.

Dans son livre La consolation, Flavie Flament avait révélé avoir été violée il y a près de 30 ans par un photographe connu, dont elle ne dévoilait alors pas le nom.

Après la parution de son livre, d'autres femmes avaient témoigné dans la presse, sous pseudonyme, affirmant avoir subi le même sort.

L'animatrice avait fini par dévoiler le nom de son agresseur présumé la semaine dernière. «L'homme qui m'a violée lorsque j'avais 13 ans est bien David Hamilton», avait-elle affirmé dans un entretien filmé accordé à l'hebdomadaire français L'Obs.

«Je n'avais pas le droit de citer le nom de David Hamilton dans mon ouvrage parce que (...) la prescription aujourd'hui condamne doublement les victimes de viol», expliquait l'animatrice de 42 ans, évoquant les risques d'être poursuivie pour diffamation.

Si les agressions sexuelles sur mineurs sont imprescriptibles en Suisse ou au Royaume-Uni, en France les viols sur mineurs sont prescrits au bout de 20 ans, à compter de la majorité de la victime.

Cette affaire a reposé la question récurrente d'un allongement de ce délai, déjà revenue sur le devant de la scène au printemps lors d'accusations de pédophilie dans l'Eglise. Le gouvernement a annoncé son intention de «réfléchir» à une prolongation des délais, plusieurs fois retoquée par le Parlement.

«Dévastée», selon son éditrice par l'annonce de la mort de David Hamilton, Flavie Flament a réitéré vendredi soir ses accusations auprès de l'AFP, estimant que «l'horreur de cette annonce ne saura jamais effacer celle de nos nuits blanches».

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