Le nouveau Duomo, écrin à la gloire de la Renaissance

Pieta de Michelangelo Buonarotti.... (PHOTO AFP)

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Pieta de Michelangelo Buonarotti.

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Laure Brumont
Agence France-Presse
Florence

Le nouveau musée du Duomo de Florence, qui ouvrira ses portes au public le 29 octobre, est un bijou de modernité abritant quelque 750 oeuvres retraçant toute l'histoire de la Renaissance, sur les terres où elle est née et a essaimé en Europe.

C'est généralement à partir de la réalisation de la coupole (1420-1436) du Duomo, conçue par l'immense et avant-gardiste architecte florentin Filippo Brunelleschi, que l'on situe la naissance de la Renaissance.

Michel-Ange, Donatello, Lorenzo Ghiberti, Andrea del Verrochio, Luca della Robbia... tous les plus grands noms de la sculpture du Moyen-Âge et de la Renaissance florentine ont travaillé pour la cité toscane, et leurs réalisations sont désormais exposées sur quelque 6000 mètres carrés, où art et foi se mêlent.

«Ce musée, qui raconte l'évolution du gothique à la Renaissance, de sa naissance à sa maturité, remonte donc aux racines de la grandeur de Florence, car c'est ici qu'est né et s'est développé un mouvement artistique qui a changé le cours du monde», explique à l'AFP le président de l'Oeuvre de Santa Maria del Fiore (le «vrai» nom du Duomo), Franco Lucchesi, qui a financé à hauteur de 45 millions d'euros les travaux.

La Pietà de Michel-Ange

«Star» du nouveau musée, la Pietà (1547-1555) de Michel-Ange, sa dernière, réalisée alors que le maître avait près de 80 ans, vaut presque à elle seule les 15 euros (22 $) que coûte désormais l'entrée au musée.

Oeuvre monumentale, destinée à l'origine à décorer son monument funéraire, cette statue reflète précisément quelle fut l'obsession de ce génie italien pour la mort, la spiritualité et la figure du Christ mourant.

À l'inverse de sa Pietà la plus connue, celle de la basilique Saint-Pierre de Rome où la figure de la Vierge est au centre, celle-ci montre saint Nicodème, dont les traits sont ceux de Michel-Ange, juste après la déposition de la Croix, soulevant le Christ, ce qui en fait une «oeuvre extrêmement novatrice», selon Franco Lucchesi.

La Vierge et une autre jeune femme sont plus discrètes, disposées à droite et à gauche de Jésus.

«Michel-Ange ne s'avéra pas du tout satisfait de cette oeuvre, d'une part parce qu'avec l'âge, il était devenu presque aveugle et que donc il ne sculptait pas comme il aurait voulu», explique M. Lucchesi.

D'autre part, ajoute-t-il, «le bloc de marbre avec lequel il a réalisé cette sculpture avait tant de veines, tant d'imperfections, que Michel Ange ne réussissait pas à en extraire ce qu'il voulait».

L'artiste a donc tenté de briser à coups de marteau la statue - les signes sont encore visibles - et l'a abandonnée. Après sa mort, la Pietà finit par tomber entre les mains des grands-ducs de Florence qui la destinent à l'Oeuvre du Duomo, organisation laïque fondée en 1296 en charge de la gestion des biens les plus précieux de la cathédrale.

Le musée, qui reconstitue grandeur nature la façade d'origine du Duomo conçue par Arnolfo di Cambio, expose également les immenses portes qui fermaient le Baptistère, mais également un autel en argent massif, pesant plusieurs centaines de kg, appartenant au trésor de l'église.

Au premier étage, l'une des plus belles salles, abrite deux choeurs en marbre, richement décorés, conçus par Donatello et Luca della Robbia pour le Duomo.

Placée entre un Crucifix et la salle des reliques précieuses, chef d'oeuvre du premier «Rinascimento» florentin, la Maddalena (1453-1455) de Donatello, n'a quant à elle jamais été montrée au public.

«Elle est représentée non pas vêtue d'une peau d'animal, comme son alter ego Jean-Baptiste, mais vêtue de ses seuls cheveux», explique Mgr Verdon.

Sculpture en bois, finement ciselée, d'une puissance émotive et spirituelle majeure, elle représente la figure tant vénérée à Florence, notamment par les femmes, de Marie-Madeleine, la pécheresse dont la vie va totalement changer après sa rencontre avec Jésus.

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