Enchères à New York: le marché s'est assagi

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La sculpture Lui de l'Italien Maurizio Cattelan représentant Adolf Hitler en train de prier a été adjugée 17,1 millions de dollars.

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Thomas Urbain
Agence France-Presse
New York

Les enchères de printemps à New York, qui se sont achevées jeudi soir, ont rassuré sur la tenue du marché de l'art, qui s'est assagi sans s'effondrer, soutenu par des acheteurs plus avertis.

Depuis les enchères du printemps 2015 à New York, feu d'artifice à 2,6 milliards de dollars, le marché navigue à vue, déstabilisé par le ralentissement économique en Chine.

«Il y a eu un changement. Les gens qui achètent sont plus intelligents», observe Christopher D'Amelio, associé au sein de la galerie David Zwirner, qui possède deux antennes à New York et une autre à Londres.

«Il n'y a plus cette euphorie un peu tendance qu'il y a peut-être eu auparavant», selon lui.

Christie's et Sotheby's ont donc abordé avec précaution cette semaine cruciale pour eux.

«Nous avons été prudents et ça a été sain», a admis dimanche le président de Christie's International, Jussi Pylkkänen, après la première vente qui lançait la semaine.

«Les enchères ont été mesurées, à un point que je n'avais pas vu depuis trois ou quatre ans», a-t-il reconnu deux jours plus tard, après une autre vente.

Pour lui, «la sélection (des pièces) demeure très importante», il faut «choisir exactement le type d'oeuvres adapté, qui peuvent attirer le marché».

«Ce soir, nous avons réussi exactement ce que nous avions prévu: concevoir une vente qui corresponde aux goûts du marché», a commenté mercredi Grégoire Billault, responsable de l'art contemporain, dans un discours similaire.

Même si les estimations ont régulièrement été un peu élevées, les deux grandes maisons ont réussi à placer une proportion remarquable de leurs lots, à l'exception de la vente de lundi, à l'issue de laquelle seules deux tiers des oeuvres ont été vendues.

Comme prévu, le total des ventes a dépassé le milliard de dollars.

Les acheteurs asiatiques sont bien là

Plus encore que le moderne, c'est aujourd'hui l'art contemporain qui a le vent en poupe.

Mardi, un tableau géant de Jean-Michel Basquiat a établi un nouveau record pour l'artiste, à 57,2 millions de dollars.

De nombreux artistes modernes et contemporains de second rang ont également atteint des prix jamais vus.

Cela a notamment été le cas pour l'Italien Maurizio Cattelan (55 ans) et son Lui, une sculpture représentant Adolf Hitler en train de prier, adjugée 17,1 millions de dollars.

Jeudi en clôture, Dos desnudos en el bosque (La tierra misma) de Frida Kahlo a aussi établi un nouveau record pour la peintre mexicaine, à 8 millions de dollars.

«Il y a encore beaucoup de richesses dans le monde (...) et on ne manque pas d'acheteurs. Simplement, il faut être honnête avec eux, être juste sur vos prix et avoir de bonnes pièces», analyse Christopher D'Amelio.

Les acheteurs asiatiques, dont tout le monde redoutait la raréfaction, sont bien là.

«Ils sont actifs depuis quelque temps déjà, mais là, ils commencent à comprendre d'autres genres: l'abstrait, le minimalisme, des choses qui n'étaient pas évidentes quand nous avons commencé à exposer là-bas», explique Christopher D'Amelio, qui va à la rencontre des clients asiatiques.

«Il y a une volonté d'apprendre, un appétit, et je crois que j'en ai vu les effets» mardi et mercredi, lors des ventes aux enchères, explique-t-il.

La toile monumentale de Basquiat est ainsi allée au Japonais Yusaku Maezawa, qui a dépensé près de 100 millions de dollars en deux jours, notamment sur des oeuvres moins connues comme un tableau du peintre roumain Adrian Ghenie.

Des acheteurs asiatiques se sont également positionnés sur des oeuvres des peintres abstrait Willem de Kooning et Joan Mitchell, ainsi que du minimaliste Donald Judd, a indiqué Saara Pritchard, responsable de l'art contemporain chez Christie's.

«Nous nous concentrons sur la relation avec cette nouvelle clientèle», explique Jussi Pylkännen, «qui voit, en particulier, la peinture abstraite des XX et XXIe siècles avec des yeux neufs».

«Leur intérêt est vraiment sincère», insiste Christopher D'Amelio, qui pense que «ce n'est que le début».

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