Les mystères de l'ancien royaume du Kongo au Met de New York

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Retraçant 400 ans d'Histoire, depuis la fin du 15e siècle jusqu'au début du 20e, Kongo: pouvoir et majesté présente jusqu'au 3 janvier près de 150 oeuvres créées dans ce vaste empire qui s'étendait dans le sud-ouest de l'Afrique, de l'Angola jusqu'au Gabon, en passant par l'actuelle République démocratique du Congo et le Congo.

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Agence France-Presse
NEW YORK

Figures protectrices sculptées en bois, olifant finement ciselé il y a des siècles: le prestigieux Metropolitan Museum of Art (Met) de New York dévoile à partir de vendredi les mystères artistiques de l'ancien royaume du Kongo dans une exposition inédite.

Retraçant 400 ans d'Histoire, depuis la fin du 15e siècle jusqu'au début du 20e, Kongo: pouvoir et majesté présente jusqu'au 3 janvier près de 150 oeuvres créées dans ce vaste empire qui s'étendait dans le sud-ouest de l'Afrique, de l'Angola jusqu'au Gabon, en passant par l'actuelle République démocratique du Congo et le Congo.

L'arrivée des colonisateurs, le cataclysme dévastateur entraîné par le trafic d'esclaves, la conversion de ses monarques au christianisme et le vol des richesses du royaume: autant de faits marquants qui revivent à travers le parcours.

Clous de l'exposition: 15 «Mangaaka», d'imposantes figures spirituelles, sur les 20 seulement encore recensées dans le monde. Elles furent sculptées en bois et décorées de morceaux d'acier, de résine, pigments et tissus, au milieu du 19e par les peuples de la rivière Chiloango.

«Forme d'expression la plus ambitieuse et monumentale développée» à l'époque dans le royaume du Kongo, selon le Met, ces statues d'environ 1,20 mètre de haut servaient à protéger les habitants. Un rôle devenu crucial lorsque les puissances occidentales décidèrent de se partager l'Afrique au 19e siècle.

Les statues «étaient perçues comme étant si efficaces qu'elles furent dérobées lors des campagnes militaires coloniales», expliquent les responsables du Met dans la pénombre de la salle où elles sont exposées.

C'est justement l'acquisition de l'une de ces «Mangaaka» qui a poussé le Met à organiser l'exposition, qui réunit des oeuvres venant d'une cinquantaine de collections privées et publiques.

«Exposé dans notre musée depuis sept ans, ce symbole, représentant l'ordre et la loi, a suscité une telle fascination universelle que nous avons décidé de creuser son histoire et les circonstances de sa création», explique la commissaire de l'exposition Alisa LaGamma. L'enquête a mené «à de nouvelles découvertes et l'occasion sans précédent» d'organiser l'exposition.

Parmi les pièces les plus anciennes figurent un olifant, un instrument finement sculpté dans une défense d'éléphant un temps possédé au 16e siècle par la famille des Médicis, et de riches étoffes tissées à partir de feuilles de palmiers, envoyées en cadeau aux rois d'Europe par les monarques kongolais.

Beaucoup de créations de l'époque ont cependant été perdues ou détruites. «Cette petite salle suffit à exposer la majeure partie des oeuvres d'artistes du Kongo datant d'avant le 19e siècle et qui ont survécu», déplore Alisa LaGamma. «Ca fend le coeur.»

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