Ai Weiwei emballe ses statues dans des couvertures pour migrants

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Agence France-Presse
Prague

L'artiste dissident chinois Ai Weiwei, «surpris» par la réaction majoritairement négative de la société tchèque à l'égard des réfugiés, a emballé ses oeuvres exposées à Prague dans des couvertures de survie pour attirer l'attention sur le sort des migrants du Proche orient.

«J'ai vu à Lesbos des milliers de ces gens qui arrivent chaque jour dans des conditions pitoyables et reçoivent ces couvertures bon marché pour se réchauffer. J'ai voulu le transposer sur mes statues», a déclaré l'artiste polyvalent chinois, lors d'un débat public vendredi à l'Université Charles de Prague, avant le vernissage officiel prévu en fin de soirée de ses oeuvres.

Cercle d'animaux est composé de douze têtes en bronze du zodiac chinois, montées sur des piliers d'environ deux mètres de hauteur. Installé sur le parvis de la Galerie nationale de Prague, il y sera exposé jusqu'au 31 août.

«Il s'agit d'une certaine forme de protestation. Je proteste contre le fait que l'humanité s'éclipse de nos coeurs», a poursuivi Ai Weiwei.

«Je sais que les Tchèques sont dans l'opposition à l'accueil des réfugiés. J'en suis surpris, je ne m'y attendais pas vu l'histoire intellectuelle et celle de la défense des droits de l'Homme très fortes de la société tchèque», a souligné l'artiste.

Selon un récent sondage, près de 60% des Tchèques s'opposent à l'entrée de migrants et de réfugiés dans leur pays, alors que 30% y consentent à condition que les migrants retournent chez eux une fois la paix revenue dans leur pays.

Le président tchèque, Milos Zeman, est connu pour ses positions antimigrants.

L'artiste chinois - incarcéré dans son pays près de trois mois en 2011 puis privé de passeport pendant quatre ans - a multiplié ces derniers mois les initiatives pour dénoncer une politique européenne mettant, selon lui, en danger la vie et la dignité des populations affluant sur son sol.

Après avoir annoncé en janvier un projet de mémorial aux réfugiés noyés à Lesbos, Ai Weiwei a posé sur une plage de l'île dans la posture de l'enfant syrien Aylan Kurdi, dont la photo gisant noyé sur une plage turque avait suscité une émotion mondiale en septembre.

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