Les trésors du Kunstmuseum de Bâle à Madrid

Les deux frères (Los dos hermanos, 1906) de de Pablo... (Photo: AFP)

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Les deux frères (Los dos hermanos, 1906) de de Pablo Picasso.

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Anna Cuenca
Agence France-Presse
Madrid

De Munch à Kandinsky en passant par Léger et Giacometti, Mondrian, Rothko, Warhol: 176 trésors du Kunstmuseum Basel (Suisse), fermé pour rénovation, s'installent jusqu'en septembre à Madrid, pour trois expositions exceptionnelles comprenant des Picasso jamais exposés en Espagne.

«C'est une initiative unique et très complexe à organiser», a expliqué à l'AFP Manuel Borja-Villel, directeur du Centre d'art contemporain Reina Sofía, la veille de l'inauguration.

«Lorsque la décision a été prise de fermer le musée de Bâle, une personne collaborant avec nous m'a téléphoné, Raman Schlemmer, descendant de l'artiste Oskar Schlemmer et il m'a dit: vite, vas-y avant d'autres musées», raconte-t-il. Cette anecdote explique pourquoi l'incroyable collection a finalement atterri à Madrid: «Dès que j'ai raccroché j'ai pris contact avec eux», pour présenter la candidature du Reina Sofia.

Michael Mathis, chargé de la communication du Kunstmuseum Basel, précise: «Nous cherchions un lieu où exposer nos chef-d'oeuvre, nous avons été en contact avec plusieurs musées et les madrilènes ont présenté des arguments très intéressants».

«Notre proposition consistait à tenter d'expliquer en quoi cette collection est si importante, au-delà de ses grandes oeuvres parce qu'elle est le fruit d'une relation très particulière entre collectionneurs, artistes et directeurs de musées», explique M. Borja-Villel.

Le Kunstmuseum de Bâle, fermé jusqu'en avril 2016, possède plus de 300 oeuvres de Pablo Ruiz Picasso: dessins, gravures, peintures. Sur cette liste figurent dix toiles peintes entre 1906 et 1967 par cet artiste né dans le sud de l'Espagne en 1881, qui sont exposées à partir de mercredi au Musée du Prado, jusqu'au 14 septembre.

Les deux frères (Los dos hermanos, 1906), L'aficionado (El Aficionado, 1912), Arlequin assis (Arlequin sentado, 1923) ou Jeunes filles en bordure de Seine (Muchachas a la orilla del Sena, 1950) témoignent de l'évolution de son art à partir de 1906, l'époque dite ibérique, avant les expérimentations ayant débouché sur le cubisme et jusqu'aux toiles très libres et un peu mélancoliques du Picasso final, souligne le musée du Prado.

Une petite rétrospective composée d'une dizaine d'oeuvres dont huit sont «exposées pour la première fois en Espagne», assure le Prado, qui les accrochera dans la galerie centrale, côtoyant des grands maîtres comme Titien, Tintoretto, Rubens et Goya.

«L'exposition mettra donc en valeur des liens artistiques entre l'art contemporain de Picasso et les maîtres anciens», souligne aussi le Kunstmuseum Basel.

Assurés pour 1,5 milliard d'euros

Il ne s'agit pourtant que d'une partie infirme du trésor, assuré à hauteur de 1,5 milliard d'euros, que le musée suisse à prêté à la capitale espagnole.

Cinq camions climatisés ont fait le voyage séparément pour transporter ces oeuvres - peintures, collages, sculptures, photographies et vidéos - signées Kandinsky, Van Gogh, Monet, Rothko, Léger, Warhol o Modigliani - qui seront exposées au Reina Sofia, à quelques encablures du Musée du Prado, dans le centre historique de Madrid.

Elles seront exposées dans le cadre de deux accrochages séparés, dont Fuego blanco, une sélection de 104 oeuvres offrant «un large panorama de l'art moderne et contemporain» y compris de mouvements aussi divers que l'expressionnisme, le cubisme, l'abstraction, le constructivisme, le minimalisme ou le post-expressionnisme allemand, jusqu'à l'abstraction américaine et le Pop art.

Le deuxième accrochage est composé de 62 oeuvres issues de collections privées de premier ordre - celles de Im Obersteg et Rudolf Staechelin - habituellement déposées au musée de Bâle.

Il symbolise «l'art de collectionner et la modernité» et cherche à explorer ce phénomène en montrant «sa centralité en matière d'art moderne», selon le Reina Sofia.

L'oeuvre de Gauguin Nafea Fas Ipoipo (Quand vas-tu te marier, 1892) récemment vendue au Qatar pour 300 millions $, soit le tableau le plus cher de l'histoire y sera exposée aussi à partir de juin.

Après Madrid ces deux collections seront montrées à la Phillips Collection de Washington jusqu'au 10 janvier 2016. Les autres seront ramenées à Bâle.

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