Pierre Bonnard, le peintre lyrique

Pont du Carrousel, 1903, Pierre Bonnard, huile sur... (Photo fournie par le MNBAQ)

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Pont du Carrousel, 1903, Pierre Bonnard, huile sur toile, 72,39 cm x 99,38 cm. Los Angeles County Museum of Art, don de M. et Mme Sidney F. Brody.

Photo fournie par le MNBAQ

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Le pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) accueille sa première exposition internationale avec les oeuvres du peintre français Pierre Bonnard (1867-1947). Une exposition préparée par la commissaire Jacqueline Munck, conservatrice du patrimoine au Musée d'art moderne de la Ville de Paris.

Jacqueline Munck, commissaire de l'exposition Pierre Bonnard... (Photo Idra Labrie, fournie par le MNBAQ) - image 1.0

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Jacqueline Munck, commissaire de l'exposition Pierre Bonnard

Photo Idra Labrie, fournie par le MNBAQ

Quelque 70 ans après sa mort, Pierre Bonnard est à la mode. Le musée d'Orsay de Paris lui consacrait une rétrospective fort courue l'an dernier (plus de 500 000 visiteurs), moins de dix ans après celle du Musée d'art moderne de la Ville de Paris et trois ans après l'exposition Bonnard à Bâle, en Suisse. Un musée Bonnard a été créé en 2011 au Cannet, sur la Côte d'Azur, où l'artiste a vécu les 20 dernières années de sa vie. Et ce mois-ci, le musée d'Orsay expose plus de 100 oeuvres de Pierre Bonnard et d'Édouard Vuillard grâce à un don du collectionneur Jean-Pierre Marcie-Rivière. 

L'intérêt pour Pierre Bonnard, peintre de la lumière, a longtemps été amoindri par une bataille d'avocats qui dura du milieu des années 50 jusqu'en 1963. S'opposaient les nièces de Marthe (la compagne et modèle du peintre) et les neveux et petits-neveux de Pierre Bonnard qui, tous et toutes, convoitaient les 700 toiles laissées dans son atelier à sa mort. « Toute une partie de l'oeuvre était ainsi occultée », explique Jacqueline Munck, commissaire de l'exposition Bonnard au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, en 2006.

C'est à Mme Munck que le Musée national des beaux-arts du Québec a confié le commissariat de cette première expo monographique consacrée à Pierre Bonnard au Canada. Elle permettra de découvrir ce précurseur de l'art moderne qui a conquis une partie du continent européen, notamment la Grande-Bretagne, où la Tate Gallery l'a célébré en 1998. 

L'exposition de Québec présente une quarantaine de tableaux aux teintes éclatantes provenant de collections européennes et nord-américaines, des estampes, des dessins et des photos de l'artiste. 

« Il y a des photos extraordinaires. La photographie que Bonnard pratiquait en amateur lui servait d'aide-mémoire pour son oeuvre. Cela permet de montrer son processus de création. » 

- Jacqueline Munck, conservatrice du patrimoine au Musée d'art moderne de la Ville de Paris et commissaire de l'exposition

Les amateurs peuvent admirer des photos de son quotidien, notamment de Marthe. La vie du peintre au visage émacié est aussi illustrée avec des films d'archives et des photos d'Henri Cartier-Bresson, Gisèle Freund ou Brassaï prises au Cannet, dans son atelier.

Contrairement à l'expo d'Orsay, le MNBAQ n'expose pas de grands décors que Bonnard avait créés. « Ce n'est pas le Bonnard décoratif qu'on souhaitait montrer, dit Mme Munck. Comme il s'agit d'une découverte pour le Canada, on a voulu rester au plus près d'un Bonnard plus intime et nous arrêter sur sa période du tout début, quand se met en place son travail parisien. » 

Peintre, illustrateur, graveur et affichiste, Pierre Bonnard a été, à l'âge de 20 ans, un des fondateurs du mouvement des nabis. On l'appelait le « nabi très japonard », en raison de son intérêt pour l'art japonais, alors très en vogue en France. Mais c'est le lyrisme de ses couleurs imaginaires qui fera sa réputation.

OEUVRES RAREMENT MONTRÉES

L'expo aborde, avec la séquence Paris, la rue, la vie, les années au cours desquelles l'artiste a fréquenté les écrivains et artistes socialistes et anarchistes de la Revue blanche. « À l'époque, il faisait des programmes pour le théâtre, dit Mme Munck. Il travaillait avec son ami Alfred Jarry dont il a dessiné les marionnettes d'Ubu roi en 1898. »

L'expo offre au regard des peintures de ses proches, des paysages de la Normandie ou de la Côte d'Azur. « Avec des oeuvres plus rarement montrées qui mettent en place les premières fenêtres qui s'ouvrent sur des paysages, la table ronde, les petits rideaux et les intérieurs, dit Jacqueline Munck. Le but est aussi de montrer la façon dont il passa du foyer familial à un foyer différent, celui de la couleur qui agit. » 

En 2016, quelle résonance peut bien avoir Bonnard ? « Il a intéressé des artistes comme Giuseppe Penone et des plus jeunes, notamment Peter Doig », répond Mme Munck. 

L'expo est accompagnée d'un catalogue signé par Jacqueline Munck et d'autres historiens de l'art comme Véronique Serrano, conservatrice au musée Bonnard, les commissaires Dita Amory et Emmanuelle de l'Ecotais, le critique d'art Itzhak Goldberg, la conservatrice honoraire du Centre Pompidou Isabelle Monot-Fontaine et le collectionneur et galeriste Adrien Maeght. 

Pierre Bonnard, au Musée national des beaux-arts du Québec (179, Grande-Allée Ouest, Québec), jusqu'au 15 janvier

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