Une maison d'enchères renonce à la vente d'un tableau volé

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Agence France-Presse
Vienne

Une maison d'enchères de Vienne a renoncé à vendre un tableau flamand du 17e siècle, provenant d'un fonds pillé en 1943 en France par les nazis et réclamé par une héritière du bien spolié, a-t-on appris lundi auprès de l'avocat de cette institution.

Issu de la collection Schloss, un Portrait d'homme de Bartholomeus van der Helst (1613-1670) devait être mis en enchères mardi par la maison d'enchères Im Kinsky, pour le compte d'un particulier autrichien qui l'avait acquis en 2004.

«Nous avons renoncé à cette vente sur demande du ministère français de la Culture, qui nous a signalé qu'une plainte contre X concernait la collection Schloss», a indiqué à l'AFP Me Ernst Ploil, avocat et cogérant d'Im Kinsky.

Selon lui, le vendeur avait acquis «de bonne foi» ce tableau estimé entre 15 000 et 30 000 euros, et ne peut à ce titre être mis en cause en droit autrichien. Ce particulier est toutefois disposé à conclure un «arrangement équitable» avec l'autre partie, a-t-il assuré.

Pour Me Antoine Comte, avocat parisien de l'héritière, il faut «restituer le tableau à ses légitimes propriétaires». «Aucune bonne foi n'est possible concernant un tableau acheté en 2004 et qui figure dans toutes les bases de données de biens spoliés, ainsi que dans le registre d'Interpol», souligne-t-il.

Grand amateur d'art décédé en 1910 à Paris, le collectionneur Adolphe Schloss avait constitué une importante collection d'art hollandais et flamand.

Trois-cent-trente-trois de ces oeuvres avaient été saisies par les nazis en 1943 dans le cadre de leur politique de spoliations antisémites. Une grande partie d'entre elles étaient destinées à un musée prévu par Hitler à Linz (Autriche). Le Portrait d'homme de van der Helst figurait parmi les 167 oeuvres, sur ces 333, dont on n'avait retrouvé aucune trace, rappelle Me Comte.

Le ministère français de la Culture a indiqué privilégier «la voie de la médiation» pour «négocier avec les actuels propriétaires du tableau». Une plainte pour «recel» sera envisagée en cas d'échec de ces pourparlers, a prévenu Me Comte.

L'Autriche a parachevé le 7 avril la restitution des oeuvres spoliées présentes dans ses collections publiques et parapubliques, avec la remise de deux dessins d'Egon Schiele à l'héritière d'un collectionneur juif. Mais sa loi de restitution de 1998 ne concerne pas les biens acquis de «bonne foi» par des privés.

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