Alice au pays des merveilles: 150 ans d'émerveillement

Alice Liddell a insisté auprès de Charles Lutwidge... (PHOTO FOURNIE PAR LA BIBLIOTHÈQUE-MUSÉE THE MORGAN)

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Alice Liddell a insisté auprès de Charles Lutwidge Dodgson, mieux connu sous le nom de Lewis Carroll, pour que ce dernier écrive et illustre son conte Alice au pays des merveilles. Ce qu'il fit en 1865, trois ans après avoir raconté cette histoire à la jeune fille lors d'une balade en barque sur la Tamise, à Oxford.

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Yves Schaeffner

collaboration spéciale

La Presse

(New York) Cent cinquante ans après sa publication, le livre Les aventures d'Alice au pays des merveilles fascine plus que jamais et fait l'objet de nombreux hommages. La bibliothèque-musée The Morgan lui consacre une expo très instructive à New York. Bienvenue de l'autre côté du miroir.

Incontournable à l'entrée de l'expo, le manuscrit original des Aventures d'Alice au pays des merveilles n'a rien d'un brouillon rédigé à la va-vite. Entièrement écrit à la main avec un soin quasi monastique, dépourvu de ratures, il est soigneusement illustré. Charles Lutwidge Dodgson, plus connu sous son nom de plume Lewis Carroll, l'a offert en 1864 à la toute jeune Alice Liddell comme cadeau de Noël. Pour l'auteur, c'était une manière de remercier la «vraie» Alice de l'avoir inspiré et, surtout, de l'avoir encouragé à coucher son récit sur papier.

La petite histoire veut en effet que le célèbre récit soit né le 4 juillet 1862. À l'insistance d'Alice Liddell et de ses soeurs Lorina et Edith, Charles Dodgson s'était mis à conter une histoire pour divertir les jeunes filles lors d'une balade en barque sur la Tamise, à Oxford.

Fascinée, Alice Liddell avait réclamé à Dodgson une version écrite. «La petite Alice s'est montrée très persistante dans son désir d'obtenir une version sur papier», précise la curatrice Carolyn Vega, qui a planché sur l'exposition durant cinq ans.

Impressionnant, le manuscrit servira de base au livre qui, lui, sera publié pour la première fois en juillet 1865, trois ans après la fameuse balade sur la Tamise.

S'il s'est écoulé trois ans entre l'idée du livre et sa publication, c'est entre autres parce que Charles Dodgson était un perfectionniste quasi obsessif. En 1865, il a même fait retirer du marché la toute première édition à la demande de l'illustrateur John Tenniel qui la jugeait mal imprimée.

Le coût de ce souci du détail pour Charles Dodgson? Plus de 240 livres, soit la moitié du salaire annuel de ce prof de mathématiques qui publiait à compte d'auteur.

Contenant de nombreux artefacts, allant des montres de poche de Dodgson à certaines de ses lettres, l'expo permet par ailleurs de découvrir des photographies de la «vraie Alice» et de l'auteur.

Ces clichés sont d'autant plus exceptionnels qu'ils ont été pris par Charles Dodgson lui-même. «Il était un des photographes amateurs les plus importants de son époque», précise la conservatrice.

Prof de mathématiques, fasciné par la logique, auteur, photographe, inventeur de jeux, le Charles Dodgson que l'on découvre dans l'institution de l'avenue Madison est un fascinant touche-à-tout.

Méthodique, il notait une foule d'informations dans des journaux intimes qui ont permis aux chercheurs de retracer précisément la genèse des Aventures d'Alice au pays des merveilles. Il recensait même les critiques de ses livres.

À ce sujet, Alice In Wonderland a reçu des critiques essentiellement élogieuses. Le quotidien The Guardian s'était d'ailleurs montré particulièrement dithyrambique à l'égard des illustrations de John Tenniel.

Devenues indissociables du livre, ces fameuses illustrations occupent une place de choix dans l'exposition. Des premiers croquis aux versions définitives, c'est tout le processus créatif qui se dévoile sous nos yeux.

Du Dodo à la Duchesse en passant par le fameux chat du Cheshire, les illustrations originales de Tenniel permettent de redécouvrir certains personnages cultes et de replonger immédiatement en enfance.

Plus adulte, mais non moins pertinente, la dernière partie de l'exposition montre que l'histoire d'Alice a rapidement été déclinée sous forme de produits dérivés, allant d'étuis à timbres jusqu'à un premier film en 1903. Ce dernier était à l'époque le plus long film anglais jamais réalisé. Sa durée: une dizaine de minutes.

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À la bibliothèque-musée The Morgan de New York jusqu'au 11 octobre. Info: themorgan.org

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