Les Rolling Stones s'exposent à New York

Leur premier appartement miteux à Londres, les costumes flamboyants de Mick... (Photo Lucas Jackson, Reuters)

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Marie-Joëlle Parent

Collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) Leur premier appartement miteux à Londres, les costumes flamboyants de Mick Jagger, les journaux intimes de Keith Richards, les guitares de Ronnie Wood: les Rolling Stones font l'objet d'une vaste rétrospective à New York jusqu'en mars prochain. Le groupe rock anglais a participé activement, au cours des trois dernières années, à la conception d'Exhibitionism. Une mine d'or pour les fans.

L'exposition

Présentée dans une galerie de 1580 m2 et répartie dans neuf salles thématiques, l'exposition a été conçue comme un voyage immersif et interactif dans l'univers du groupe à travers 500 objets provenant de leurs archives personnelles. D'abord présentée à la Saatchi Gallery à Londres, l'exposition fera le tour du monde, après New York. Les Rolling Stones, qui lanceront leur premier album studio depuis plus d'une décennie le 2 décembre, étaient présents à l'inauguration de l'exposition avant-hier, de même que des personnalités du monde de la télé, du cinéma et de la mode.

Les débuts

L'exposition s'ouvre avec une reconstitution méticuleuse du premier appartement londonien occupé par le groupe en 1962 dans le quartier Chelsea, à Londres (au 102 Edith Grove). Un véritable taudis constitué de trois pièces et d'une salle de bain commune à l'étage. L'évier de la cuisine déborde de vaisselle sale, les cendriers sont remplis de mégots, le sol est couvert de bouteilles vides et de chaussettes, les lits sont défaits et le papier peint se décolle. Même l'odeur des lieux a été reconstituée: des effluves de poulet tandoori et de fish & chips embaument la pièce. «Ils étaient les chenapans les plus paresseux au monde, ils ne ramassaient jamais rien», explique Charlie Watts dans les notes de l'exposition. On découvre sur la table du salon les disques de Chuck Berry et Muddy Waters qui ont influencé Keith Richards et Mick Jagger à leurs débuts.

L'influence du blues

Keith Richards et Mick Jagger se connaissent depuis l'enfance. Ils se sont recroisés par hasard au début des années 60 à bord d'un train dans l'est de Londres. C'est à ce moment précis qu'ils se sont rendu compte de leur amour commun pour le blues, fait rare à l'époque, surtout à Londres. «Ce fut un choc de réaliser qu'on avait les mêmes goûts musicaux», explique Mick Jagger dans les notes de l'expo. On découvre dans la deuxième salle des extraits vidéo de leurs séances d'enregistrement aux légendaires Chess Studios à Chicago en 1964. Ils y rencontrent leurs idoles Muddy Waters et Buddy Guy. «Le fait d'avoir le soutien et l'approbation des personnes qu'on admirait tant, c'était un raccourci vers le paradis», raconte Keith Richards. «Je n'avais jamais vu un Blanc avec des cheveux aussi longs et des talons aussi hauts!», confie Buddy Guy à propos de Jagger.

Ronnie Wood, Keith Richards, Martin Scorsese, Mick Jagger... (Photo AFP) - image 2.0

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Ronnie Wood, Keith Richards, Martin Scorsese, Mick Jagger et Charlie Watts lors du dévoilement de l'exposition Exhibitionism à New York.

Photo AFP

La vie de studio

On découvre le studio d'enregistrement du groupe, une reconstitution à l'identique des Olympic Sound Studios à Londres, où le groupe a enregistré son premier single, Come On, et le documentaire Sympathy for the Devil de Godard. Les journaux intimes de Keith Richards sont exposés, tout comme le premier contrat de disque signé par le groupe en 1963 (il touchait 6 % des ventes de disques à l'époque). «Beaucoup d'enregistrements ont été faits à la manière de Keith: on jouait la chanson 20 fois de suite et on la laissait mariner encore 20 fois comme si c'était du jazz. On appelle ça travailler on Keith's time», explique Charlie Watts. Le groupe a enregistré partout, de Londres à Paris, en passant par Chicago, Hollywood, l'Alabama, la Jamaïque et dans son camion transformé en studio mobile, qu'il a aussi loué à des groupes comme Led Zeppelin, The Who et Queen 2500 $ par semaine.

Le pouvoir de l'image

Au deuxième étage sont exposées les nombreuses affiches de concerts et pochettes d'albums réalisées par des artistes comme Andy Warhol, David Bailey, Robert Frank. On raconte l'histoire derrière le célèbre logo du groupe - la bouche avec la langue sortie, conçue par l'artiste John Pasche. «J'ai rencontré Mick et il m'a montré un bout de papier avec une image qu'il aimait beaucoup d'une déesse indienne, Kali, avec la langue sortie. Je suis parti de ça. Plusieurs personnes pensent que c'est inspiré des lèvres de Jagger. Ce n'est pas le cas, mais peut-être un peu inconsciemment», indique l'artiste dans les notes de l'exposition.

Icônes de mode

Une salle entière est consacrée aux costumes de scène, portés essentiellement par Mick Jagger et dessinés par Alexander McQueen, Jean Paul Gaultier ou par sa défunte compagne, L'Wren Scott. Des photos montrent le groupe à ses débuts dans des costumes identiques au motif pied-de-poule. Une idée de leur imprésario, Andrew Loog Oldham, qui n'a pas duré longtemps. «On ne suivait pas les règles. Un groupe doit porter un uniforme et être propret. On pensait que c'était archaïque et stupide», explique Keith Richards. Ils ont inventé l'image du groupe rock moderne. «Les musiciens disent toujours que seule la musique compte. Ce n'est pas vrai. C'est ce que tu portes, de quoi tu as l'air, ton attitude, toutes ces choses», indique Mick Jagger.

3D

L'exposition se termine par une incursion en coulisse. On a recréé l'arrière-scène des tournées du groupe, un espace sacré auquel peu de gens ont accès. Dans la dernière salle, on peut regarder sur écran géant, lunettes 3D sur le nez, un extrait du concert à Hyde Park en 2013 qui soulignait le 50e anniversaire du band. Mick Jagger montre directement du doigt le visiteur en entonnant (I Can't Get No) Satisfaction. L'énergie du groupe est contagieuse. Frissons garantis.

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Exhibitionism est présentée à la galerie Industria à Manhattan (775 Washington Street) jusqu'au 12 mars 2017.

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