25 x La révolte!: Hugo Latulippe, ou créer pour avancer

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Créer pour aller vers un monde meilleur. Voilà ce qui anime depuis toujours Hugo Latulippe. En vedette au Musée de la civilisation, à Québec, son exposition 25 x La révolte! retrace 25 mouvements sociaux et politiques survenus depuis 1989 sur la planète et éveille la conscience citoyenne de chacun.

Cinéaste, producteur, auteur et maintenant artiste visuel et commissaire, Hugo Latulippe est passionné par les arts. Après des années de cinéma documentaire, il a élaboré - à la demande du Musée de la civilisation - une exposition sur les mouvements sociaux et politiques de la planète, de la chute du mur de Berlin, en 1989, jusqu'en 2014.

L'expo 25 x la révolte! offre un point de vue assumé, celui d'un auteur qui se range, sans le claironner, du côté de ceux qui souhaitent une politique économique plus juste, une planète plus propre et une démocratie plus saine. 

Les cinq grands thèmes de l'exposition sont le féminisme, les droits des LGBTQ, l'écologie, les conséquences du modèle économique occidental et les droits autochtones. Hugo Latulippe a choisi 25 événements internationaux pour lesquels il présente 18 portraits d'instigateurs, d'acteurs ou de témoins de ces événements. 

Le visiteur peut ainsi visionner - dans 18 petits espaces de projection - des vidéos sur des sujets historiques tels que les manifs de la place Tiananmen, l'insurrection des Zapatistes, les premières élections libres en Afrique du Sud, la marche féministe Du pain et des roses, au Québec, les manifs à Seattle contre la libéralisation des échanges, le printemps érable ou encore les paysans indiens qui se sont insurgés contre les multinationales de semences qui s'approprient le patrimoine vivant de l'humanité.

Le visiteur de 25 x La révolte ! peut... (Photo fournie par le Musée de la civilisation) - image 2.0

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Le visiteur de 25 x La révolte ! peut visionner – dans 18 espaces – des vidéos sur des sujets tels que les manifs de la place Tiananmen, les premières élections libres en Afrique du sud, la marche féministe Du pain et des roses ou encore le Printemps érable au Québec.

Photo fournie par le Musée de la civilisation

Le portrait d'une nouvelle génération

Hugo Latulippe est ainsi allé filmer des protagonistes de ces événements partout dans le monde et en a rapporté des entretiens aussi passionnants que concis, qui forment, ensemble, le portrait d'une nouvelle génération politique. Avec un regard neuf, une autre façon de concevoir la vie en société.

Le bloc sur WikiLeaks est à ce propos très intéressant. Il développe l'impact de l'organisation de Julian Assange, qui a révélé maints cas de corruption et des violations des droits de l'homme. Et il rappelle que l'actuelle candidate du Parti démocrate, Hillary Clinton, avait déclaré que WikiLeaks «était une attaque contre les États-Unis et contre toute la communauté internationale». WikiLeaks, qui a révélé que c'était bel et bien l'armée américaine qui avait tué un photographe de Reuters à Bagdad en 2007... 

L'expo ravira l'amateur d'actualité politique et de débats d'idées, car elle est porteuse d'espoir. Le cinéaste a d'ailleurs créé une application, La légende du monde futur, pour permettre aux visiteurs d'écrire - au centre de la salle d'exposition - des propositions d'articles d'une «constitution du monde souhaité». Ce projet de constitution du futur comprenant 25 articles sera dévoilé à l'issue de l'expo. 

«L'expo est orientée vers la prospective, vers l'idée de fabriquer ce qui s'en vient. Je voulais que les gens qui la visitent ne soient pas seulement passifs et qu'ils en sortent avec l'idée du mouvement.» 

Au-delà du processus créatif, Hugo Latulippe désire en effet créer du mouvement dans le but d'améliorer des situations. Mais si des communautés contestent les systèmes en place quand ils sont injustes, les choses ne changent pas vite... 

«J'ai toujours l'idée qu'on ne progresse pas sur la planète et qu'au contraire, on recule, dit-il. Mais quand on rencontre des porteurs de feu, comme José Bové, Gabriel Nadeau-Dubois ou Jay Naidoo, le bras droit de Nelson Mandela, on s'aperçoit qu'ils ont tous une idée en tête, une étoile vers laquelle on se dirige. Peut-être qu'on ne l'atteindra pas, mais on marche vers elle et elle donne un sens à notre vie. Comme José Bové, dont les combats ont permis l'adoption de lois protectrices de l'environnement et de la santé, au niveau européen. Ça lui a pris 30 ans de lutte. Avec patience et pugnacité, on finit par marquer des points.» 

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Au Musée de la civilisation (85, rue Dalhousie, Québec), jusqu'au 17 mars 2017.

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