Fernand Leduc: lumière mexicaine

L'exposition Ciels d'hiver à Chapala comprend quelques photographies de... (PHOTO ED KOSTINER, FOURNIE PAR ISABELLE LEDUC)

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L'exposition Ciels d'hiver à Chapala comprend quelques photographies de Fernand Leduc prises alors qu'il était en vacances dans la région du lac de Chapala, au Mexique.

PHOTO ED KOSTINER, FOURNIE PAR ISABELLE LEDUC

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L'Espacio México présente, jusqu'au 17 mai, Ciels d'hiver à Chapala, série de pastels que le peintre Fernand Leduc (1916-2014) a réalisés en 2007 et 2008 lors de deux séjours fructueux au Mexique au cours desquels il s'était nourri de la lumière locale...

Après avoir passé plus de 50 ans en Europe, Fernand Leduc était revenu au Québec en mai 2006, à l'âge de 90 ans, éprouvé par le décès de sa chère conjointe, la poétesse Thérèse Renaud, survenu à Paris, en décembre 2005. 

Comme Stanley Cosgrove dans les années 40, Fernand Leduc est allé se ressourcer au Mexique durant les deux hivers de 2007 et 2008. Pour se donner un nouvel élan de vie, mais aussi pour «redémarrer» son activité picturale et découvrir une nouvelle lumière, après celles de France et d'Italie.

«Quand il est revenu de son séjour à Chapala après le premier hiver, il nous avait dit avoir été emballé par le Mexique et le travail qu'il avait fait là-bas», raconte René Viau, son gendre et commissaire de l'exposition Ciels d'hiver à Chapala

Fernand Leduc restait au sud de Guadalajara, au bord du lac de Chapala. Il avait emporté son stock de papier et tout le matériel nécessaire pour pouvoir travailler, ce qui ne l'empêchait pas de se baigner tous les jours, selon René Viau. 

«Il a découvert là-bas une autre lumière, très forte, qu'il avait reçue comme un éblouissement.»

C'est l'Espacio México, créé par le Consulat général du Mexique à Montréal, qui a souhaité la présentation de cette exposition. La galerie avait déjà présenté - en 2007 - les oeuvres d'un autre peintre canadien qui adorait le Mexique, David Sorensen, décédé il y a cinq ans. 

Les oeuvres de Ciels d'hiver à Chapala proviennent de la collection personnelle d'Isabelle Leduc, artiste et fille du peintre, du Fonds Fernand Leduc et de Jeanne Renaud, soeur de Thérèse.

Ciels d'hiver à Chapala E, de 2008, offre de doux dégradés de vert, dégradés vaporeux, sans limites et ponctués si délicatement de pointes de rouge, d'orange et de bleu qu'on discerne à peine ces teintes. On imagine un ciel de nuages à travers lesquels la lumière est parvenue à se frayer un chemin. Sempiternel travail de la lumière et de la transparence de Fernand Leduc. Et sa quête incessante de traduire cette clarté dans ses variantes climatiques.

Dans une tonalité bleu turquoise et mauve, on retrouve avec l'oeuvre Ciels d'hiver à Chapala A la même impression avec une luminosité qui s'amoindrit progressivement, des couleurs plus sombres reflétant un hiver plus profond, une journée qui s'évanouit petit à petit. 

«Un monde pictural plus proche de Monet ou de Turner que de toute autre austérité minimale», estime René Viau.

Le travail semble avoir été légèrement différent avec Ciels d'hiver à Chapala 24. Le signataire de Refus global a ordonné un étagement discipliné de pigments: vert d'eau, fuchsia, orange, quelques variations de bleu. Chaque niveau est uniformément recouvert d'un voile gris qui suggère l'aspect évanescent d'une ambiance plus humide.

Série Mexicana

L'Espacio México présente aussi quelques pièces de sa Série Mexicana, des pastels gras sur papier déclinés dans des teintes de vert, de bleu, de mauve, d'orange et de rouge. Toujours avec une couleur dominante qui emprisonne un fond légèrement contrasté, jamais appliqué de la même façon. 

«Il a toujours fait des pastels durant ses vacances, et à Chapala, la lumière et la végétation l'inspiraient», explique Isabelle Leduc.

L'expo comprend aussi quelques photos de Fernand Leduc prises dans la région du lac de Chapala. Des photos d'Ed Kostiner, le partenaire de Jeanne Renaud, avec qui il avait ouvert la Galerie III, de 1971 à 1975, rue Saint-Sulpice. Des photos qui montrent un Fernand Leduc enjoué et en forme. En pleine possession de ses talents artistiques pour transmettre la chaleur et les couleurs vives du Mexique.

«Ce n'est pas parce que ma peinture est non figurative qu'elle est coupée du monde où je vis», disait ce peintre de lumière.

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À l'Espacio México (2055, rue Peel, Montréal), jusqu'au 17 mai.

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