Art Basel s'ouvre à Hong Kong

Des cubes à dégrader et un hommage aux vieillards qui collectent les cartons... (PHOTO AP)

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Agence France-Presse
Hong Kong

Des cubes à dégrader et un hommage aux vieillards qui collectent les cartons dans les rues de Hong Kong sont deux des oeuvres qui accueilleront à partir de jeudi les visiteurs de l'édition hongkongaise d'Art Basel, grande foire internationale de l'art contemporain.

Jusque samedi, 4000 artistes provenant de 200 galeries seront exposés dans l'ex-colonie britannique.

Créée à Bâle en 1970, Art Basel a essaimé à Miami en 2002, puis à Hong Kong en 2013, contribuant à asseoir la réputation de la mégapole comme place forte du marché de l'art contemporain.

Pour la presse et des invités triés sur le volet, ce salon dévoilait dès mardi les oeuvres qui feront date. Parmi elles, Five Tonnes of Homes and Other Understories, création monumentale de l'Indonésienne Tintin Wulia.

Ses balles suspendues de cartons solidement arrimés se veulent un hommage à ces anciens qui, dans une ville aussi moderne que Hong Kong, continuent chaque jour d'entasser sur des chariots hors d'âge les cartons usagés qu'ils revendent au recyclage pour une poignée de dollars.

Tintin Wulia a passé deux ans à suivre à la trace ces cartons, précieux alliés contre le vent des milliers de domestiques qui chaque dimanche - leur jour de repos - se rassemblent à même le sol dans les espaces publics de la mégapole.

Les collecteurs de cartons comme les domestiques appartiennent à un même groupe: celui des gens qui jamais ne mettront les pieds à Art Basel.

«Cette oeuvre fait le lien entre la foire et le reste du monde, le vrai Hong Kong», explique l'artiste basée en Australie.

Plus extravagant, 18 Cubes, une oeuvre dorée brillante dont l'auteur chinois Zhang Ding souhaite qu'elle soit dégradée par les visiteurs.

À l'occasion de la foire, de nombreux grands artistes sont en ville, comme la Britannique Tracey Emin, dont la nouvelle exposition I Cried Because I Love You est visible dans le centre.

Les galeristes se disent pour leur part convaincus qu'en dépit du ralentissement économique en Chine, les collectionneurs asiatiques sont toujours prêts à mettre le prix pour acquérir de l'art contemporain.

L'ex-colonie britannique attend toujours désespérément l'ouverture de son grand musée M+, retardée par des années de polémiques. Ce qui fait dire à certains que Hong Kong a beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir légitimement se présenter comme un haut lieu de l'art contemporain.

«Nous sommes une plaque tournante car les gens achètent et vendent ici en raison de la fiscalité avantageuse», résume le critique d'art John Batten.

«La communauté et la scène artistiques sont-elles en développement», poursuit-il en plaidant pour davantage de musée et une plus grande place de l'art dans le cursus scolaire.

«Si nous le faisons, peut-être serons-nous un haut lieu d'ici cinq ans.»

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