Banksy s'expose à Rome, mais son mystère reste entier

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Mettre en place cette exposition «a été une entreprise très compliquée parce que, comme chacun sait, l'artiste, en plus d'être difficile d'accès, est réticent à l'idée de collaborer», a précisé Emmanuele Francesco Maria Emanuele, président de la Fondation de Rome.

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Edith Marot
Agence France-Presse
Rome

Quelque 150 oeuvres de Banksy, champion du street art, sont rassemblées depuis ce mardi à Rome, dans l'une des plus importantes expositions jamais réalisées autour de cet artiste, qui n'en demeure pas moins à entretenir le mystère sur sa personne.

En découvrant l'exposition «Guerre, capitalisme et liberté», la première qui rassemble une si large collection des oeuvres de Banksy dans un musée, le visiteur tombe sur une oeuvre qui, d'entrée, donne le ton. L'image représente une vente aux enchères, avec, au premier plan, un tableau sur lequel est inscrit : «Je ne peux pas croire que vous achetiez cette merde, crétins que vous êtes».

Dans ses rares interviews, toujours par courriels, l'artiste fait part de la contradiction qui peut exister chez un artiste entre la gratuité de sa création et la nécessité de vendre ses oeuvres pour vivre.

«En réalité, Banksy exerce son art de deux manières : d'abord, le street art (...). Et puis un art commercial, qu'il a toujours pratiqué pour remplir son assiette», a déclaré à l'AFP Acoris Andipa, co-commissaire de l'exposition et directeur de la galerie londonienne Andipa Gallery, où la plupart des oeuvres exposées ont été achetées.

«Difficile d'accès»

Mettre en place cette exposition «a été une entreprise très compliquée parce que, comme chacun sait, l'artiste, en plus d'être difficile d'accès, est réticent à l'idée de collaborer», a précisé de son côté Emmanuele Francesco Maria Emanuele, président de la Fondation de Rome, qui abrite cette exposition. Selon ses propos, le refus de Banksy à entrer dans le jeu des musées explique que l'exposition romaine ait dû faire appel à des collectionneurs privés du monde entier.

Datés entre 1998 et 2011, les peintures et les objets du maître de l'art de rue sont exposés à travers une dizaine de salles du Palazzo Cipolla, en plein centre de Rome. Parmi ses oeuvres les plus célèbres, on trouve le pochoir Love is in the Air (Flower Thrower), qui représente un jeune homme, le visage dissimulé par un foulard, façon comme une autre de mettre en scène son propre mystère. Son corps est tendu comme pour jeter un projectile, alors qu'il s'agit en fait d'un bouquet de fleurs.

Le graffeur, qui est aujourd'hui l'un des artistes les plus reconnus au niveau international pour ses oeuvres murales réalisées à travers le monde, continue à maintenir le secret autour de lui. Interrogé sur ce que l'artiste pourrait penser d'une telle exposition, Acoris Andipa entretient volontiers le mystère : «Je n'en ai aucune idée, vous devrez le lui demander. Ce pourrait même être vous, pour autant que je sache !»

En 2008, le Daily Mail, un tabloïde britannique, avait pourtant affirmé avoir identifié l'artiste en s'appuyant sur le témoignage d'anciens camarades de classe de l'artiste, à Bristol. Début mars 2016, des scientifiques de l'université Queen Mary de Londres ont affirmé la même chose, grâce cette fois à une méthode utilisée par la police criminelle pour démasquer les tueurs en série, basée sur les 140 lieux où l'artiste a exposé, entre Londres et Bristol.

Banksy est aussi l'artiste de rue le plus coté au monde. Ses oeuvres, qui font régulièrement l'objet de ventes, peuvent se vendre jusqu'à plusieurs centaines de milliers de dollars ... y compris aux enchères.

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