Les portraits de Goya exposés à la National Gallery

L'un des joyaux de l'exposition est le portrait... (PHOTO AFP)

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L'un des joyaux de l'exposition est le portrait de la duchesse d'Albe (1797), présenté pour la première fois au Royaume-Uni. C'est la deuxième fois seulement que ce tableau, conservé à la Hispanic Society of America à New York, quitte les États-Unis.

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Alfons Luna
Agence France-Presse
Londres

La National Gallery de Londres présente à partir de mercredi la plus importante exposition jamais réalisée de portraits peints par Francisco de Goya (1746-1828), avec 70 oeuvres reflétant son éclatant génie «novateur» et «non conformiste».

Sa vie s'étend sur plus de huit décennies au cours desquelles l'artiste espagnol - né avant Mozart et Casanova et survivant à Napoléon - fut le témoin d'une série d'événements dramatiques qui changea le cours de l'histoire, relève le musée.

Les portraits représentent un tiers de son oeuvre. Sur les 150 qui ont traversé les âges, près de la moitié seront exposés à la National Gallery, précise le musée, l'un des plus fréquentés au monde avec six millions de visiteurs par an.

Goya était le peintre officiel de la cour du roi d'Espagne Charles IV et l'un des artistes préférés de l'aristocratie espagnole, combinant ce travail avec un art plus personnel dans les séries «désastres de la guerre» ou «peintures noires».

«Il n'y a jamais eu d'exposition centrée sur ses portraits, de peur d'ennuyer les gens. Mais cela valait la peine de prendre le risque, parce que vous découvrez Goya à travers ses pairs et cela permet de voir mûrir son art», dit à l'AFP le commissaire de l'exposition, Xavier Bray.

Selon lui, l'ambition de cette exposition intitulée Goya: les portraits, est de «réhabiliter Goya comme l'un des plus grands portraitistes de l'histoire», à la démarche «novatrice et non conformiste».

Bray donne l'exemple de deux tableaux représentatifs du début et de la fin de sa carrière, soulignant l'énergie et la lumière du large portrait baptisé La famille de l'infant Don Louis de Bourbon (réalisé entre 1783 et 1784), face à l'autoportrait de l'artiste mourant dans les mains du docteur Arrieta (1820).

Goya et la duchesse d'Albe

«J'espère que ce sera un grand succès. Goya est un peintre excentrique, parfois les mains ne sont pas tout à fait bien réalisées, parfois le corps est un peu curieux, et les Anglais sont très critiques de ce genre d'imperfections. Mais l'important est que l'on pense qu'il est le meilleur portraitiste», dit le commissaire, soulignant que «Manet, Picasso et Lucien Freud sont nés du style de Goya».

L'un des joyaux de l'exposition est le portrait de la duchesse d'Albe (1797), présenté pour la première fois au Royaume-Uni. C'est la deuxième fois seulement que ce tableau, conservé à la Hispanic Society of America à New York, quitte les États-Unis.

La toile montre cette amie proche et mécène de Goya vêtue d'un costume noir et coiffée d'une mantille, le doigt impérieusement pointé vers le sol où sont inscrits les mots «Siempre Goya». Il s'agit de l'un des grands mystères de l'oeuvre du peintre.

Dans une biographie du peintre, l'historien d'art Robert Hughes voit cette inscription comme une déclaration d'amour de l'artiste à la duchesse, que la rumeur présentait comme sa maîtresse.

Mais pour Xavier Bray, ce message a une toute autre signification.

«Cela signifie plutôt: «Goya est le seul qui peut me peindre». Ils avaient une relation platonique, Goya éprouvait une fascination pour cette femme qui était extraordinairement belle et en même temps excentrique», dit-il à l'AFP.

Parmi les autres pièces maîtresses figurent le portrait de Don Valentine Bellvis de Moncada y Pizarro, issu du Fondo Cultural Villar Mir de Madrid, et celui de la Comtesse-Duchesse Benavente, exposés pour la première fois au public.

Le Musée du Prado a envoyé dix tableaux, les autres provenant notamment de collections privées et de musées de New York, Stockholm, Sao Paulo ou Mexico. L'exposition se termine le 10 janvier 2016.

La presse britannique s'est enflammée en y voyant «l'une des expositions de la décennie», selon le Daily Telegraph. «Goya avait cette capacité enviable, mais aussi un peu effrayante, de faire en sorte que les gens aient l'air très intelligent (...) ou terriblement stupide», a écrit son critique.

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