The Power Plant: apaisement dans la Ville Reine

La galerie Power Plant présente, jusqu'au 5 septembre... (Photo Éric Clément, La Presse)

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La galerie Power Plant présente, jusqu'au 5 septembre au bord du lac Ontario, deux expositions de Franz Erhard Walther et Ulla von Brandenburg, une expérience qui apaise le visiteur.

Photo Éric Clément, La Presse

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À quelques mètres du lac Ontario et à l'ombre de ces géants de vitres, d'acier et de béton qui poussent comme des champignons sur le Waterfront torontois, la galerie Power Plant est, ces jours-ci, un océan de zénitude. Gaëtane Verna, la directrice de Power Plant depuis quatre ans, a concocté une double exposition inspirante avec les installations de Franz Erhard Walther et d'Ulla von Brandenburg.

Il s'agit de la première expo solo d'envergure au Canada pour Franz Erhard Walther, un artiste né en 1939 qui invite le public à entrer en contact avec ses oeuvres en tissu. Walther travaille sur le thème de l'action et du corps, un corps entendu comme élément d'intervention.

Dans la salle d'expo principale, un employé de Power Plant peut, à votre demande, vous faire interagir avec les oeuvres de Walther. «Le corps devient le piédestal de ses sculptures, dit Gaëtane Verna, la commissaire de l'expo. Lors du vernissage, il m'a donné un demi-manteau et m'a dit: "Maintenant, sois une sculpture ambulante"!»

Activer les sculptures

On peut s'asseoir sur certaines de ses oeuvres, s'en recouvrir ou interagir avec elles, seul ou à deux. Pour Walther, ce n'est pas une performance. On ne joue pas de rôle, on active, en silence, une sculpture textile. L'interaction à deux nécessite synchronisme et harmonie. Il faut se regarder dans les yeux. Il y a une forme de communication dans l'art de Franz Erhard Walther. D'où le titre de l'exposition: Call to Action.

Une série de 10 films montre Walther, à travers les âges, «activer» ses tissus en plein air ou en intérieur. 

«Né au début de la Seconde Guerre mondiale, Franz a la volonté, je crois, d'aller au-delà du formalisme et de nous dire qu'on a, en chacun de nous, le pouvoir de changer l'espace ou le paysage, notre environnement et notre vie», explique Gaëtane Verna, directrice de la galerie The Power Plant.

Des oeuvres sont suspendues aux murs, faites de tissus cousus et fixés sur des cadres. Des sculptures souples, chaudes, enveloppantes, qui donnent envie de s'y réfugier. D'autres sont une recherche sur l'alphabet, des pièces à l'apparence statique mais qu'on pourrait activer.

Des esquisses montrent aussi le travail de création de Franz Erhard Walther qui, comme pour un couturier, débute par un dessin. Croyant l'insulter, Joseph Beuys a d'ailleurs lancé un jour avec mépris que Walther voulait devenir couturier. Il ne s'est pas beaucoup trompé, mais si Walther use du tissu, ce n'est pas pour du prêt-à-porter mais pour fabriquer du lien...

Vue de l’installation de l’exposition Call to Action de... (Photo Toni Hafkenscheid, fournie par The Power Plant.) - image 2.0

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Vue de l’installation de l’exposition Call to Action de Franz Erhard Walther présentée à la galerie Power Plant, à Toronto, jusqu’au 5 septembre. Des créations produites par l’artiste allemand des années 50 à aujourd’hui.

Photo Toni Hafkenscheid, fournie par The Power Plant.

Ulla von Brandenburg

Ulla von Brandenburg s'intéresse elle aussi au tissu dans sa symbolique de croisement, de métissage et de rassemblement. Il lui permet d'évoquer des rites, des us et des coutumes qu'elle tricote et détricote avec la danse des corps et celle des images.

On retrouve dans son film It Has a Golden Sun and a Elderly Grey Moon des textiles dont les teintes ferriques rappellent celles de Walther. «Ulla connaît très bien le travail de Franz, dit Gaëtane Verna. Elle a étudié à la même académie où il a enseigné et son travail l'a influencée.»

Également présenté à la Fonderie Darling, à Montréal, le film est accompagné à Toronto d'un podium différent et plus petit que celui du centre d'arts montréalais. Mais l'intérêt de l'expo à Power Plant réside dans le visionnement de 10 petits films qu'Ulla von Brandenburg a réalisés de 2005 à 2014 et qui illustrent son parcours.

Que ce soit avec le tableau vivant de Mi-Carême/Mid-Lent Sunday (2005), le squelette en mouvement de Danse macabre (2006), le musicien de The Record (2005-2014) ou la mise en scène de The Street (2013), l'artiste démontre chaque fois son sens de la théâtralité. Avec des espaces architecturaux soignés, des personnages à la voix décalée et des scénarios surréalistes ou mystérieux. À la fois expérimental et profond, délicat et harmonieux, son travail, comme celui de Franz Erhard Walther, est porteur d'un message de modernité et d'humanisme. On en a bien besoin...

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Au Power Plant (231 Queens Quay West, Toronto), jusqu'au 5 septembre.

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