Nadia Myre: choc culturel

Vue de l'exposition Decolonial Gestures or Doing it... (PHOTO MARILYN AITKEN, FOURNIE PAR LE MUSÉE MCCORD)

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Vue de l'exposition Decolonial Gestures or Doing it Wrong? Refaire le chemin de Nadia Myre au Musée McCord.

PHOTO MARILYN AITKEN, FOURNIE PAR LE MUSÉE MCCORD

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Mario Cloutier

Artiste en résidence au musée McCord, Nadia Myre effectue à rebours le chemin menant à l'identité culturelle. Avec des résultats surprenants.

Pour sa résidence au musée McCord, Nadia Myre s'est donné beaucoup de peine. Créer des objets artisanaux d'inspiration autochtone à partir de vagues indications provenant d'une autre époque.

L'artiste aux racines algonquines s'est inspirée de publications de l'ère victorienne démontrant un goût pour les objets «exotiques» autochtones. À partir de la description orale des patrons publiés dans des revues, sans connaître la nature des objets, elle en a fabriqué de nouveaux qui ressemblent, peu ou prou, aux artefacts originaux.

Avec cette démarche, Nadia Myre déconstruit le regard posé par une société blanche et bourgeoise sur le patrimoine culturel autochtone. Déjà rompue à la technique du tressage, l'artiste a dû apprendre carrément de nouvelles façons de faire pour reproduire des objets dont elle ignorait même le nom.

Que les résultats se rapprochent ou non des objets originaux importe peu, la lauréate du prix Sobey 2014 pose les questions de l'appropriation, de l'ethnocentrisme et de l'identité. À l'envers, en quelque sorte, d'une attitude coloniale. Du bas vers le haut, du geste et de l'objet vers la réalisation.

Une vidéo fort pertinente montre les mains de l'artiste au travail. Essais, erreurs, 100 fois sur le métier... Nadia Myre part de ses propres connaissances et habiletés pour, d'abord, retrouver les gestes et, ensuite, recréer un nouvel imaginaire artisanal.

Ce processus renvoie aux préjugés des uns et des autres envers ce qu'est «l'autre». Comme si l'artiste remontait le temps vers une authenticité qui ne serait ni celle des Blancs, ni celles des membres des Premières Nations de l'époque, mais la sienne propre.

Un entre-deux qui porte une simplicité et une vérité bien à elle. Elle crée des objets qui font penser à un art premier, dans le sens de naïf, mais aussi d'original. Il y a quelque chose de très personnel dans ce projet à l'aveugle, dans cette façon d'exprimer et d'assumer la mixité, d'être Nadia Myre.

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Au musée McCord jusqu'au 29 mai.

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