Les États-Unis et la Grande-Bretagne maîtres des enchères

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La toile emblématique Swamped de Peter Doig, achetée 455 000 $ en 2002, est partie en 2015 à 25,9 millions $.

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Antoine Froidefond
Agence France-Presse
Paris

Les États-Unis et la Grande-Bretagne sont les maîtres incontestés du marché de l'art contemporain aux enchères, avec 60% du chiffre d'affaires mondial réalisés par les places fortes de New York et Londres, selon le rapport annuel d'Artprice dont l'AFP a obtenu l'exclusivité.

«Une performance qui doit beaucoup, pour New York, à un petit nombre d'artistes à la cote stratosphérique, tels les Américains Jeff Koons et Christopher Wool, ou l'Écossais Peter Doig», souligne Thierry Ehrmann, président-fondateur d'Artprice, leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l'art.

Alors que la Chine semblait conforter sa place de leader, elle est dépassée par New York (37% du marché mondial et 97% des ventes américaines) et talonnée par Londres (23% du marché).

Le produit des ventes aux enchères d'art contemporain aux États-Unis (de juin 2014 à juin 2015) s'est élevé à 650 millions de dollars (+ 18%) contre 542 millions en Chine (-36,9%) et 410 millions en Grande-Bretagne, pays qui a connu une fulgurante progression de 74%.

Quant à la France, si elle conserve sa quatrième place, loin derrière les trois leaders, son décrochage se confirme avec à peine 2% du marché mondial.

La baisse chinoise, due essentiellement aux mesures anti-corruption mises en place par Pékin et au ralentissement de la croissance, tire vers le bas l'ensemble du marché, en baisse de 12% à 1,76 milliard de dollars (avec un taux d'invendus de 40,8%).

Une progression de 1800% depuis 2000, où le produit des ventes contemporaines s'élevait à 93 millions de dollars, souligne le rapport qui porte sur 48 000 artistes nés après 1945.

New York «est définitivement l'épicentre du très haut de gamme», explique Thierry Ehrmann. À preuve, il représente un tiers des ventes en valeur avec seulement 6% des lots. Sur les dix meilleures adjudications de 2015, neuf ont été réalisées à New York (et une à Londres).

Un marché accessible

Soixante-huit pour cent des recettes mondiales reposent sur 100 artistes et 18% sur trois noms seulement: Jean-Michel Basquiat, suivi par Christopher Wool et Jeff Koons, des stars qui drainent la moitié des recettes américaines.

Basquiat, décédé en août 1988, détient à lui seul 7% des recettes mondiales de l'année (15% l'an dernier) et la meilleure adjudication de 2015: 37,1 millions $.

Mais la montée en puissance la plus spectaculaire est celle de l'Américain Christopher Wool, qui double son chiffre d'affaires et fait passer l'incontournable Jeff Koons à la 3e place.

Autre progression impressionnante, celle de Peter Doig, dont une toile emblématique, Swamped, achetée 455 000 $ en 2002, est partie en 2015 à 25,9 millions.

Le «Top ten» compte cinq américains, deux Britanniques, deux Chinois et un Allemand, Martin Kippenberger (mort en 1997), seul représentant de l'Europe continentale.

La concentration des gains sur ces quelques stars crée un effet de loupe et occulte la place véritable de la Chine et la réalité d'un marché qui reste accessible.

Cette année, 14 oeuvres ont dépassé les 10 millions de dollars et 205 ont atteint le million, mais «64% des adjudications portent sur des lots de moins de 5000 $», souligne Thierry Ehrmann.

Quant à la Chine, malgré sa baisse de régime, elle n'a sans doute pas dit son dernier mot. Dix-sept artistes chinois figurent dans le «Top 50» par chiffre d'affaires et ils sont 53% dans le «Top 500».

Même si sa part n'est que de 13%, l'art contemporain «est désormais la locomotive du marché de l'art mondial», assure le fondateur d'Artprice.

Il bénéficie de la multiplication des musées, véritable industrie qui a besoin d'oeuvres pour remplir les salles, mais les revend rarement.

Quelque 720 musées de plus de 5000 m2 avec une collection d'au moins 3000 pièces doivent ouvrir leurs portes en 2015.

Or les pièces d'art ancien sont devenues rares et l'art moderne (artistes nés entre 1860 et 1920) atteint des prix uniquement accessibles aux très gros acteurs du secteur.

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