Le nouveau musée Chaplin entre en scène

Imaginez que votre corps glisse sur les énormes roues d'une gigantesque chaîne... (PHOTO AFP)

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Nina Larson
Agence France-Presse
Corsier-sur-Vevey, Suisse

Imaginez que votre corps glisse sur les énormes roues d'une gigantesque chaîne de montage d'usine comme Charlie Chaplin dans Les temps modernes ou que vous vous retrouvez dans une cabane en équilibre au bord d'une falaise, comme dans La ruée vers l'or.

Ces rêves les plus fous seront bientôt une réalité grâce à l'ouverture dimanche d'un musée à la gloire de Charlot, le «génie des génies», dans le petit village suisse de Corsier-sur-Vevey, sur les hauteurs du lac Léman.

Intitulé Chaplin's World By Grévin, le musée, dont la planification et la réalisation ont duré 15 ans, est implanté dans le Manoir de Ban, magnifique demeure où Charlie Chaplin (1889-1977) a passé les 25 dernières années de sa vie, de 1953 à 1977, en compagnie de sa femme Oona et de leurs huit enfants.

«Il voulait que les gens se souviennent de lui. C'est pour ça qu'il faisait des films», a déclaré un de ses fils, Eugene, 62 ans, à l'AFP. «Je pense que cela lui plairait», a-t-il ajouté.

En 1952, Chaplin, venu faire la promotion d'un de ses films en Europe, s'était vu interdire de retourner en Amérique, alors en proie à la fièvre anticommuniste du maccarthysme, malgré ses dénégations sur ses prétendues sympathies communistes. Il décida alors de s'installer en Suisse, à Corsier-sur-Vevey.

Le Manoir de Ban, entouré d'un parc de quatre hectares mettant en valeur les arbres centenaires tant aimés par l'artiste et offrant une vue imprenable sur les Alpes, a été minutieusement restauré et ses 500 m² sont entièrement consacrés à la personne de Charlie Chaplin et à sa vie de tous les jours.

Ses films prennent vie

Le groupe des musées Grévin, chargé du musée, a par ailleurs reconstitué dans un bâtiment séparé, situé dans les jardins du manoir, un studio hollywoodien de 1350 m², pour permettre de se replonger dans l'oeuvre de Charlot.

Le parcours débute par un montage d'images retraçant la vie et l'oeuvre de Chaplin et se poursuit dans une rue, sortie tout droit d'un décor d'Easy Street, une des ambiances les plus emblématiques de ses films.

Les visiteurs peuvent entrer chez le célèbre barbier du Dictateur et dans le restaurant du film L'émigrant dans lequel Charlot mange sa chaussure.

«Ce qui m'a réellement touché, c'est de voir comment ils ont rendu vivants ses films en mêlant des extraits au décor», a expliqué son autre fils, Michael Chaplin, qui se souvient que son père «était toujours en mouvement» comme le musée, «ce qui est magnifique».

«Nous avons travaillé très dur pour que le musée soit aussi vrai que possible», a souligné l'un de ses concepteurs, Yves Durand.

Chapeau, canne et personnages de cire

Au manoir comme au studio, le parcours est ponctué de rencontres avec plus de trente personnages de cire créés par Grévin. On croise des répliques de Charlie Chaplin et Oona, Charlot, les acteurs et actrices de ses films, Claire Bloom, Paulette Goddard ou Sophia Loren, et aussi ses amis et ceux qui ont compté dans sa vie: Albert Einstein, Winston Churchill, tout comme les artistes qui se sont fortement inspirés de son oeuvre, comme Roberto Benigni, Federico Fellini ou encore Michael Jackson.

Quelques pièces du manoir ont par ailleurs été reconstituées avec le mobilier et ses objets personnels, pour la première fois exposés au public.

Le chapeau et la canne, inséparables de l'image de Charlot, ne pouvaient manquer. Tout comme les pantalons déchirés et chaussures rapiécées qu'il porte dans Le kid.

«C'est la première fois que j'ai vu le costume, la canne, le chapeau et les chaussures», assure Michael Chaplin, pour qui «c'est assez émouvant de voir ça».

Le public peut également voir le certificat d'anoblissement de Chaplin, signé par la Reine Elisabeth II en 1975, et l'Oscar pour Les feux de la rampe que Chaplin obtint en 1973, quelques années avant son décès.

Le grand acteur est décédé au Manoir de Ban à l'âge de 88 ans, le jour de Noël 1977.

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