Le multimédia québécois omniprésent à New York

L'exposition Sensory Stories fait la part belle aux... (Photo: Thanassi Karageorgiou, fournie par le Museum of the Moving Image)

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L'exposition Sensory Stories fait la part belle aux artistes québécois.

Photo: Thanassi Karageorgiou, fournie par le Museum of the Moving Image

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Yves Schaeffner

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) Hasard du calendrier, la tenue simultanée du Festival du film de Tribeca et de l'exposition Sensory Stories au Museum of the Moving Image à New York révèle l'importance grandissante des créations interactives québécoises.

«C'est fou, tout Montréal est là.» Entendue lors du lancement de l'expo Sensory Stories au Museum of the Moving Image (MoMI) mercredi soir, l'observation ne pouvait être plus juste. Le tiers des oeuvres présentées dans cette expo sur «les nouvelles expériences narratives» proviennent du Canada et du Québec.Plus tôt en matinée, un fort contingent de l'ONF était également au dévoilement de Storyscapes, le volet art interactif du Festival du film de Tribeca. Le bureau de l'ONF de Montréal est en effet impliqué dans deux des cinq oeuvres en compétition (le webdocumentaire interactif Traque interdite et l'oeuvre immersive engagée The Enemy), en plus d'être partenaire d'un projet de haïkus interactifs présenté aujourd'hui au festival.

Producteur exécutif du studio interactif de l'ONF, Hugues Sweeney était évidemment des deux événements. L'omniprésence du multimédia et des oeuvres interactives made in Québec ne le surprend plus.

«On commence à se rendre compte de l'importance de Montréal dans ce domaine. Plus tôt cette année, j'étais au festival de Sundance et les gens me demandaient ce que l'on met dans l'eau chez nous.»

Et pour cause: 5 des 17 productions et installations présentées dans le volet interactif New Frontier de Sundance provenaient du Québec!

Charles Melcher, fondateur et directeur de Future of StoryTelling, l'organisme qui a pensé et réalisé l'expo Sensory Stories présentée au MoMI, précise que les 15 oeuvres ont toutes été choisies au mérite.

Le fait que l'exposition voyagera par la suite à Montréal, au Centre Phi, n'aurait aucunement joué sur l'origine des pièces présentées.

«On avait choisi les pièces avant de savoir que l'exposition aboutirait à Montréal», confie l'évangéliste des nouvelles formes narratives. 

Myriam Achard du Centre Phi, également présente au dévoilement de l'expo, confirme qu'il s'agit d'un hasard.

L'ONF, un pionnier

Parmi les oeuvres, on retrouve notamment une nouvelle vidéo immersive mêlant vidéo et personnages animés de Vincent Morisset (un pionnier du vidéoclip interactif avec ses créations pour Arcade Fire).

Sa nouvelle pièce, Way To Go (Jusqu'ici en français) se regarde en enfilant un casque de réalité virtuelle et des écouteurs. À l'aide d'une petite télécommande, on se déplace dans une forêt enchanteresse. On peut y courir, marcher, voler. Le résultat est aussi enveloppant (on peut regarder dans toutes les directions) qu'envoûtant.

Dans un genre bien différent, mais tout aussi ludique, les Montréalais de Dpt. présentent une nouvelle mouture de Parade, une oeuvre interactive avec des animations qui donnent l'impression que les ombres de vases anthropomorphiques prennent vie.

Charles Melcher est le premier à se féliciter du bouillonnement créatif montréalais. «C'est un peu fou. Il y a une communauté créative incroyable dans le monde numérique. Et puis, il y a aussi l'ONF qui fait vraiment un travail remarquable.»

«L'ONF est un pionnier dans la narration interactive. C'est un peu notre étoile du Nord, la lumière qui guide les gens qui ont un intérêt dans ce domaine.»

L'expo présente bien entendu son lot d'oeuvres intrigantes ou saisissantes. Dans le lot, il y a notamment l'installation Birdly, du Suisse Max Rheiner, qui donne l'impression d'être un oiseau et de pouvoir voler virtuellement. Ou Goldilocks and the Three Bears, une version en «odorama» du conte Boucle d'Or, réalisée par des New-Yorkais.

Charles Melcher précise que son but n'est pas de présenter les pièces les plus avant-gardistes, mais plutôt «les oeuvres les plus intéressantes de ces dernières années afin d'exposer le grand public à ces nouvelles manières, sensorielles, de raconter des histoires».

«Aujourd'hui, tout le monde ou presque a un téléphone intelligent ou une tablette, mais ce n'est pas encore tout le monde qui a accès à de la réalité virtuelle. C'est une occasion un peu unique de rendre accessible ce genre de technologies», plaide-t-il.

Le Festival du film de Tribeca se poursuit jusqu'au 26 avril. Sensory Stories est présentée jusqu'au 26 juillet à MoMI, puis à compter d'août au Centre Phi à Montréal.

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