Le MoMA célèbre Edgar Degas

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Thomas Urbain
Agence France-Presse
New York

Le musée d'art moderne (MoMA) de New York consacre, à partir de samedi, une exposition au peintre impressionniste français Edgar Degas centrée sur son travail autour du monotype, symbolique de son goût pour l'expérimentation.

Pour l'exposition, qui se tient jusqu'au 24 juillet, le MoMA a réuni 180 pièces, prêtées par 89 entités différentes, moitié institutions publiques, moitié collections privées.

Arrivé à la quarantaine, Edgar Degas (1834-1917) s'est pris de passion pour le monotype, une technique qui consiste à enduire d'encre une plaque avant de la passer sous presse au contact d'un support papier.

Cette exposition, intitulée A Strange New Beauty, évoque vraiment l'expérimentation», «c'est une sorte d'aventure», a expliqué Jodi Hauptman, conservatrice des dessins et imprimés, lors d'une présentation à la presse.

Edgar Degas «a eu une influence immense sur les artistes du 20e siècle et c'est dû en partie à sa propension à l'expérimentation», a-t-elle souligné.

Il faut imaginer l'artiste «couvert d'encre jusqu'aux coudes», explorant les possibilités de ce nouveau support, selon Jodi Hauptman.

Sur certaines oeuvres, il est ainsi possible de distinguer la marque de ses doigts.

«Cela a changé son art»

Edgar Degas a utilisé plusieurs méthodes différentes avec le monotype pour en tester les limites.

Il a eu recours à un support recouvert d'encre, procédant par retraits, mais aussi à une plaque vierge sur laquelle il a déposé de l'encre pour créer des motifs.

Alors que le monotype fait ordinairement l'objet d'un seul tirage, il l'a utilisé parfois à deux ou trois reprises, ce qui a eu pour effet de faire évoluer le résultat à mesure que l'encre disparaissait de la plaque.

Le MoMA est notamment parvenu à réunir plusieurs oeuvres provenant de mêmes plaques mais qui se trouvaient dans des endroits différents.

Edgar Degas a aussi utilisé le monotype comme une base, sur laquelle il a parfois peint aux pastels. Une technique qui lui permettait, comme il le faisait sur toile, de combiner l'apparence du vague avec une précision extrême.

Tout comme avec les toiles, il s'agissait de capter au mieux le mouvement, l'une des obsessions de l'artiste.

Ainsi avec le monotype, les mêmes sujets reviennent, le plus souvent centrés autour de la femme.

Danseuses, ballerines, blanchisseuses, repasseuses, prostituées, mondaines, dans des lieux publics ou chez elles, les femmes sont partout et Degas les célèbre tout en les montrant sous un jour souvent crû.

Des épaules qui remontent, une tête qui tourne, un dos qui ondule, le mouvement, le geste, sont évidents.

Pour Jodi Hauptman, la possibilité qu'offre le monotype de jouer avec les textures et de faire évoluer son modèle jusqu'au dernier moment avant l'impression a ouvert à Edgar Degas de nombreuses portes.

«Cela a changé son art pour toujours», estime-t-elle, offrant des perspectives nouvelles à celui qui «avait été formé à un tracé assez précis».

Edgar Degas s'est même permis un voyage dans l'abstrait avec une série de paysages, pour lequel il a abandonné le noir et blanc traditionnel du monotype en faveur de la couleur.

Il a utilisé, pour ce faire, la peinture à l'huile, en lieu et place de l'encre d'imprimerie.

«Ils font référence au monde naturel, mais ils sont aussi à la limite de l'abstraction», explique Jodi Hauptman au sujet des paysages.

Pour elle, ce pourrait être de «petites surprises dans l'exposition pour ceux qui connaissent le travail de Degas. Nous connaissons les danseuses, les chanteuses, mais il y a probablement beaucoup de gens qui ignoraient tout de ces paysages.»

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