L'adoration de Françoise Sullivan

La peintre Françoise Sullivan, signataire de Refus global, devant... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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La peintre Françoise Sullivan, signataire de Refus global, devant son oeuvre Proportio-4, à la galerie Simon Blais.

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Après sa série de peintures Jeux, présentée en 2014 chez son galeriste Simon Blais, Françoise Sullivan y expose de nouvelles oeuvres jusqu'au 9 avril. Sept peintures abstraites, regroupées sous le titre Proportio, inspiré d'une expo qu'elle a vue à Venise. La Presse a rencontré la signataire de Refus global, toujours en adoration devant la peinture.

L'été dernier, Françoise Sullivan s'est rendue à la 56Biennale de Venise. En quête d'inspiration, l'artiste a plus vibré pour la programmation parallèle que pour l'exposition d'art officielle. En se rendant au Palazzo Fortuny, elle a été impressionnée par l'expo Proportio, organisée par la fondation Axel & May Vervoordt et la Fondazione Musei Civici di Venezia.

«On y voyait un jeune athlète grec et ses proportions parfaites, raconte Françoise Sullivan en entrevue. L'idée de beauté, quoi. Il y avait aussi des oeuvres du XXe siècle parmi les plus belles. Ça m'a beaucoup touchée et je me suis dit qu'il fallait que je sente la même chose en travaillant ma peinture.»

La production récente de Françoise Sullivan entre dans ce souci de respecter des proportions, un équilibre ferme, une harmonie.

Expression cartographique

Proportio-3 est un triptyque qu'elle a réalisé en juxtaposant, «naturellement, sans le décider», trois toiles dans une continuité de couleurs. Il en résulte une oeuvre peinte aux formes et aux teintes de style cartographique, un domaine où règnent les proportions. Pas de modelé pour créer un volume mais on y distingue quand même un lac au bleu profond dont les vagues bleu ciel rejoignent des berges terre de Sienne.

Après avoir créé Proportio-3, Françoise Sullivan a voulu en peindre un autre dans des rapports différents. Le diptyque Proportio-2 est né dans le même esprit, mais l'oeuvre principale est ici accompagnée par une petite toile aux couleurs disposées en croix et peinte indépendamment de l'autre. «Je l'avais accrochée à côté et je trouvais que ça allait bien, dit l'artiste. Elles devaient vivre ensemble.»

Vue de l'exposition Proportio, de la peintre Françoise... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE) - image 2.0

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Vue de l'exposition Proportio, de la peintre Françoise Sullivan, à la galerie Simon Blais, avec à gauche l'oeuvre Proportio-3 et à droite l'oeuvre Proportio-2.

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Diptyques jumeaux

Autre démarche pour Proportio-4 et Proportio-5, des diptyques jumeaux qui ne diffèrent l'un de l'autre que par des tons plus ou moins terreux. Deux oeuvres où l'enchaînement pictural se décline par des éléments géométriques à quatre côtés et de cinq couleurs différentes, terreuses ou célestes.

Proportio-6 a découlé de ces deux jumeaux, mais dans une variation plus douce, plus proche des coloris de chair, avec un contraste «vert turquoise». «Je me sentais bien en le faisant, dit Françoise Sullivan. J'avais découvert ce vert turquoise...»

Autre jour, autre humeur: la peinture Bloom, placée en vitrine de la galerie Simon Blais, est un diptyque d'un rouge éclatant où les bandes verticales centrales se rejoignent judicieusement pour relier les deux toiles.

Une année occupée

L'année 2015 aura donc été artistiquement très fructueuse pour la peintre et danseuse montréalaise. N'ayant pas présenté d'exposition l'an dernier, elle a pu se consacrer régulièrement à son activité favorite. Même si c'est parfois difficile, reconnaît-elle avec humilité.

«J'ai quelques tableaux sur lesquels j'espère pouvoir peindre pour faire autre chose!»

Peindre de grands formats est épuisant physiquement, mais Françoise Sullivan dit avoir la forme, le tonus et l'énergie adéquats. «C'est curieux, mais je me sens mieux quand je peins que quand je ne peins pas. Je me trouve chanceuse de me lever le matin et de savoir que j'ai quelque chose à faire. C'est un privilège.»

Après cette exposition chez Simon Blais, Françoise Sullivan préparera la prochaine, l'automne prochain, dans une grande salle du Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul. Un retour attendu depuis sa dernière exposition à Baie-Saint-Paul en 2007, lors du Symposium international d'art contemporain.

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À la galerie Simon Blais jusqu'au 9 avril.

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