Le Chat commente des oeuvres de renom

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Le dessinateur belge Philippe Geluck

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Alain Jean-Robert
Agence France-Presse
Paris

«Le Picasso est arrivé! C'est phénoménal!», s'exclame le dessinateur belge Philippe Geluck, le père du célèbre Chat, qui met la dernière main à une exposition baptisée L'art et le Chat ouvrant ses portes jeudi au Musée en herbe de Paris.

L'idée de l'exposition est de mettre en parallèle des oeuvres originales d'artistes de renom avec des peintures et des sculptures de Geluck. Amateur d'art éclairé, le Chat ne se prive pas de commenter le travail d'artistes comme Basquiat, Leonard de Vinci, Soulages, Mondrian ou Picasso.

C'est souvent insolent, toujours drôle, jamais méprisant. Bien sûr, la vraie Joconde est restée au Louvre («Quel dommage pour le Louvre», commente Geluck d'un air facétieux) mais plusieurs musées, galeries ou collectionneurs privés ont joué le jeu et prêté un de leurs chefs-d'oeuvre.

Avec son téléphone portable, Geluck filme et commente le déballage du Picasso, une Tête de femme de 1939 gracieusement prêtée par le Musée Picasso de Paris.

Pendant ce temps, des ouvriers fixent une toile du peintre italien d'origine argentine Lucio Fontana, prêt du musée de Nice. À côté de cette toile rouge fendue d'un coup de cutter, Geluck expose une de ses oeuvres où l'on voit le Chat griffer un tableau. Regardant le spectateur le Chat dit: «Ma femme m'a demandé de faire des Fontana plutôt que d'abîmer des fauteuils».

Le musée Magritte de Bruxelles a offert une petite gouache de Magritte jamais présentée publiquement. Quelques artistes en revanche, dont Buren, ont refusé d'être exposés au côté du Chat. Des oeuvres n'ont pas été présentées en raison du prix trop élevé des assurances. Le Musée en herbe a ainsi renoncé à accueillir une oeuvre de Giacometti, assurée pour 35 millions d'euros.

Donner envie d'aller au musée

Les visiteurs ne verront pas non plus les oeuvres originales d'Edvard Munch, Claude Monet, Vincent Van Gogh ou du peintre italien du XVIe siècle Giuseppe Arcimboldo connu pour ses portraits composés de fleurs, fruits et légumes. Ils pourront admirer cependant le tableau d'un autre artiste italien du XVIe siècle, Le martyre de Saint-Sébatien d'Annibale Carracci, exposé à côté d'un tableau du Chat, transpercé de flèches et disant: «Je ne trouve pas ça très malin de laisser des enfants jouer aux indiens à côté d'un si beau tableau».

Absente elle aussi, «la Vénus de Milo, trop lourde à transporter», s'amuse Geluck qui expose à côté d'une réplique de la célèbre statue une série désopilante de Vénus de Milo détournée à sa façon.

L'idée de rendre hommage à de grands artistes remonte au début des années 1990, se rappelle Philippe Geluck. Une trentaine d'oeuvres, dont une vingtaine originales, sont exposées au Musée en herbe. Face à elles, on trouve autant de peintures ou de sculptures de Geluck.

Avouant être «fasciné» et avoir de la «tendresse» pour les artistes qu'il parodie, Geluck explique qu'il se «glisse dans leur tête» pour travailler. «Ainsi, l'espace d'un moment, j'ai l'impression d'être un peu moi-même l'artiste à qui je rends hommage».

«Je veux évidemment faire rire mais aussi faire réfléchir au travail de l'artiste et essayer que ce soit beau aussi, agréable à regarder». Les peintures de Geluck, des acryliques sur toile, sont elles-mêmes des oeuvres d'art.

Face à la sculpture étincelante et rose fuchsia Venus Balloon de l'Américain Jeff Koons, Geluck expose une sculpture en résine chromée de son Chat lisant un journal où il est écrit: «Certaines sculptures pensent... d'autres réfléchissent».

Geluck espère que cette exposition donnera envie d'aller au musée, notamment aux enfants.

«Après une exposition comme celle-ci, ils vont encore avoir envie de voir des choses et ils vont lire eux-mêmes dans des tableaux des choses que tout le monde ne lit pas».

«C'est ça qui m'enchante», confie le dessinateur belge. «Je voudrais éveiller un intérêt dans la tête des jeunes visiteurs et leur donner le goût des images et, peut-être, du détournement». Il se tait, réfléchit un moment et ajoute en riant: «Enfin s'ils veulent faire du Pollock, mieux vaut le faire à la maison qu'au musée».

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