L'intimité de Frida Kahlo dévoilée à Mexico

Le dilemme de pratiquer ou non un avortement, ses jalousies irrépressibles... (PHOTO AFP)

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Agence France-Presse
Mexico

Le dilemme de pratiquer ou non un avortement, ses jalousies irrépressibles envers son amant ou encore ses problèmes d'argent: voici quelques-unes des préoccupations qui apparaissent dans des lettres inédites de l'artiste mexicaine Frida Kahlo exposées actuellement à Mexico.

La maison-atelier du peintre mexicain Diego Rivera, époux de Frida, accueille cette exposition intime intitulée Échos d'encre et de papier. De l'intimité de Frida Kahlo.

L'exposition présente 87 objets, incluant des lettres, des photos et documents divers, qui racontent les obsessions de la peintre décédée en 1954 à 47 ans, après des années marquées par le malheur et la souffrance.

Comme le commun des mortels, Frida Kahlo et Diego Rivera avaient «des problèmes de couple, des problèmes financiers et de santé, c'est ce que tente de montrer cette exposition», explique Cristina Kahlo, cousine de l'artiste et curatrice de l'exposition.

«Une dose de «quinine» et une purge d'huile de ricin très forte» sont les substances que Frida indique avoir ingurgité pour tenter, sans y parvenir, de provoquer son avortement lorsqu'elle vivait dans la ville de Detroit, aux États-Unis, raconte-t-elle dans une lettre envoyée à son ami médecin Leo Eloesser.

Les sentiments contradictoires provoqués par cette grossesse de deux mois se reflètent dans sa correspondance.

«Je ne suis pas forte et la grossesse m'affaiblira encore davantage», dit-elle à son médecin, auquel elle confie que «Diego ne semble pas très intéressé d'en avoir un (un enfant) parce qu'il est trop absorbé par son travail».

Frida demande à son ami Leo, résident à New York, qu'il explique au médecin de Detroit les problèmes de santé dont elle souffre.

«Comme la loi interdit l'avortement, peut-être que (le docteur) a peur et après il sera trop tard pour réaliser l'opération», s'inquiète Frida, qui raconte dans une lettre ultérieure qu'elle a finalement perdu le bébé.

«J'espérais tellement avoir un petit Diego que j'ai beaucoup pleuré», écrit-elle.

Morphine et amants

L'exposition permet au visiteur d'arpenter la maison-atelier de Diego Rivera, un bijou architectural situé dans le quartier de San Angel à Mexico, conçu par l'architecte Juan O'Gorman.

Les supplices vécus par Frida en 1950 après plusieurs opérations de la colonne vertébrale sont décrits dans une autre lettre qu'elle dicte à sa soeur Matilde.

Dans ce courrier, la peintre révèle qu'elle ne supporte pas la morphine, témoignage qui contredit la thèse selon laquelle son addiction aux médicaments aurait provoqué sa mort.

Dans ces lettres, on peut découvrir aussi que sa santé fragile ne l'a pas empêchée d'avoir des amants, parmi lesquels son grand ami, le photographe américain d'origine hongroise Nickolas Muray, qui vivait alors à New York.

En 1939, elle lui écrit depuis sa maison de Coyoacan pour lui dire toute la peine que lui cause son divorce imminent avec Diego, tout en lui avouant dans la même lettre la jalousie qu'elle éprouve après le mariage récent de son amant new-yorkais.

«Envoie-moi par la poste le petit coussin, je ne veux que personne d'autre l'ait». «Si tu peux, et si ça ne pose pas trop de problèmes, ne va pas avec elle à Coney Island, spécialement à l'Half Moon. Retire ma photo sur la cheminée».

Dans une autre lettre, Frida Kahlo demande à la célèbre actrice mexicaine Dolores del Rio, installée à Los Angeles, un prêt de 250 $, ne voulant pas les demander à Diego par orgueil.

Diego, «indigné» d'apprendre qu'elle a sollicité un prêt dans son dos, intervient alors auprès de Dolores pour s'excuser et lui envoyer un chèque pour la rembourser.

Frida Kahlo, dont le talent n'a été reconnu qu'après sa mort en 1954, fait aujourd'hui partie des artistes latino-américains les plus cotés au monde. Elle est notamment célèbre pour ses autoportraits.

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